‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 6 sur 192 · CHAPITRE PREIOER. A · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREIOER. A

vi^^ réunir tout ce que j^jfliie p^sédait de pltis gin^^lhB lettres et dans les sciences, f concile de Latran ne négligea aucune des questions qui lîjuit le bieii-étre'^ général. L'usure avait été la plaie 4u moyen âjîie. Les populations étaient livrées à la rapacité des Jtdfs^ qui prêtaient à un taux énorme et avaient fini par absorber toutes les richesscia de la chrétienté. Plus d'une fois^ surtout à r^qae des croisades, les princes avaient engagé leurs terres ouleur^Toyanmes pour se procurer les sommes nécessaires aux frais de Fexpédition. Mais les pauvres surtout étaient pressurés parles exactions dns fila d'Israël. Un moine récollet (1), nommé Barnabe, de Pérouse, vers le milieu du xvi* siècle, eut le prenùer Fidée de soustraî|p% monde à la tyrannie des usuriers. Il pr<^)06a de faire dans la ville une quête générale, dont le produit serait employé à fonder une banque qui viendrait en aide aux indigeqjtB. Dieu mit dans sa voix quelque chose d'entraînant, car il avait à peine exposé son idée que tous les habitants de Pérouse^ à l'appel de l'orateur, apportèrent des bijoux, des pierres précieuses, dêfor, de l'argent en abondance pour former les premiers fonds de cette charitable institution, qu'on nomma Mont-de-piéllL La création du pauvre moine se répandit bientôt dans toutes les cités de l'Italie. L'ouvrier ne fut plus obligé de s'adresser au juif dans un moment de détresse. En engageant quelque objet^de son pauvre ménage, il recevait, en échange, une somme d'argent qu'il était obligé de rendre dans un court délai, mais sans autre intérêt qu'une somme minime, destinée aux frais de l'administration. Cependant cette institution, comme toute innovation réellement utile, eut des détracteurs. Quelques théologiens pré^tendirent y trouver tous les caractères de l'usure sous une autre forme. La discussion fut vive; les écrits les plus violents se succédaient des deux côtés, sans que la question fût résolue. On la soumit à la décision du concile de Latran. Les Pères, auxquels l'examen avait été déféré, étaient connus par leur savoir et leur charité. La délibération fut longue, les livres nombreux des adversaires et des apologistes furent étudiés et comparés, et,

(1) Fii^} mineur de rétroite observance.

quand il ne resta pttis aucune objection sérieuse à résoQdire, l'autorité parla. Léon X fit donner lecture du décret. Après une brève exposition de la dispute, le Pape reconnaît qn'un vif amour de la justice, un zèle éclairé de la vérité, une cbarité ardente envers le procbain, ont animé ceux qui soutenaient ou combattaient les monts-de-piété : mais il déclare ensuite qu'il est temps, dans l'intérêt de la religion, de mettre fiu à des débats qui compromettent la paix du monde cbrétîen. Celui à qui Jesus-Gbrist commit le soin des âmes, le gardien des intérêts du pauvre, le consdateur de tout ce qui souffre, défend de poursuivre, comme usuraires, des établisaemenls institués et approuvés par Fautorité du Siège apostolique, où l'on perçoit de l'emprunteur une somme modique pour couvrir Ids dépenses indispensables à la gestion de ces établissements. Il les approuve comme de véritables institutions de charité qu'il est utile de protéger et de répandre.

8. La pacification générale de la chrétienté était l'objet qui préoccupait le plus vivement le cœur de Léon X. Un décret fut lu au concile de Latran dans ce sens. Des nonces furent envoyés tgix diverses coui» de l'Europe pour faire pénétrer ces idées, et lesiaire adopter par les princes. Le Pape, fidèle auV, traditions de ses prédécesseurs, songeait à préparer contre les Turcs une expédition formidable. Magnifique pensée, digne du chef de la chrétienté, que la coupable indifférence des souverains ne permit pas de réaliser. — L'étude exclusive des auteurs grecs et latins, et la prédominance du système platonicien, au milieu du mouvement intellectuel de la renaissance, avaient accrédité, dans le monde savant, et même parmi les théologiens, une erreur, renouvelée du paganisme, sur la nature de l'àme. Le mens agitât molem de Virgile avait séduit les humanistes de cette époque; ils prétendaient que l'âme du monde, unique et universelle, donnait la vie à tous les êtres, et était la même pour tous les hommes, se transformant dans chaque individu, et subissant les modifications inhérentes aux diverses natures. Outre cette âme générale et commune à tous, ils en admettaient une autre, qu'ils nommaient intellective, et qui, suivant eux, était mortelle et s'anéantissait avec le corps. Un décret spécial du cwicile de

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