‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 168 sur 192 · QémentXni voyait dans les maux qui désolaient laFraxuEA · texte numérisé non relu

QémentXni voyait dans les maux qui désolaient laFraxuEA

472 CLÉMENT xin (1758-1769).

un châtimeût de Dieu. Au jugement du Pontife, le Seigneur punissait ainsi l'injuste expulsion des Jésuites, l'abus des sacrements et surtout l'administration violente et sacrilège de l'Euclia- ; ristie, qui, par ordre des parlemente, se répétait si souvent alors ' dans ce malheureux pays , en faveur des jansénistes réiractaires ' ' et impénitente. Il publia donc la bulle Apostolicum, pour y don— . ; ner un solennel avertissement à la France. Le Pape commence LJ par déclarer qu'aucune considération humaine ne saurait borner ^ l'exercice de la mission apostolique qui lui est confiée par Dieu même ; qu'il doit, qu'il veut l'accomplir dans toute son étendue, n montre quelle fat dans tous les temps la sollicitude du Saint- Siège pour les ordres religieux ; il rappelle toute la série des actes solennels par lesquels ses prédécesseurs ont approuvé, confirmé, loué, encouragé constamment la société de Jésus. Cette société en butte à tant de contradictions, s'il ne la défendait, il semblerait manquer à un devoir sacré. D'autant plus, ajoute la bulle, a qu'on » insulte de la manière la plus outrageante l'Eglise de Dieu , en » l'accusant équivalemment de s'être trompée jusqu'à juger et 9 déclarer solennellement pieux et agréable à Dieu, ce qui en soi » était irréligieux et impie; et d'être ainsi tombée dans une er- » reur d'autant plus criminelle qu'elle aurait souffert pendant » plus longtemps, durant l'espace de plus de deux cente ans , » qu'au très-grand préjudice des âmes, son sein restât souillé ïi d'une tache aussi flétrissante. » Le cœur du Père commun se plaît ensuite à s'épancher en éloges sur la société persécutée ; il la console, l'anime, la relève par les plus touchante encouragemente» Enfin, pour déférer, dit-Û, aux justes vœux de nos vénérables frères les évêques de toutes les parties du monde catholiquej il approuve et confirme de nouveau l'institut. La bulle Apostoli^ cum, décret solennel de la puissance souveraine de l'Eglise, fut envoyée à tous les royaumes chrétiens; mais l'esprit philosophique qui dominait en Europe ne respecta pas plus la voix du Saint-Siège qu'il ne respectait celle de la justice et de l'innocence à l'égard des Jésuites. En France, en Portugal, à Naples, elle fut condamnée par les gouvememente et prohibée, dans les formes et dans les termes les plus outrageante et les plus ridicules. L'or» dre des Jésuites demeura donc supprimé dans notre malheureuse

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patrie ; il accepta sa disgrftce avec une noble et touchante résignation* Une apologie, chef-d'œuvre d'éloquence, de raison, de goût, fie verve et de dignité, que le Père Cenitti écrivit alors, fut sa seule protestation. L'histoire l'a prise au sérieux et le temps s'est chargé de faire justice des injustes persécuteurs.

