‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 42 sur 192 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

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fer, il épousa publiquement une ancienne religieuse, pervertie par ses doctrines, nommée Catherine Bora. Il est vraisemblable qu'il se serait marié plus tât, s'il n'eût craint d'encourir la disgrâce de l'électeur Frédéric de Saxe, qui s'était expliqué franchement sur le mariage des prêtres et des moines, qu'il appelait « un concubi- » nage déguisé. » Il redoutait aussi les railleries d'Erasme , qui s'était moqué si hautement de Carlostadt. Mais à la mort de l'électeur, Luther s'enhardit, et son parti fut pris si promptement^ qu'il crut devoir expliquer à ses amis le motif de cette soudaine détermination, a C'est le Seigneur, dit-il, qui m'a inspiré une D telle résolution. En m'unissant à Catherine Bora , j'ai voulu n réjouir les anges et faire pleurer les démons. » Ces dernières paroles font allusion au principe qu'il soutenait depuis quelque temps, de l'obligation divine et imprescriptible du mariage pour tous les hommes. L'Europe catholique poussa un nouveau cri d'indignation en apprenant cette infamie. Mais Luther n'écoutait que la voix de ses passions, qui parlaient plus haut dans son cœur que le monde entier. Livré, sans pudeur et sans remords , à leur tyrannique empire, il réunissait ses amis à la table de son foyer conjugal et s'abandonnait à toutes les saillies <f un esprit impudique sur l'Eglise romaine, dont il avait été auiarefois le fils, et qu'il couvrait maintenant de ses grossières injures. Ses Propos de table (Tischr-reden), recueillis par des admirateurs fanatiques, et colportés dans toute l'Allemagne protestante, allaient propager au loin le scandale et le cynisme des mœurs; ils sont le monument le plus honteux de la Réforme.

10. Le mauvais exemple est contagieux. Le landgrave, Philippe de Hesse, le plus zélé et le plus puissant défenseur du protestantisme, prétendit bientôt tirer parti, à sa manière, du mariage du Réformateur. Quoique marié, il vivait depuis assez longtemps en concubinage avec une seconde femme. Il crut le moment opportun pour faire régulariser et consacrer, en quelque sorte , au point de vue religieux, le désordre de sa conduite. Il adressa donc à Luther et à Mélanchton, une lettre dans laquelle il leur représentait que, marié depuis seize ans avec la princesse Christine, fille du duc Georges de Saxe, et père de huit enfants , il avait le désir d'obtenir l'autorisation d'épouser encore, et conjointement,

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Marguerite de la Sahl, fille d'honneur de sa sœur Elisabeth. Les motifs sur lesquels il appuyait sa demande ne sont pas de nature à être reproduits par une plume qui se respecte. Luther et Mélanchton se tFOUvèrent dans une grande perplexité ; car Philippe de Hesse les menaçait , s'ils refusaient leur adhésion-, de revenir à l'Eglise catholique. Cependant il leur paraissait chose grave, après les paroles formelles de l'Evangile sur l'unité du mariage, de ramener le monde à la polygamie des patriarches. Après de longues délibérations , les réformateurs consentirent enfin et signèrent un acte qui accordait la permission demandée par le landgrave, « afin, D disent-ils, de le mettre en état de pourvoir au salut de son corps n et de son âme , ainsi qu'à la gloire de Dieu. — Toutefois , » ajoutent-ils , comme il n'est pas encore d'usage général d'avoif y> deux femmes en même temps, le landgrave devra contracter son D second mariage en secret, et seulement en présence de quelques » témoins (3 mars 1&40). » Le scandale fut grand en Europe lorsqu'on apprit cette étrange nouvelle. Il n'y eut qu*une voix pour flétrir la conduite du landgrave et la décision des chefs luthériens, qui l'avaient sanctionnée. Pour se justifier, le Réformateur parla de son autorité suprême, qui lui permettait, en certaines circons* tances, de s'élever au-dessus des lois ordinaires et de se prononcer en dehors des coutumes reçues. C'était affirmer son propre pouvoir quand il niait celui de l'Eglise catholique , et avouer solennellement qu'il n'avait voulu détruire la suprématie des Papes que pour la reconstituer à son profit. Du reste, toutes ces contradictions n'embarrassaient ni Luther, ni ses adhérents. On laissait aiix théolo^ giens catholiques le soin de les faire remarquer, et à peine se préoccupaiiron de leur répondre.

