CHAPITRE n. 7 S
3 da Yatican fut saccagée ; les places ou les églises de Rome » étaient un marché où les sc^ats vendaient les dames romaines > et les chevaux ; et ces excès épouvant-nbles, qui se commettaient 9 même dans les basiliques de Saint-Pierre et de Saint-Paul, asile B vénéré sous Alaric, ce pillage qui, sous Genséric, n'avait duré » que quatorze jours, durèrent, sans se ralentir, pendant deux » mois. D Le vestiaire des souverains Pontifes était tombé aux mains de ces furieux. Us se revêtent des habits sacrés, s'assemblent dans le lieu des conclaves et y procèdent à une élection ridicule. Après avoir déclaré Clément Vil déchu de la Papauté, ils élisent solennellement le moine apostat Luther, en qualité de vicaire de Jésus-Christ. Etrange contradiction! Es croyaient ne pouvoir mieux honorer l'auteur de la Réforme qu'en lui conférant, par dérision, une dignité qu'il avait rendue le principal objet de ses satires !
11. Pendant ces scènes de désolation et d'horreur, Clément YTI était renfermé dans le château Saint-Ange, son dernier asile. D se trouva bientôt si étroitement resserré qu'il fallut songer à une capitulation. L'archevêque de Capoue signa, le 5 juin 1527 , au nom du malheureux Pontife, un premier traité qui renfermait les cond^ons suivantes : 1^ Payer comptant cent mille ducats d'or; 2* remettre, en forme de dépôt, le château Saint-Ange, entre les mains des officiers de l'empereur; 3^ livrer aux Impériaux les ▼illes d'Ostie, de Civita-Vecchia, de Citta di Castello, de Parme et de Haisance ; t* rester prisonnier jusqu'au paiement de la somme [romiee* Il était impossible à Clément YII d'exécuter aucune de ces conditions. Les gouverneurs refusèrent de rendre les places eonfiées à leur garde. Le trésor pontifical était complètement qHiisé , et le Pape fut obligé de demeurer captif. La peste mit le eomble à tant de désastres ; de Rimini elle gagna le château Saint- Ange, et Clément YII était exposé aux dangers -de ce fléau plus terrible encore que la guerre. Il réussit à s'échapper de sa prison^ déguisé en marchand. Tous les malheurs semblaient se réunir pour Taccabler à la fois. Les ennemis de Médicis profitèrent de la âtuation de Rome pour chasser de Florence la famille du Pape. Cette défection lui causa ime vive douleiu* : il comprit que, pour éviter des extrémités plus fâcheuses encore, il fallait se rapprocher
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des Espagnols vainqueurs. Le 26 juin 1529, il conclut un accommodement avec Hugues de Himyade, qui commandait les Impériaux. La puissance de Charles-Quint, affermie d'ailleurs par la Paix des dames y conclue à Cambrai, avec François P', toucha alors à son apogée : outre les provinces de l'empire, il domina ntalie depuis les Alpes jusqu'à laMéditerranée. Le 21 février 1 530, le Pape le couronna empereur à Bologne. Mais Clément Vil ne pouvait voir longtemps, d'un œil indifférent, l'accroissement de cette immense puissance qui mettait en péril l'équilibre de l'Europe et surtout les intérêts de l'Eglise. H voulut encore essayer de peser de son influence politique dans la balance du monde. Il se tourna donc vers la France, et eut une entrevue à Marseille avec François P'. Ce retour vers la politique de ses prédécesseurs dans des circonstances aussi périlleuses était de l'héroïsme. Mais Charles-Quint était un adverssdre trop puissant pour que toutes ces tentatives ne vinssent pas échouer contre les ressources de son génie. D'ailleurs, la réforme luthérienne devenait de jour en jour plus menaçante, et Clément Vil ne put en arrêter le lorrent dévastateur.
12. Â côté de la ligue catholique qui s'était formée à Rati»bonne contre les nouveaux sectaires^ une alli&nce des^princes luthériens avait eu lieu à Torgau (1 526). Le landgrave Philippe de Hesse^ le nouvel électeur de Saxe, Jean-le-Constant, les duchés de Mecklembourg, d'Anhalt, la Prusse, les villes de Brunswick et de Magdebourg y avaient pris part. Les principes de Luther avaient des conséquences que leur auteur eût voulu désavouer. Nous avons déjà parlé des excès de Carlostadt à Wittemberg. Chaque jour, ce fanatique mettait de sa main le feu aux livres d'études que les écoliers lui apportaient de toutes parts, sous prétexte que la Bible devait désormais être l'unique lecture du genre humain. La populace dansait autour de ces autodafés, dignes des Vandales. Ivre de licence, elle suivait alors le sectaire, qui la conduisait au pillage des églises et des monastères. — Des scènes du même genre se passèrent à Zwichau, où im illuminé, Nicolas Storck, se mit à la tête d'une troupe de fanatiques, qui rejetaient l'autorité de Luther et commençaient à appliquer les principes d'indépendance proclamés par le moine saxon , en secouant le