‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 5 sur 192 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

qui n'a cessé depuis d'agiter et de bouleverser le monde. Le décret que Léon X publia à ce sujet, du conseatement des Pères, esl trop important pour que nous ne le reproduisions pas en entier, a Parmi les sollîcitudes qui nous pressent, une des plus 9 Tives et des plus constautes est -de pouvoir ramener, dans la » voie de la vérité, les intelligences égarées, et de les gagner à » Dieu avec le secours de sa grâce. C'est là, sans contredit, Fob- » jetde nos plus sincères désirs, de nos affections les plus tendres,

> de notre vig;il«[ice la plus active. Or, nous. avons appris, par » des plaintes élevées de toutes parts^ que l'art de l'imprimerie,

> dont l'invention s'est toujours perfectionnée de nos jours, grâce

i> à la Campeur divine , quoique très propre par le grand nombre

^ deUvres qu'il met, sans beaucoup de frais, à la disposition de

» tout le monde , à exercer les esprits dans les lettres et les

» sciences, et .à former des érudits dans toutes sortes de langues,

> dont nous aimons à voir la sainte Eglise romaine abonder,

* çarce qu'As sont capables de convertir les infidèles, de les ins-

> Inùre, et de les réunir par la saine doctrine, à la communion

* catholique, devenait pourtant une source d'abus par la témé-

» raire entreprise des maîtres de cet art; que, dans toutes les

» parties du monde, ces maîtres ne craignent pas d'imprimer,

» traduits en latin, du grec, de l'hébreu, de Tarabe, du chaldéen,

B ou nouvellement composés en latin et en langue vulgaire , des

B livres contenant des erreurs dans la foi, des dogmes pernicieux

B et contraires à la religion chrétienne, des attaques contre la

B réputation des personnes, même les plus élevées en dignité ; et

B que la lecture de tels livres, loin d'édifier, enfantait les plus

B grands égarements dans la foi et les mœurs publiques, faisait

B naître une foule de scandales et menaçait le monde de maux

B plus grands encore. C'est pourquoi, afin qu'un art si heureuse-

B ment inventé pour la gloire de Dieu, l'accroissement de la foi

B et la propagation des sciences utiles, ne soit pas perverti en un

B usage contraire et ne devienne pas un obstacle au salut des

» fidèles du Christ, nous avons jugé qu'il fallait tourner notre

» sollicitude du côté de l'impression des livres, pour qu'à l'ave-

» nir, les épines ne croissent pas avec le bon grain et que le

B poison ne vienne pas se mêler au remède. Voulant donc pour-

» voir, à temps, au mal, afin que Part de Pimprimerie prospère » avec d'autaat plus de bonheur qu*on apportera dans la suite » plus de vigilance et qu'on prendra plus de précaution ; de Fa- » vis du sacré Collège, nous statuons et ordonnons que, dans la » suite et dans tous les temps futurs^ personne n'ose imprimer ou » faire imprimer un livte quelconque dans notre ville, dans » quelque cité ou diocèse que ce soit, qu'il n'ait été examiné » avec soin, approuvé et signé, à Rome, par notre vicîdre, et îMans les diocèses, par l'évêqua ou tout autre délégué par lui, » et ayant la science compétente des matièree traitées dans Fou- » vrage, sous peine d'excommunication. t> Ce décret était une grande mesure d'ordre, sociale et religieuse. La cenrore d'un tribunal ecclésiastique, à Rome et dans chaque diocèse, si elle eût toujours été reipectée, aurait épargné au monde des désastres incalculables. En fait et en droit, une telle mesure était parfaitement justifiée. Quel est le gouvernement qui permel à ses fabordonnés de l'injurier, de couvrir ses actes d'outrages? Or, si la parole ici constitue un délit, l'imprimerie, qui n'est que la parole multipliée, reproduite, et en quelque sorte immortalisée, échappera-t-elle seule à la répression? A un autre point de vue, les pasteurs des âmes doivent-ils laisser circuler impunément, parmi le troupeau confié à leurs soins, des doctrines impies et subversives de tout ordre? Avec la mission d'être nos guides et nos pères, n'ont-ils pas reçu le pouvoir d'éloigner de nous les sources de corruption, de licence et d'impiété? En prenant donc, contre les écarts de la presse, ces mesures préventives, Léon X et le concile de Latran se montraient les gardiens de la foi et des mœurs, du repos et de l'ordre public. Ik avaient bien mérité de l'humanité. Le décret que nous venons de citer préparait de loin rétablissement du tribunal de Y Index, constitué d'une manière définitive, après le concile de Trente, et qui n'a pas cessé, sentinelle vigilante, de signaler aux générations les écueils à éviter, les maximes dangereuses à flétrir, les doctrines perverses, les théories criminelles à stigmatiser. Au moment où le Pape, dans l'intérêt du monde catholique, réglait l'usage de l'imprimerie, il érigeait à Rome le collège de la Sapience, que toutes les Universités allaient prendre pour nio-

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