CHAPITRE XIV
rition de ceschrétiens, que, depuis huit ans, on travaillait à exterminer , dans toute retendue de Fempire.
S •• Hmlmt HelehUde, Pape. (2 juillet 311-10 janvier 314.)
25. Après une vacance de neuf mois, dontrhistoirenenousapas conservé les motifs, la chaire de saint Pierre fut occupée par saint Melchiade. Ce pontife eut à recueillir, dans la paix, ce que ses prédécesseurs avaient semé dans le sang et les orages. Il commença les actes de son pouvoir par envoyer les diacres Stratan et Cassien reprendre possession des églises et autres propriétés qui, d'après les nouveaux édits, devaient être rendues aux chrétiens.
26. La première année du pontificat de saint Melchiade (344) fut marquée parla consommation du schisme des DonatistesàCarthage. Les évêques d'Afrique, profitant de la paix qui venait d'être rendue h rÉglise,s'étaient assemblés à Carthage, pour donner un successeur à Mensurius, évêque de cette ville, mort pendant la persécution. Le diacre Gécilien fut élu, d'une voix unanime. Félix, évêque d'Aptonge, lui imposa les mains, le fit asseoir dans la chaire épiscopale et lui remit l'inventaire des vases d'or et d'argent, dont Mensurius avait confié la garde aux anciens de l'Église. Quelques-unsde ces infidèles dépositaires avaient espéré détourner à leur profit certains de ces objets précieux; ils se liguèrent avec deux diacres intrigants, Botruset Geleusius, qui avaient porté leurs prétentions au siège de Carthage. De concert, ils appelèrent près d'eux les évêques de Numidîe qu'on n'avait point convoqués pour l'ordination de Cécilien. Ces prélats étaient les mêmes que nous avons vus, en 305, se rassembler pour ordonner le traditeur Sylvain, évêque de Cirtha. Sous la direction de Donai, évêque de Casa-Nera, en Numidie, ils se forment en conciliabule, et déposent Cécilien, sous prétexte que Félix d'Aptonge, qui lui avait imposé les mains, était un traditeur; que, de plus, Cécilien avait refusé de se rendre à leur assemblée, et enfin, qu'étant encore diacre, ilaurait empêché les fidèles déporter dessecours aux martyrs, dans la prison, pendant la persécution de Dioclétien. Considérant donc le siège de Carthage comme vacant, ils disent et ordonnent pour évêque le lecteur Majerin, élevant ainsi autel contre autel, dans la même église. Telle fut roriginedu long schisme de Carthage, qui prit son
nom de Donatiste, deFévéqueDonalde Caaa-Nera^qui en fut le plus, ardent et le principal fauteur. Cécilien nes'émut point de tousees troubles, de toutes ces calomnies. Il se crut suffisamment justifié par ce seul fait qu^il demeurait, dit saint Augustin, « uni de communion « avec rÉglise romaine, où a toujours été en vigueur la principauté « de la chaire apostolique, et où il était prêt à plaider sa cause. » Nous verrons, dans la suite,rÉglise de Rome porter son jugement, et rendre justice à la vérité, à Tinnocence et au droit (314).
27. L'édit de Galérius, qui rendait la liberté aux chrétiens, avail été exécuté , aussitôt que connu , dans toutes les provinces de rem** pire. Aucun des collègues du vieux César n'eût osé résister à sa volonté expresse et authentiquement promulguée. Mais il e» coûtait beaucoup aux instincts sanguinaires de tIaxÂmin-Daia, de renoneer à ces exécutions quotidiennes, & ces jeux eruek des amphithéâtres, qni allaient manquer d'aliments. Aussi, Panaiée qui suivit h moft de Galérius (octobre 311), il publia un décret qui défendait auxchré^ tiens de s'assembler dans les villes pour Kexaroioe de leur enMe, sous prétexte qu'ils troublaient Tordre et la tranquillité publique. Les gouverneurs et proconsuls, devinant TintenliOR de l'empereur ttous les formules adoucies qui la voilaient encore, comprirent quil fallait de nouveau persécuter les chrétiens. On commença par calomnier leurs mœurs, et outrager la méiflKMre de leur divin fondateur. De faux actes de Pilate, remplis de blasphémée eontre Jésus*- Christ, furent répandus par tout rOrieat soumis à Maximin, cMime tirés des archives impériales. On suborna des femmes de nauvaiso vie, qui déclarèrent devant les tribunaux, que les chrétiens cél^ braient, dans leurs assemblées, des mystères infâmes, et qu'dle^ mêmes en avaient fait partie. On passa bientôt aux supplices. On arrachait les yeux aux confesseurs, on leuf coupait les mains, tes pieds, le nez et les oreilles : Maximin avait d*abord défendu d0 porter plus loin larigueur, mais cette recommandation ne tanda pa^àtomber dans l'oubli , et le temps des martyrs sembla revenu. S^M Pierre, évéque d'Alexandrie, donna sa vie pour hi foi,, ainsi que les «ûDts Théodore, Hésichius et Pacôme, évêques de diverses églises. A Antiaoûs le moine Apollonius, jeté dans un bâcher ardeal, fut préaepvé miraculeusement des flammes. Ce prodige convertit le juge qui