‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 172 sur 192 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

SOMMAIRE

pownpicjw M m n (15 février iTïMi «Jût 1799).

f , Coup d'œil snr le pontificat de We VI. — «. Election de Pie VI, ses premier» Actes. — d. Les Jésuites sont accneilUs par Fiédérie-lé-Giittid, roi de Prnase, et rimpératrice de Russie , Catherine IL — 4. Premières années da règne de Louis XVL — 5. Le Joséphisme en Allemagne.— 6. Voyage de Pie VI à Vienne. Synode de Pistoie. — 7. Révolte de la Belgique contre Joseph II. — 8. Ministres de Louis XVI. — 0. Ouverture des Etats-généraux. — 10. CongtittUion mile à» clergé, — 11. Courageuse conduite de la nu^orité du dei^ français. — 13. Pie VI condamne la constitution civils du clergé. — 13. Captivité de Louis XVI. — 14. Convention nationale. Jugement de Louis XVI. — 15. Mort de Louis XVI — 16. Diacours de Pie VI aux cardinaux, & roecasiim de 2« mort de Louis XVI. Mort de Marie-Antoinette. La Terreur. — 17. Le Dire©toire. Le général Bonaparte. — 18. Première campagne d'Italie par Bonaparte. — 19. Le Directoire veut forcer Pie VI & révoquer la condamnation de la constitution civile du clergé. ^ 20. Pie VI est enlevé de Rome par ordre du Directoire. — 21. Mort de Pie VI à Valence.

Ponttfleat de Pie VI (15 février 1775*29 août 1799).

1. Nous arrivons enfin à la grande catastrophe sociale, préparée depuis si longtemps^ en Europe, par les fureurs du protestantisme, les haines et les violences du jansénisme, l'impiété, la licence de la nouvelle philosophie, l'imprévoyance des rois, les scandales des cours, l'insubordination des peuples et le triomphe simultané des mauvaises doctrines dans tous les Etats de l'Europe chrétienne. L'époque révolutionnaire allait sonner, et d'effroyables calamités politiques et religieuses allaient inonder le monde. Jusque-là bien des tempêtes, des orages, avaient menacé le vaisseau de l'Eglise ; mais, si on peut le dire^ il n'y avait dans ces dangers qu'un caractère de violence passagère. Les passions une fois apaisées, la Papauté retrouvait son empire sur des générations restées, au fond du cœur, fidèles et soumises ; les hérésies précédentes s'attaquaient à un dogme particulier; les princes percuteurs mouraient et laissaient le trône à des successeurs moins

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hdstiles. Celte fois ce ne fat pas uaj^inoe, ce ne fut pas un héfé* siarque^ ce ne fut pas nn persécuteur (pii souleva répouvantal)l6^ orage, ce fut la négati<»i radicale, universelle, impitoyable, de tcmtes les croyances, la destmctiou de toutes les institutions^ réeroulement des trônes et des autels, la souveraineté populaire; inaugurée au milieu des ruines^ parmi des fleuves de sang, qui reniait Dieu, Jésus-Cbrist^ $oa ciûte, ses vicaires^ ses prêtres, et qui, au ikom de la raison, imposait au moode les raves du plus sanglant délire. Si les ennemis de FEgUse, si les grands seigneursbeaux esprits, les poètes plulosopbes^ les élégants athées dit sym** siècle n'avaient pas été eux-mêmes les premières victimes de la révolution, ils auraient pu applaudir à leur ouvrage et jouir de leur triomphe, car ce triomphe parut complet ; ils avaient pro<damé leur philosophie la reine de l'univers, et le peuple dansant sur les débris des monarchies éleva des autels h la Raison, pour jffouver à sa manière qu'il était digne de ses maîtres et qu'il avait compris leur enseignement. L'Eglise, toutefois , a des promesses d'immortalité plus fortes que toutes les puissances de l'enfer. Elle se releva la première du fond de cet abîme, plus radieuse^ plus grande, plus héroïque que jamais. La révolutioii ne fit qu'ajouter à la liste de la Papauté un martyr de jdus.

2. Le cardinal Jean-Ange BrascÛ fut élu pour succéder à Clément XIV, et prit le nom, à jamais immortel, de Ke YL Ea af^renant son élection» il se prosterna, ks yeux baignés à& larmes, pria quelque temps avec ferveur, et dit aux cardinaux ;; « Vénérables pères, le condave est terminé, mais que Tissue es » a été malheureuse pour moi! » Ce fut par ces paroles, quiren-: ferment un si triste pressentiment» que Pie VI commençait l'un des plus longs comme aussi Tun des [dus malheureux pontificats que nous offrent les annales de l'Eglise. Un des premiers actes du nouveau Pape fat une distribution d'aumânes aux pauvres. Il supprima ensuite plusieurs pensions qui lui parurent inutiles , se fit rendre un compte sévère des deniers piû)lies, ne conféra les; dignités ecclésiastiques et les charges de l'Etat qu'à des hommes dignes de sa confiimce; il se nuxitra humain, accessible, laborieux, bienfaisant; il partageait tout son temps entre ses devoirs religieux, son cabinet^ son muséum et labibfiothèque du Vatican^,

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