1 1 • Les affaires si triâtes et si compliquées de la compagnie de Jésus étaient loin d'absorber toute l'attention du souverain Pon-^ tife, et de détourner son esprit et son cœur des graves et innombrablei^ préoccupations qu'apporte avec soi le gouvernement de l'Eglise universelle. Le jansénisme o&ait surtout à son zèle une occasion toujours renaissante d'exercer le pouvoir de juge suprême que les Papes ont reçu de Dieu. Il n'est guère de lettre qu'il écrive aux évêques de France, où il ne revienne sur cette plaie si dangereuse pour la religion de Jésus-Christ. Il avait frappé d'une sentence solennelle de condamnation le catéchisme de Mésenguy ; coup terrible contre les sectaires qui avaient vu, dans la proscription de ce livre, un renouvellement de tous lea anathèmes portés contre Quesnel et ses partisans. Et pour mon* trer c[u'il savait aussi bien flétrir le coupable que protéger les innocents, en même temps qu'il défendait énergiquement la compagnie de Jésus contre les attaques du philosophisme, il proscrivait,, comme entachée d'une légèreté scandaleuse et profane, V Histoire du peuple de Dieu, par le Père Berruyer. a Vous n'avez pas be- » soin, écrivait-il à Henri de Montesquiou, évêque de Sarlat, de )» nous demander ce que nous pensons du jansénisme. Nous avon» n déjà prévenu ce que vous pouvez désirer de nous à cet égard, y> en répondant à plusieurs des évêques de France , qui nous D avaient porté leurs plaintes sur les maux de votre Eglise. Nous D nous sommes expliqué avec tant de clarté et d'étendue que per- » sonne ne doit plus douter de notre fermeté, ni de la constance }» de l'Eglise romaine dans ses décisions. » Le même zèle s'appliquait, avec la même vérité et la même énergie^ à combattre toutes les autres erreurs de ce temps lamentable. Les mauvais livrea pullulaient alors; les doctrines les plus impies et les plus honteu* sèment perverses étaient répandues à profusion. Clément XIII ne pouvait faillir à l'un des plus importants devoirs de l'apostolat suprême. Dès les premiers jours de son règne, il avait frappé dea

jffi CLiuENT xnr ^75*-1769).

tou&es de l'Eglise te KHrre an matérialiste BcTTéKtis, et YEncy-^ dbpédisj où la phâlosophie antichrétienne avait réuni, pour aftto- 4jiier la vérité , Fassemblage confus de toutes tes erreurs. Ea discipline ecclésiastique, les princçes divins efr hniiraabfes de la hiérarchie sacrée, étaient Battus en brèche par des norotonr» téméraires. De HonAeim, évèque de Myriophite et sufFragani de Trêves, venait de publier, sous le pseudonyme de Fébronius, son livre sur VEtat de tEglise et sur la puissance légitime du saurverain Pontife {tnZ). Get ouvrage,, qui (féniait les droite les 0to ^ reconnus et les^ plus incontestables du Pape, causa un grand scan- Ade dtesle monde dirétien. Les frères Ballerini-, de Vérone, te Pfere Zaccharia, jésuite, dtes son Anti^FebrormiSy leP^ Zech, également jésuite, et Thomas Mamachi, domimcai», lui opposèrent de savante» réfutations. Clément XID le condamna solennetlement par \m décret du 27 février 1764. Le 1* mars suivani^. il avertissait Tévêque de Wurtzbouig et Tarchevêquo de Mayence dfe prémunir leurs troupeaux, pnêtres et fid^es, contre les doc* trines dangereuses de cet ouvrage, a Cet écrivain artificieux, di- » saifr-il, cachesa perfidie sous te masque de te piété, il diminue, » à ce qu'il prétend, ou plutôt il anéantit Fautorité du souverain » Pbntife, afin de ramener, par cette condescendtoce, les hété- » rodîDxes à Tunité catholique : condescendance merveilleuse, en » vertu de laquelle ce ne sont pas les héréticpies qui se convertis- » sent, mais les catholiques qui sont pervertis. » Les dbcteurs de ITTuiversité de Cologne avaient aussi publié une savante et conrageuse réfutation du livre de Fébronius ; te Pape les en ColiGite. <c C'est le propre des dirétiens généreux, leur écrivait-il, de se 9) jeter sur4e^hamp dans la m^ée, et de repousser avec vigueur y> les^attaques des ennemis de l'Eglise. Nous vous en aimons dai> vantage, nous vous en remercions, r» Cette guerre sainte remplît te laborieux pontificat dé Clément SH', et, vers la fin de sa pénible carrière, recueillant toutes ses forces, il voulut laisser au monde comme un dernier souvenir de son héroïque courage, en stimulant le ssète de Fépiscopat contïe te torrent des mauvais livres et des mauvaises doctrines, qui menaçaient de tout engloutir. Dans un encyclique, adressée à tous les patriarches , primats, archevêques et évéques- du monde chsétien^ te pasteur suprême

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