11. La Westphalie était devenue le théâtre de nouvelles luttes et de nouveaux excès. Dans les premiers jours de Tannée 1533 y la ville de Munster avait vu entrer dans ses murs deux prédicants, revêtus d*un costume étrange, qui parcouraient les rues en criant : « Faites pénitence ; la vengeance du Père céleste approche I d Les nouveaux prophètes étaient l'aubergiste Jean Bockelson, si connu sous le nom de Jean de Leyde, et le bourreau Enipperdolling. La réforme de Luther avait tout d'abord exalté ces deux fanatiques, qui s'étaient jetés depuis dans le i^arti des Anabaplisles, et es-

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fuyaient de relever le drapeau des paysans , ahattu à la sanglante bataille de Franken-Haren. L'illuminisme parait avoir fait le fond de leur doctrine ; ils affectaient de prêcher la mortification et la pénitence , tout en pratiquant la polygamie ; ils rejetaient Tautorité de l'Eglise, ses lois, ses institutions et ses dogmes, prétendant que l'Esprit-Saint les instruisait lui-même dans des extases et des visions célestes. Le peuple, effrayé de leurs menaces et de leurs cris lugubres, ne tarda pas à grossir le nombre de leurs adhérents. Une foule immense se pressait chaque jour autour de Jean de Leyde pour recevoir de lui le baptême. Le prophète se fit bientôt le ministre des vengeances célestes qu'il annonçait. Quand il se crut assez fort, û attaqua à main armée les troupes du prince de Waldeck, évêque de Munster, et parvint à se rendre msdtre de la ville, n signala sa victoire par le pillage et l'incendie des églises et des monastères. Tous les livres et les manuscrits autres que la Bible, lui furent apportés avec les images et les statues des saints, n ordonna qu'on détruisit tous ces a instruments de l'idolâtrie catholique. » Ces auto-da-fés s'exécutèrent au milieu de danses et de pompes profanes. Quelques jours après la vil^e de Munster reçut solennellement le nom de Cité de Sion , et Jean de Leyde , le titre de Soi du nouvel Israël. Mathiesen , un boulanger de Munster, prit le titre officiel de Prophète, et Enipperdolling fut nommé généralissime des armées du Seigneur. Jean de Leyde entoura sa royauté éphémère de splendeurs orientales ; il eut des gardes , une cour brillante et un sérail. Ce dernier point excita quelques murmures ; un malheureux s'étant permis quelques critiques à ce sujet, fut saisi par ordre du nouveau roi, et eut la tête tranchée. Cependant le prince, évêque de Munster, était venu, avec une armée catholique levée à ses frais, mettre le siège devant la viUe rebelle. Jean de Leyde se défendit pendant six mois, après lesquels il tomba entre les mains des assaillants. Son supphce et celui de ses adhérents délivrèrent Mimster de sa tyrannie et furent le digne châtiment de tant de monstruosités et de crimes (23 janvier 1536).

