CHAPITRE U
tions relatives à la puissance pontificale. Mais son travail ne fat point agréé par l'assemblée , et on en chargea Bossuet. « Les 3» Français y dit le cardinal Sfondrate, auraient dû penser qu'une D assemblée indiquée dans im temps de troubles et de mécontente- D ments réciproques, ainsi que les propositions qui pourraient être D publiées dans cette assemblée, seraient attribuées, non au zèle D pour la religion , mais à la vengeance, et seraient d'autant plus » facilement interprétées d'une manière sinistre, que les évêques » voyaient bien que ce n'était pas pour lui ni pour les siens, mais x> pour eux et pour la liberté de leurs églises que le Pape était » entré en lice. La reconnaissance, ou du moins la simple obser- » vation des convenances, dont les Français sont si jaloux, exi- » geait que, dans le temps où le Pape combattait pour leur » intérêt avec tant de force et de courage, ils n'exerçassent contre » lui aucun acte d'hostilité. Les évèques devaient-ils tourner leurs v> armes contre leur bienfaiteur? » Mais la passion ne raisonne pas. Le 19 mars 1682, parut la fameuse Déclaration du clergé de France, rédigée par Bossuet, qui attachait désormais le nom de l'immortel évêque de Meaux à cet éclat regrettable. Nous allons en donner la traduction insérée dans les œuvres de Bossuet.
19. « Plusieurs s'efforcent de renverser les décrets de l'E- D glise (1) gallicane, ses libertés qu'ont soutenues avec tant de D zèle nos ancêtres, et leurs fondements, appuyés sur les saints i> canons et sur la tradition des Pères. Il en est aussi qui, sous
(i) DECLARATIO
Die decimo nono Martii 1682
« Ecclesis Gallicanae décréta et lihertates a majoribus nostris taoto studio t propngnatas, earumque fondamenta sacris canonibus et Patrum traditione nixa,
> multi diruere moliuntur; nec desunt qui earum obtentu primatum beati Pétri » ejusque successorum romanorum Poutificum a Cbristo institutum, iisque debi" 9 tam ab omnibus Christianis obedientiam, Sedisque apostolic», iu qu& fidei » pnedicatur, et unitas servatur Ecclesiae, reTerendam cunctis gentibus roajos* » tatem imminuere non Tereantur. Hœretici quoque nil praetermittunt quo eam
> protestatem , quà pax Ecclesiae continetur, invidiosam et gratem regibus et 1 populis ostentent, eisque fraudibus simplices animas ab Ecclesis matrisCbris-
* tique adeo communione dissentient. Qu» ut incommoda propulsemus, nos
• arcbiepiscopi et episcopi Parisiîs mandate regio congregati , Ecclesiam Galli-
» le prétexte de ces libertés ne craignent pas de porter atteinte )» à la primauté de saint Pierre et des Pontifes romains ses suc« » cesseurs, instituée par Jésus-Christ ; à l'obéissance qui leur est D due par tous les chrétiens, et à la majesté , si vénérable aux » yeux de toutes les nations, du Siège apostolique où s'en- » seigne et se conserve Funité de l'Eglise. Les hérétiques, d'autre » part, n'omettent rien pour présenter cette puissance, qui ren- » ferme la paix de l'Eglise, comme insupportable aux rois et aux » peuples, et pour séparer, par cet artifice, les âmes simples de la » communion de l'Eglise et de Jésus-Christ. C'est dans le dessein » de remédier à de tels inconvénients, que nous, archevêques et » évoques assemblés à Paris, par ordre du roi, avec les autres » députés ecclésiastiques, qui représentons l'Eglise gallicane, » avons jugé convenaîle, après une mûre délibération, d'établir » et de déclarer :
» Que saint Pierre et ses successeurs, vicaires de Jésus-Chrîst, Y) et que toute l'Eglise même, n'ont reçu de puissance de Dieu
• canam reprasentantes, una cum caeteris ecclesiasticis vins nobiscum deputatis,
• diligente tractatu habito, hxc sancienda et declaranda esse duximus :
• lo Beato Petro ejusque successoribus Christi Vicariis, ipsique Ecclesiae» » rerum spiritualium et ad steroam salutem perlincntium , non autem civiliiim 9 ac temporalium, a Deo Iraditampotestatem, dicente Domino : « Regnum meuno » non est de hoc mundo» » et iterum : « Reddite ergo quœ sunt Gaesaris Gaesari, » et qu» sunt Dei Deo, » ac proinde stare Apostolicum Istud : « Omnis aninaa » poteslatibus sublimioribus subdita sit : non est enim potestas, nisi a Deo; qu» 9 aulem sunt, a Deo ordinatae sunt. Itaque qui potestati resistir, Dei ordinationi
• resistit. » Reges ergo et principes io temporalibus nulli ecclesiastic» potestati » Dei ordinatione subjici , neque auctoritate clavium Ecclcsia directe vel iudi- 9 recte deponi aut illorum subditos eximi a fide , atque obedientia , ac pnestita » fidelitatis sacramento sohi posse. Eamque sententiam publicae tranquillitati 9 necessariam, nec minus Ecclesiae quam regno utilem, ut verbo Dei, Patrum » tradition!, et sanctonim exemplis consonam, omnino retinendam.
9 2^ Sic autem inesse apostolics Sedi ac Pétri successoribus Ghristi vicariis » rerum spiritualium plenam potestatem ut simul valeant, atque immota cousis- 9 tant sanct» œcùmenicsB synodi Gonstantiensis a Sede apostolicâ comprobata (1)»
(I) Noos ■▼ont va les termes dam ICMiaeli Pie V a approuvé les opérationa do concUe de CoiutaDce.