‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 181 sur 192 · CHAPITRE vn · texte numérisé non relu

CHAPITRE vn

» nos vœux que, de toutes manièresy ce principat sacré demeure » sain et sauf. » L'abbé Emery cita de mémoire ce passage de la '; Défense de la Déclaration eft^ c/er^^, qu'il avait fidèlement appris. Napoléon rompit la conférence, a L'abbé Emery ^ dit-il, a » parlé comme im homme qui sait et qui possède son sujet; » î'aime qu'on me parle ainsi. » — a L'empereur, dit à ce sujet » le cardinal Pacca, ne serait peut-être jamais devenu persécuy> teur, si, dès le principe, il eût trouvé dans les évoques de D France, la fermeté^ la science, le courage qu'il rencontrait dans » l'abbé Emery. d

17. Ces pourparlers ne terminaient rien. Napoléon crut qu'il réussirait mieux en convoquant un concile national^ pour le 9 juin 1811. n espérait par là intimider le Pape, et le forcer à condescendre à ses désirs. Il eut l'air de consentir à ce que les cardinaux et les évêques assemblés envoyassent une députation à Savone; mais il nonmia lui-même les prélats qui devaient la composer; fixa l'époque de leur retour à Paris ^ et leur dicta les bases du nouveau traité qu'ils devaient conclure, s'ils trouvaient le Pape disposé à un accommodement. Les trois prélats députés forent M. de Barrai, archevêque de Tours, M. Duvoisin, évoque de Nantes, et M. Mannay, évêque de Trêves, prélats instruits et Tersés dans les affaires, mais d'une complaisance servile envers le pouvoir laïque. Yoici quelles étaient les bases des négociations : L'empereur consentait à remettre en vigueur le concordat de 1801 , mais sous deux conditions : l"" que le Pape accorderait les bulles d'institution aux évêques déjà présentés; 2'' qu'à l'ave- . nir il expédierait les bulles trois mois après la présentation, et : .^e, ce délai expiré, le métropolitain conférerait l'institution au suffiragant. Pie VU rejeta d'abord avec énergie les propositions des députés, mais enfin, au dernier moment, il céda; et profitant ; d'un moment de faiblesse, les négociateurs rédigèrent aussitât, wus ses yeux, une promesse qu'il lui eût été impossible de désavouer dans la suite, quoiqu'elle ne fût pas revêtue de sa signature. Pie yn consentait à accorder l'institution canonique aux évêques nomidés, dans l'espérance, disait-il, de rétablir l'ordre et la paix dans l'Eglise. Les députés eurent à peine pris congé que Pie YII; entant la gravité de la concession qu'on lui avait arrachée par,

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surprise; tomba dans la plus profonde douleur et pleura amèrement; il po!»sait de profonds soupirs » et s'aocusait luHnine^ dans les termes duphisyif rep^itir. Lesévéques, àleurretmuv rendirent compte à Fempereur de leur mission; mak on garda pour le moment le silence sur la promesse faite par le Pipo.

