‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 19 sur 192 · CHAPITRE PREMIER. A · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. A

sopersthieTises qui ne sont propres qu'à tuy l'àn^e; s'il accède encore q^plque efficacité aux indulgence de l'Eglise, il leur refuse iptitre ^e remède spirituel. La même formule revient sans cesse ftms ses discours : le salut par la foi.

28. Tel était le professeur de Wittemberg, lorsque Léon X, à l'exemple de plusieurs de ses prédécesseurs, publia des indulgences accordées à tous les fidèles qui contribueraient, par leurs aumônes 9 à l'achèvemdnt de la basilique de Saint-Pierre, commencée par Jules II, et aux frais de l'expédition contre les Turcs, dont le Pape nourrissait toujours l'espoir. L'archevêque de MayaBce, chargé , en Allemagne , de la promulgation du décret pontifical, en confia la commi^ion pour la Saxe à Jean Tetzel, dominicain et inquisiteur de la foi. Les religieux de saint Augustin, qui se croyaient des droits à cette mission , furent vivement piqués de cette préférence. Luther embrassa chaudement leur querelle, et, ainsi, une jalousie de moines allait enfanter d'effroyables orages. Avant de poursuivre le récit des faits, il est important d'établir la doctrine catholique touchant les indulgences, qui va devenir le sujet d'tfue ardente controverse, a La B théologie distingue dans le péché , disent les Pères du concile » de Trente, la coulpe et là peine. La coulpe est l'ofifense faite à B Dieu; la peine , le châtiment que mérite l'offense, peine éter- 9 nelle ou temporelle. L'EgUse qui, avec les clefs, a reçu le pou- » voir de lier et de délier, exerce ce pouvoir à l'égard du péché B commis après le baptême^ et par le sacrement de pénitence, et » par TappUcation de l'indulgence ; dans le sacrement de péni- « tence , l'Eglise remet le péché quant à la coulpe et à la peine 1 étemelle, mais non toujours quant à toute la peine tempo- » relie. Par l'indulgence , elle délie en tout ou en partie de » la peine temporelle qui restait à subir pour nos péchés en » ce monde, par le moyen des œuvres satisf actoires ; dans l'autre, » par Fexpiation du purgatoire. L'indulgence remet donc la » peine, mais non la coulpe. Le trésor des indulgences, dont la » dispensation appartient aux Papes et aux évêques, se compose » des satisfactions surabondantes de Jésus-Christ : une seule > goutte du sang de FHomme-Dieu , eût suffi mille fois pour » racheter des milliers de mondes. A ces fonds inépuisables de

» mérite, vieiment daîeuter, agréées de Dieu comme méritoires, » à cause de leur union' avec les aatisfactions d|i Stuveur, et 9 comme étant appliquées en vertu du dogme de la communion i> des saints, les satisfactions surabondantes de Marie, mère de » douleurs, qui n'eut jamsds aucune faute à expier, et celles d'mi » grand nombre de saints qui ont souffert pour la ju^ce et pra- » tiqué de longues pénitences pour racheter de légères imperfec- » lions. i> Le dogme de l'indulgence est intimement lié avecle dogme du Purgatoire. Au-delà de cette vie, la foi nous enseigne qu'il est un lieu de purification où l'âme achève de se laver de ses souillures, jusqu'à ce que les temps prescrits par la miséricorde et la justice divine étant accomplis, elle vienne s'asseoir parmi les bienheureux, car rien de souillé, dit l^criture, ne saurait entrer dans le royaume des deux. La foi nous dit aussi que ces heure% d'épreuves et ces peines dont nous ignorons la durée, peuvent être abrégées et adoucies par les œavres satisfactoires. Non pas que ces œuvres aient aucune puissance en elles-mèmesr; mais offertes par notre divin Médiateur à son Père, elles désarment et fléchissent un Dieu de misériclbrde et de charité. Or, Tindulgence comme la prière, comme l'aumône, vient apporter, par l'application des mérites de Jésus-Christ, quelque adoucissement aux souffrances passagères dés âmes de nos frères. L'Eglise a le pou* voir d'abréger ces peines satisfactoires, en vertu même des paroles du Sauveur : Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel: tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel.

29. Le dominicain Tetzel^ en prêchant les Indulgences accordées à toute la catholicité par Léon X, était donc dans son droit et faisait son devoir. L'esprit de piété et de foi, malgré la licence et le désordre des mœurs publiques, n'était pas éteint au milieu des peuples. La prédication du religieux de saint Dominique obtenait, en Allemagne, d'éclatants succès. Vers la fin de l'année 1 517 j il vint à Interbock, petite ville de la principauté de Magdebourg^ à huit milles de Wittemberg. Les habitants de cette dernièn cité , dans leur impatience d'entendre le dominicain , quittaien leurs maisons et couraient aux sermons des Indulgences. Luthej essayait en vain de retenir ses pénitents qui voulaient à toub

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