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tienne j c'était le prétendu libéralisme , dérivation de Tesprit ré-* volutionnaire. Tant que la main de fer de Napoléon pesa sur le monde, il n'y eut qu'un despotisme , le sien. La Restauration fut comme l'ère du réveil de la liberté : il y eut dès lors un despotisme plus menaçant et plus terrible peut-être , le despotisme des masses, le despotisme de la souveraineté populaire. La presse, si longtemps comprimée, versait à grands flots, parmi les multitudes, les idées les plus impies^ les plus licencieuses, les plus anarchiques. On vit alors se multiplier en France et en Europe les éditions des philosophes du xvin* siècle ; il y eut le Voltaire des chaumières à côté du Voltaire monumental des grandes bi* bliothèques. Les générations égarées voulaient encore boire à ces sources empoisonnées, tant il est vrai que, si l'histoire est la grande école de l'expérience pour les individus , ses leçons sont presque toujours perdues pour les peuples. Les multitudes ne conservent ni la mémoire de l'esprit ni celle du cœur. Léon XD lutta avec énergie sur le nouveau terrain où les ennemis du ca~ tholicisme plantaient leur drapeau. Il rencontra dans le clergé de l'Europe de dignes auxiliaires. En France, l'illustre orateur M. de Boulogne, ce glorieux confesseur de la foi, attaqua la mauvaise presse dans d'éloquentes pastorales, qui étaient traduites en toutes les langues à mesure qu'elles tombaient de sa plume inspirée. Mais ces courageux efforts ne réussissaient point à détourner le courant irrésistible de l'opinion. La presse trouvait dans la tribune une alliée, un écho retentissant, une puissance dévouée.
29. A l'heure de la tempête, la main de Dieu prépare toujours et tient en réserve, pour la défense de son Eglise, des hommes dont le talent, l'énergie, le caractère, se trouvent à la hauteur des événements. Deux noms illustres représentaient alors, dans toute leur splendeur, les grandes gloires apologétiques du catholicisme. C'étaient ceux de deux laïques, MM. Joseph de Maistre et de Bonald. D'une famille française d'origine, et dont une branche s'est conservée en Languedoc, Joseph de Maistre naquit^ le l*' avril 1753, à Chambéry. Il aspira la piété sur les genoux de sa mère, Christine de Motz, qui confia plus tard son éducation aux Jésuites. En 1793^ les armées françaises ayant envahi la