\9. Le concile impérial 9 ou l'assemblée des évèquea baneais eonroqués par Mapoléen, s'ourrit le 17 juin 1811 ; on y ocmpte quatre-vingt-quinze prélats, dont six cardinaux, neuf arebcvè^us ^ quatre-vingts érâqaes. C'était une réonton imposante; maisi, «u point de vue canonicpie, ce n'était pas un concik. LapBfsuèrt condition , en effet, eût été que les évèques pussent y veinr )îbi6isnest; or, Napolé<m y avait appelé arbitrair^iwikt ceux qù lui étaient favorables, i l'exclusion des autres cp'il retenait eor eaS ou en pris(Mi. Le cardinal Fescb s'arrogea, tout d'abocd , la litae de président ; il officia pontifikalement à la cérémonie d'omnerton^ où Monseigneur de Boulogne, évèque de Troyes, rival et MiWTf, pour l'éloquence, mais d'un caractère bien plus ndde que hii, prononça un discours qui lui valut la disgrâce de l'empcscnr. «(Jamais, dit-il, nous n'oublierons tout ce que nous denrons de » respect et d'amour à cette Eglise romaine, qui nous a engen*p drés à Jésus-Christ et qui nous a nourris du lait de la doctrine; 9 à cette chaire auguste, que les Pères appellent la citadelle dek I» vérité, et à ce chef suprême de Tépiscopat^ sans lequel tout V l'épiscopat se détrmrait lui-même et ne ferait plus que languir )» comme une branche séparée du tronc. Ce Siège pourra être déh 9 placé, il ne pourra être détruit; on pourra lui Ater saspkadeur, 7> on ne pourra pas lui ôter de sa force. Partout où ce Siège aenE, > là tous les autres se réuniront; partout où ce Siège se traM<^ f portera, là tous les catholiques le suivront, parce que partoMd ^ où il se fixera, partout sera la tige de la succession, le o^iABe p du gsuvemement etle dépât sacré des traditions apo0tQlique& » Ces paroles &ent une profonde imprestdon, mab ne devaient rien dianger au résultat de l'assemblée. On ne tint qu'une seule ce»* sion générale ; il n'y eut plus ensuite cpie des congrégations qf^ se réunirent à l'archevâebé. La question sérieuse, difficile, ceBe pour laquelle Napoléon avait réuni les évéques, était de trouver un moyen satisfaisant de 8U{^Iéer aux bulles pontificales , peur

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rinfititutiûU canoaique à^ évèques. L'évèque de Nantes demanda, siy dan3 1q cas d'extrâme nécessité , on ne pouvait pas se pasa^ dos bttllâs. Mais la cammis^ion refus» d'accepter la question posée ea ces termes y et vouliit qu'on délibérât d'à|;M)rd sur le fait de savoir «i le concile était compétent pour ordonner un autre moyen d'institaer les évèques^ De longues négociations furent entamées sur cette propodlion ; enfin, la majorité des évoques, et cette résûlation las honore, fut d'avis qu'il était nécessaire d'en référer au Pape, par une députalôon solennelle» Napoléon, irrité de Ist, tûarmire que prenoient Le» débats , rendit, le 10 juillet 1 Jll, un. décret <|ai prononçait la dissolution du concile. L'évéque de Gand, . M; de &ogUe; l'évoque de Toumay, M. Him; et l'évéque de Xroyea, M* da Boulogne, qui s'étaient signalés par leur fermeté vraiment épîscopale dans le cours de^ discussions, furent arrêté^,, pendant la nuit, et enfermés au donjon de Yincennes. Napoléom ne s'accêtaiJt plus dans la voie de la persécution.

19. Brisé dans un accès de colère» le concile de Paris devaitae rouvrir, par un nouveau caprice de l'empeiïeur. Napoléon or-* donna aux ministres des cultes de France et d'Italie, d'iq^peler «wiprès d'eux, successivement, chacun des évèques de leur nation^ qui se trouyaieia à Paris, pour les forcer, dans le tête-à-tète dui cabinet « de signer une promesse confome à celle rédigée par les quatre évèques députés , sous les yeux de Pie VIL Les. caresses j. l'intimidation, employées individuellement à l'égard des prélats^, réussirent complètement. Sûr de la majorité des suffirais, l'em^ pereur convoqua de nouveau le concile (5 aoàt 1811), qui, sur la. imposition de M.ile Baxral, rendit le décret suivant : « Article 1"*» » Ck^nfonuiénient à Tesprit des canons, les archevêchés et évèchét; » ne pourront rester vacants plus d'un an, pour tout délai; dana » cet espace de temps, k nomination, l'institution et la censé* » cration devrwt être eflBactuées* fL L'empereur sera supplié da » continuer à nommer aux sièges vacants, confonnément aux '^ cpQfiordate ; et I«s nommés par. l'empereur s'adresseront à noti» » saint Pèi!^ le Pape , pour l'instiJution canonique. 3. Dans le&aix >> mois qui suivront la notification faite, au Pape, par les voies » d'usage, de la dite nomination, le. Pape dann^i^ l'institution ^ <^Qnipsty conformément aux concardata» 4. Les six mm.

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