CHAPITRE XIV
l*avait condamné, il se nommait Ârianus : il devint à son tour le martyr de cette foi nouvelle, mais déjà plus forte que la mort, qui venait de subjuguer son cœur. On le jeta dans la mer, avec plusieurs astres confesseurs, par ordre du préfet d^Alexandrie. A Éttèse^ révéque Sylvain fut dévoré par les bétes deramphitbéfttre. — ANicomédie, le prêtre saint Lucien essuya un nouveau genre de supplice. Après ravoir laissé, plusieurs jours, consumer par les tortures de la faim, on lui servit une table somptueuse, couverte de mets, et de viandes offerts aux idoles. Il résista à cette tentation,la plus violente sans doute que doive éprouver la nature , et eut la tête trancbëe par la main du bourreau. — Maximin-Daïa portait, jusqu*à la démenca, sa haine du christianisme, et son fanatisme pour Fidolâtrie. La nation arménienne et son roi Tiridate venaient d'embrasser la foi de Jësuflh Christ, par les soins de saint Grégoire,, sumofiuné rilluminateut, et FApdtre de TArménie. A cette nouvelle, Maximin^ sans tenif compte du titre d*allié des Romains» que FArménie méritait par uoe fidélité séculsûre, lui déclara la guerre, et entra dans cepaji& à la tète d'une armée formidable. Mais les Arméaiens vinrent facilemeBt h bout de ce barbare sans intelligencey et sans aucune ei^pèce de talent militaire. Ils le battirent à toutes les rencontres, et le chassèreal igiUHninieusement de leur pays. Dans les villes d'Arménie, soumisea aux Romains, il y eut à cette époque un grand nombre de martjra. Comme nation, ces chrétiens des premiers siècles défendirent la véritable religion, les armes à la main; comme particuliers, ilsmoth raient pour elle.
m. Cependant le plus grand événement du quatrième siècle s'accomplissait, sous les portes de Rome (3491). Haxence avait déclaré la gmrre à Constantin, pour venger, disait-il, la mort de Maximien*- Hercule, son père, et, dans la réalité, pour accomplir le dessein caiCDai depuis longtemps de s'emparer de la Gaule. Constantin se dâaide à prévenir son ennemi. Maxence avait rétabli les prétoriens.; 801^ armée se composait de cent soixante-dix mille fantassins et de diXrhuit mille cavaliers. Constantin ne craignit point d'attaquer lHAaioeetdes forces si redoutables, seulement avec quaraatemUIe vieux, âoldats. n passe lee Alpes Cottiennes, sur une de ces voies in-* (testructibles créées par tes Romains» emporte Suse d'assaut, défait
un corps de cavalerie pesante, aux environs de Turin; un autre à Brescia; Vérone capitule, la garnison captive est liée des chaînes forgées avec les épées des vaincus : et, par cette marche triomphale, Constantin arrive aux portes de Rome. Maxence s*y tenait renfermé, parce qu'un oracle le menaçait de mort s'il venait à en sortir : mais ses capitaines, la plupart expérimentés, tenaient pour lui la campagne. Constantin était campé vis-à-vis du pont Milvius, appelé aujourd'hui Ponte-Mole. Un jour qu'il s'avançait à la tête d'un corps de troupes, vers l'heure de midi, une croix éclatante de lumière se dessina au milieu du ciel, dans la direction du soleil. Sur cette croix miraculeuse, on lisait, en lettres de feu,ces mots latins : In hocsigno mnees. L'apparition de ce prodige, dont toute l'armée fut témoin, ébranla profondément Constantin, qui, de longues années après, !• racontait lui-même à Eusèbe, évéque de Césarée. Tout le reste du jour, il songea à cette vision merveilleuse. La nuit suivante, la même croix lui apparaissait de nouveau, et Jésus-Christ, se révélant à lui, lui donnait l'ordre de placer cette image sur ses étendards. Le lendemain, à coté des aigles romaines, on remarquait une bannière, d'une forme jusque-là inconnue. C'était une longue pique de bois doré, ayant en haut une traverse en forme de croix, au bras de laquelle flottait un drapeau tissu d'or et de pierreries. Au-dessus brillait une couronne d'or et de pierres précieuses, au milieu de laquelle était le monogramme du Christ, formé des deux initiales grecques de ce nom. Ce monogramme et l'image de la croix furent aussi placés sur le casque des soldats. Tel était le fameux Labanim. C'étaitainsi que cette croix,réservée,jusque-là, comme un gibet d'infamie, aux plus vils criminels, après trois siècles d'outrages, d'incrédulité et de persécutions, triomphait du monde, prenait sa place parmi les choses les plus révérées, et devenait l'étendard des légions romaines,quele monde vaincu ne regardait qu'avec respect et admiration. « La bataille qui allait se livrer entre Maxence et Constantin, dit M. de Ch&teaubriand, est du petit nombre de celles qui, expression matérielle de la lutte des opinions , deviennent, non un simple fait de guerre, mais une véritable révolution. Deux cultes et deux mondes se rencontrèrent au pont Milvius ; deux régions se trouvèrent en présence, les armes à la main , au bord du Tibre, à la vue du