CHAPITRE m
guer les éloges à la religion , à la justice, au zèle catholique d*uû souverain qui venait d'usurper le patrimoine de saint Pierre , et qui tenait le chef de l'Eglise dans les fers ; elle insinuait l'accusation calomnieuse, adressée au Pape , de sacrifier les intérêts de la religion à des intéi-èts purement temporels. Ce monument de lâcheté est une des hontes de l'Eglise gdlicane.
15. Sur un autre point, les mêmes évêques tinrent une conduite qui ne leur fit pas plus d'honneur. Les victoires d'Eckmuhl| dïssling, deRaab, deWagram, avaient décidé la paix de Vienne (13 octobre 1809). Pendant que l'empereur envoyait son frère Joseph chercher en Espagne un trône qui coûta la vie à tant da Français , et Murât , son beau-frère , régner à Naples , il songeait pour lui-même à répudier Joséphine Beauhamais. Le soldat par* venu voulait mêler son sang à celui des Césars. L'wnpereur d' Au« triche, François II, consentait à lui donner sa fille, l'archiduchesse Marie-Louise. Mais il falldt faire casser un mariage légitime , valide, consacré par TEglise, et qu'un caprice d'ambition brisait après une union de quinze ans. La commission épiscopale, consultée à cet égard, répondit que le recours au Pape étant impossible, la cause devait être dévolue à l'officialité diocésaine , avec appel àTofficialîté métropolitaine, et enfin à l'officialité primatiale de Lyon. Aucun de ces tribunaux n'existait ; on se hâta de les cré^ tous les trois. Et, c(»nme le siège de Paris était vacant, on f nomma le cardinal Fesch, qui se trouva ainsi devoir juger l'af** faire dans les trois degrés, comme premier supérieur de l'officia** lité diocéscdne, comme métropolitain de Paris et comme arehe-» vêque de Lyon, primat des Gaules. La sentence de l'officialité fut telle qu'on pouvaitla désirer. Le 2 avril 1810, Napoléon épousa donc l'archiduchesse Marie-Louise ; les cardinaux furent invités à la cérémonie nuptiale , mais treiae d'entre eux s'abstinrent d'y paraître, a par ce motif, déclareirt-îls, que le Pape n'était pas inter^ » venu à la dissolution du premier mariage. » Napoléon ne garda aucune mesure contre ces courageux prélats, il ne leur permit plus de porter les vêtements distinctife de leur dignité et voulut qu^il s'habillassent désormais de noir. C'est de là que vint cette distinction fameuse des cardinaux rouges et des cardinaux ndurs. L'empereur exila exxsuîte les cardinaux noirs dans différentes villes
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de province , et les priva de leurs traitements. Le 20 mars 1811^ Napoléon (devint père d'un fils , qm reçut en naissant le nom de roi de Rome ; ce titre usurpé ne devait pas porter bonheur à Tim* perlai enfant.
16. Les joies de la famille n'adoucissaient pas le cœur de Na* poléon. n fit présentera la commission ecclésiastique, toujours en permanence^ des propositions entièrement subversives de l'autorité du Saint-Siège. Le cardinal Fesch , inspiré cette fois par l'abbé Emery, se hasarda à dire à son formidable neveu : oc Sire, » tous les évêques résisteront ; vous allez faire des martyrs. i> Ce mot fit tressaillir l'empereur. Il appela l'abbé Emery. « Qu'estrce » que le Pape? » lui demanda*t*il avec le ton de la fureur. La vieillard octogénaire avait fait le sacrifice de sa vie. « Sire, répon- » dit-il, je ne puis avoir d'autre sentiment sur ce point que celui » qui est contenu dans le catéchisme , enseigné par les ordres de » Votre Majesté dans toutes les églises de France. Le Pape est le » chef de r Eglise^ le vicaire de Jésus-Christ^ à qui tous les ckré^ » tiens doivent obéissance. Qr, un corps peut-il se passer de son » chef ; de celui à qui, de droit divin, il doit obéissance î ï> — «Eh 1» bien I je ne vous conteste pas la puissance spirituelle , dit l'em- D pereur. Mais la puissance temporelle, c'est Gharlemagne qui l'a p donnée au Pape, et moi, successeur de Gharlemagne, je veuxla » lui ôter, parce qu'il ne sait pas en user, et qu'elle l'empêche » d'exercer ses fonctions spirituelles. » L'al>bé Emery était préparé à cette sortie, (x Votre Majesté , dit-il , honore le grand Bos^ » suet. Bossuet, Sire, parle ainsi : k Nous savons bien que les » Pontifes romains et l'ordre sacerdotal ont reçu de la concession 9 des rois, et possèdent légitimement des biens, des droits, des p principautés, comme en possèdent les autres hommes, à très 7> bon droit. Nous savons que ces possessions, en tant que dédiées D à Dieu, doivent être sacrées, et qu'on ne peut , sans commettre » un sacrilège, les envahir, les ravir et les donner à des séculiers. » On a concédé au Siège apostolique la souveraineté de la ville de D Rome et d'autres possessions, afin que le Saint-Siège, plus libre » et plus assuré , exerçât sa puissance dans tout l'univers. Noos i> en félicitons sincèrement , non seulement le Siège apostolique ^ i> mais encore l'Eglise universelle^ et nous prions ^ de tons