12. Le protestantisme, comme un torrent dévastateur, étendait ses porogrès dans toute l'Allemagne. Les fureurs des paysans déchaînés, les extravagantes folies des anabaptistes auraient dû

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retenir les princes dans une voie si dangereuse pour leur autorité ; mais ils cédèrent à d'autres motifs. L'électeur Frédéric de Saxe , le landgrave Philippe de Hesse et le prince d'Anhalt s'étaient déclarés les piremiers. On vit ensuite entrer successivement dans la Réforme, les Etats du Nord, la Prusse (1 523) par l'apostasie d'Albert de Brandebourg, grand-maître de l'ordre teutonique, qui consentit ainsi à acheter une couronne au prix d'un sacrilège. Sa* défection entraîna celle de la livonie, de la Courlande et de la Silésie. La Suède, pervertie par son roi, Gustave Vasa, le Danemarck, par Christiem II et son successeur Frédéric P' (1523), embrassèrent également la Réforme. La Norwège suivit immédiatement leur exemple , et l'Islande , quelques années plus tard, recevait aussi la nouvelle hérésie. Les souverains étaient surtout attirés au luthéranisme par les possessions du clergé que la Réforme livrait entre leurs mains. Les nobles y voyaient im moyen 4b se soustraire à l'autorité des évèques , et de s'emparer des richesses monastiques qu'ils convoitaient ; les mauvais clercs et les religieux indignes de leur vocation , ambitionnaient la liberté de suivre leurs penchants. Les populations égarées à la vue de tant de scandales, suivaient le mouvement qui entraînait le monde vers la corruption et le débordement des mœurs. Il faut dire encore que les peuples du Nord récemment convertis au christianisme , et dont l'instruction était trop souvent négligée par un clergé infidèle à ses devoirs, se trouvaient livrés par leur ignorance même à toutes les séductions des novateurs. A ces causes générales se réunissaient des causes locales , les rivalités , les raisons politiques et autres, même les plus légères, qui décidèrent en plus d'un lieu la révolution religieuse. Malgré toutes ces causes ^ réunies ou séparées, la Réforme rencontra souvent une opposition vigoureuse qui en retarda le triomphe. Ce ne fat, en certains états, qu'après une lutte de plusieurs années qu'elle parvint à s'établir définitivement et à se maintenir par l'oppression des catholiques.

13. Les luthériens avaient envoyé leurs émissaires en France ; mais la vigilance du gouvernement et l'attachement de la nation à la foi de ses pères, avaient jusque-là réussi à rendre inutiles tous leurs efforts. François P% à la tète de sa cour et accompagné

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du clergé de Paris, avait, dans une procession solennelle , rétabli une image de la sainte Vierge, outrageusement mutilée par un protestant. Il avait déclaré que , « roi très chrétien , il ne souffiri- » rait pas dans son royaume l'établissement d'une secte qui ne se » proposait rien moins que l'anéantissement de l'Eglise. i> Ce prince, après une nouvelle guerre, glorieusement soutenue contre Charles-Quint, par le maréchal, puis connétable de France, Anne de Montmorency (1536) , avait, par la médiation de Paul III , signé, à Nice, une trêve de dix ans avec son rival. Le Pape s'était rendu en personne à cette conférence célèbre et avait voulu suivre lui-même toutes les négociations pour mieux en assurer le succès, n avait exigé, après la ratification du traité, que les deux princes se vissent à Aigues-Mortes. Les ennemis, naguère irréconciliables, et qui s'étaient traités jusque-là d'une manière si outrageante, se donnèrentalors toutes lesassurancesd'une amitié fraternelle (1 538). Pour fournir à l'Europe une preuve plus évidente encore de la siaCiérité de leurs dispositions bienveillantes, l'année suivante (1529) , Charlesp^uint était reçu à Paris, par François P% avec une magnificence toute royale, lors d'un voyage en Flandre, où il allait combattre les Gantois révoltés. Le roi de France profita des loisirs que lui laissait la trêve pour remédier aux désordres qui s'étaient introduits dans ses étais, à la suite de guerres si longues et si désastreuses. L'âge et l'expérience avaient mûri son caractère; une sage économie avait remplacé ses prodigalités; enfin, à la légèreté de la jeunesse avaient succédé Tiq^plication et le soin des affaires. A l'exemple de Léon X et des Médicis, il encouragea les sciences, les lettres et les arts par de nombreuses récompenses accordées à ceux qui les cultivaient, « ne voulant pas, » disait-il, que les lettres fassent des filles sans dot. y> H ouvrit dans son royaume un asile aux savants étrangers, enrichit la Bibliothèque d'une infinité de manuscrits pr^eux, fonda Vlmpri-merie royale et créa le Collège de fronce pour l'enseignement du latin, du grec, de l'hébreu, des mathématiques, de la médecine et delà philosophie. L'amour des sciences et le goût des lettres entrèrent peu à peu dans les habitudes nationales, et signalèrent ce mouvement des esprits en France qui s'appela la re^ naissance*

