‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 4 sur 192 · CHAPITRE PREBflER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREBflER

dressés dans cette vue sont un monument de sagesse et de prudcDce ecclésiastique. — « On ne devra désormais élever au » sacerdoce que des hommes d'un âge mùr, de mœurs exem-

> plaires et qui aient étudié longtemps sur les bancs de l'école. » — La théologie, la maîtresse des sciences y a été trop né- 9 gligée jusqu'ici. Il faut qu'elle refleurisse. A l'avenir, on ne f sera admis au ministère des autels qu'après une étude approt fondie des Pères et des canons. Mais la science théologique

> ne suffît pas seule au prêtre. 11 faut qu'il pratique les vertus B propres à sa vocation divine; qu'il vive dans la piété et la «chasteté; qu'il soit comme une lampe allumée devant les » hommes, et qu'il honore Dieu par ses œuvres. — Plus les » rangs sont élevés, plus aussi les obligations sont rigoureuses. 1 Les cardinaux doivent se montrer les modèles de la régularité

> et de la perfection ecclésiastiques. Il faut que leur demeure soit B ouverte à tous les gens de bien, à tous les hommes doctes, à » tous les nobles indigents, à toutes les personnes de bonne vie. I» — La table du prélat doit être simple, frugale, modeste : dans D sa maison ne régneront ni le luxe, ni l'avarice; ses domes- » tiques seront peu nombreux; il exercera toujours sur eux la î vigilance la plus active ; il punira leurs dérèglements et récomi> pensera leur bonne conduite. Il n'accordera jamais son appui 9 aux prétentions des solliciteurs ambitieux; mais il prêtera une » oreille attentive à la prière de l'opprimé qui viendra lui deman- B. der justice. Il faut qu'il soit toujours prêt à plaider la cause du 9 pauvre et de Torphelin. — S'il a des parents qui soient dans le B besoin, la justice exige qu'il vienne à leur secours; mais jamais D aux dépens de l'Eglise. » Chaque ligne de ce décret sur le cardinalat est une réponse anticipée aux calomnies que fera plus tard Luther contre le luxe des prélats romains. < Le champ du B Seigneur, avait dit Léon X, a besoin d'être remué de fond en » comble pour porter de nouveaux fruits. r> La réforme légitime et pacifique qui sortit de cette parole, atteignit tous les degrés de la hiérarchie. Les méthodes d'enseignement furent examinées au concile de Latran, avec une sollicitude toute particulière. A Florence, à Rome et dans toute l'Italie, on croyait, à l'époque de la renaissance, avoir assez fait pour la culture de l'inteUi-

gence^ quand on avait appris à un écolier à lire Virgile ou Théocrite, à connaître les dieux d'Ovide, à traduire les œuvres de Platon. Léon X, tout en secondant le mouvement des intelligences vers l'étude des modèles de l'antiquité grecque et latine, comprenait le danger que pourrait avoir ce système exclusif d'éducation, n ne veut pas que l'âme se contente désormais de cette nourriture toute sensuelle. Il faut qu'elle s'inspire à des sources plus pures, et qu'elle y puise la connaissance des vérités supérieures révélées par la foi. a II faut que la jeunesse chré- » tienne sache qu'elle a été créée par Dieu pour l'aimer et le » servir, qu'elle pratique la loi de Jésus-Christ; cp'elle chante » à l'Eglise nos saintes hymnes ; qu'elle psalmodie à vêpres les » psaumes du prophète-roi; que, chaque soir, elle lise l'histoire » de ces héros chrétiens, dont l'Eglise a inscrit le nom parmi les

9 docteurs, les martyrs et les anachorètes. Il faut que l'enfant » sache par cœur le Décalogue, les commandements de Dieu, les 2> articles du Symbole, et que, sous la conduite de leurs maîtres, » les évoques laïques ou clercs entendent la messe, les vêpres, le » sermon, et emploient le dimanche et les jours de fêtes à célé- » brer les louanges du Seigneur. »

6. n importait surtout à la foi et aux bonnes mœurs de veiller à ce qu'elles ne fussent point corrompues ou altérées par des publications licencieuses et impies, a En multipUant les chefs- » d'œuvre de l'antique littérature, dit un auteur contemporain, D la presse en a tellement abaissé le prix, qu'un ouvrage qui » coûtait autrefois cent écus d'or, en vaut à peine vingt : encore » est-il bien imprimé et purgé des fautes grossières qui le désho- » noraient, à l'état de manuscrit. » Cette découverte merveilleuse n'offrait pas seulement les moyens de publicité à la propagande honnête et vertueuse. Le danger était aussi grand que l'avantage : et on le sentait dès lors. Vital de Thèbes, professeur de droit, se plaignait, en 1500, de l'audace de ces typographes, qui, alléchés par l'appât d'un gain honteux, ne rougissaient pas d'éditer des ouvrages a où l'auteur parle une langue qu'on n'avait pas même entendue dans les lupercales antiques. » Le concile de Latran eut donc à s'occuper, au point de vue de la morale et de la foi religieuse, de cette immense question de la presse.

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