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14. Malheureusement, au milieu de cette vie intellectuelle qui renaissait de toutes parts , au sein de la prospérité matérielle gue la paix venait de rendre au royaume, la France eut aussi son Luther. Jean Calvin (son vrai nom était Cauvin) naquit à Noyon, en Picardie (1500), d'un tonnelier qui obtint la charge de notaire fiscal et de secrétaire de l'évêché. Grâce aux secours qu'il reçut de la noble famille de Montmaur, il put se livrer à l'étude des lettres et du droit canonique, dans les universités de Paris , d'Orléans et de Bourges. Si nous exceptons la théologie, qu'il étudia moins, le jeune écolier eut généralement des succès. Mais il joignait un mauvais caractère à des mœurs infâmes (1). Il se lia, à Bourges , avec un jeune homme dont les poésies licencieuses avaient déjà fait une des célébrités scandaleuses de l'époque. C'était Théodore de Bèze, originaire de Vézelai en Bourgogne, et qui était destiné à devenir l'im des patriarches du protestantisme en France. Des esprits de cette trempe goûtèrent facilement les nouvelles doctrines que les luthériens importaient alors d'Allemagne. Elles leur furent communiquées par Wolmar, un de leurs professeurs à Bourges, et Calvin en devint bientôt im partisan zélé. Le dogme de la justification le préoccupa surtout. Ses discours trop libresen faveur de la Réforme l'obligèrent, sur la réquisition de la Sorbonne, de quitter Paris. Après de nombreuses migrations, il vint à Bâle (1534), où il entreprit d'implanter son nouveau système religieux, qu'il formula dans son grand traité des Institutions de la Religion chré-tienne. La pensée de Calvin suit les traces de celle de Luther et de Zwingle (2). Cependant tout y est dans im ordre plus sévère et plus rigoureux. Calvin s'éloigne de Luther quand il accorde à î'honmie ime sorte de liberté que le réformateur saxon lui refuse entièrement. Toutefois il soumet, plus formellement encore que Luther et Zwingle, ce reste de liberté à la prédestination divine ; car ce qui domine dans Calvin et le caractérise, c'est la doctrine de la prédestination absolue, développée avec une rigueur fanatique jusqu'à des conséquences absurdes. Tandis que Luther ne voit dans le péché originel qu'une simple privation de forces

(1) M. Blanc, t. il, p. 273.

(^) M. Aizog, t. m, p. 92.

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{privatio virium) , Calvin y recoimait une dépravation forcée et prédominante qui incline toutes les facultés humaines au mal sans qu'elles puissent jamab, malgré tous leurs efforts^ se relever vers la pratique du bien. D'après Calvin, Dieu, auteur primordial du bien et du mal, a, de toute éternité, rejeté une partie de ses créatures et les a destinées à des peines étemelles, afin de manifester en elles sa justice. Pour avoir de justes motifs de haine et de punition, il a contraint le premier honune à la chute par le péché , et a enveloppé toute la postérité d'Adam dans sa révolte. Les péchés actuels sont imposés aux hommes par la volonté divine qui pousse au crime ceux qu'elle prédestine à la damnation. Tel est le sens de cette sombre théorie qui s'appela la doctrine des Décrets nécessitants. Le libre arbitre n'existe plus. L'homme est fatalement voué à des actes dont il subira le châtiment et qu'il n'est pas en son pouvoir de conunettre ou de ne conunettre pas. La tyrannie d'un Dieu qui punit des péchés dont il est lui-même le premier auteur n'e&ayait pas Calvin. Il la professait ouvertement, explicitement, a Parmi les hommes, disai1>-il, les uns sont 9 créés pour la vie, les autres pour la mort étemelle. Leur sort est V irrévocablement fixé, quelle que puisse être leur conduite. » Par un parallélisme rigoureux , Calvin suivait la même route , dans un sens opposé, pour expliquer la doctrine de la justification. L'homme est forcément sauvé, de même qu'il est damné malgré hii. n n'y a pas plus de mérite à être un saint qu'un réprouvé ; ions deux sont les instruments passifs d'une volonté qu'ils subissent sans pouvoir la modifier. On comprend dès lors l'orgueil excesâf du calviniste qui se croit élu, et la licence effirénée du calviniste qui se croit condanmé. Malgré la rigueur exclusive de ses opinions et son caractère inflexible, il ne parsdt pas avoir pris parti pour l'une ou l'autre des idées protestantes sur la Cène. «Je 9 le déclare , dit- il , il n'est pas moins absurde de placer le corps 9 du Christ sous le pain, que de l'unir avec le pain, que de trans^ 9 substantier le pain en son corps. » Enfin Calvin se montra le constant ennemi des formes , l'ardent destructeur de toute cérémonie extérieure, le détracteur amer de tout ce qui embellit le coite, élève l'esprit et nourrit le sentiment. 15. La sombre doctrine de Calvin paraissait devoir en éloigner

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les hommes. Mais Terreur a besoin de cdtés spécieox pour séduire. L'austérité apparente du nouveau dogmatisant fat précisément ]e point par lequel il s'attira des sectateurs. Calvin, du reste, apportait au service de ses doctrines une logique serrée et une érudition qui pouvaient fecilement faire illusion aux esprits faibles. Loin de vouloir, comme les réformateurs saxons, s'élever contre toute l'antiquité ou bannir du monde chrétien la littérature classique et la philosophie grecque, il reconnaissait tout ce qu'il y a de science, de trésors d'éloquence et de dialectique dans les Pères de l'Église et dans les théologiens de l'école ; il estimait les auteurs grecs et latins, poètes et philosophes, et faisait en toute occasion preuve de sagacité. S'il ne fat pas tout à fait original, et s'il emprunta certaines idées à Luther, il les développa du moins avec précision et dans un ordre mélodique. Du reste, il se servit trop souvent, comme Luther, de paroles grossières, injurieuses et blasphématoires. C'est la même intolérance et la même haine du catholicisme. Ses adversaires étaient toujours des fripons , des ânes, etc. , et sa controverse est perpétuellement émaillée d'épithètes de ce genre.

16. Après un assez long séjour à Bàle, Calvin se rendit à Genève, qui fut dès lors le principal théâtre de ses entreprises schismatiques. Il y fut retenu par Guillaume Farel et Pierre Viret, deux prédicants luthériens qui répandaient les nouvelles doctrines religieuses dans la Suisse française, et surtout dans le pays de Yaud. Le duc de Savoie voulant faire valoir ses droits sur Genève, les Genevois s'allièrent avec le canton de Berne, et {or\& de son appui, parvinrent à échapper à la domination du duc. Mms cette alliance ouvrit la porte au protestantisme. L'évèque lança l'excommunication sur la ville rebelle. Ce fat le signal d'une violente réaction contre le catholicisme. Les autels forent renversés, les images détruites, les fidèles emprisonnés ou bannis ; et ainsi le culte nouveau fat inauguré au milieu et sur les ruines des églises. Calvin venait d'arriver à Genève (1536) ; il acheva ce que Farel et Yiret avaient commencé. Il fit passer un décret qui obligeait tous les citoyens d'abjurer la religion catholique. H interdit tout spectacle, toute danse, tout plaisir bruyant, « indignes, di- » sait-il, de la gravité du chrétien. » Les conversations mêmes

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