‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 60 sur 192 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

» crivain protestant Ranke , il sut se décider à f sdre violence-à son » eœur, et sacrifier aux devoirs de la Panante son affection pour » ses parents. »

23. Dès ce moment, la réforme de l'Eglise devint son unique pensée , et il ne passa pas un jour sans y travailler. Le temps seul lui manqua pour reprendre le concile de Trente, dont les guerres, qui remplirent son pontificat, avaient empêché la convocation. Mais s'il ne put le réunir, il prépara du moins, par de sages règlements, les principaux décrets de réforme que le concile publia plus tard. L'administration des affaires temporelles , la discipline ecclésiastique, les ordres religieux^ les mceiu^s publiques et privées , rien n'échappa à son vigilant contrôle. Pour arriver au résultat qu'il se proposait, il déploya une énergie et une sévérité qui lui valurent d'honorables inimitiés. H rétablit l'inquisition à Rome et détermina l'étendue de sa juridiction. Tant de soins, de sollicitudes et d'embarras, joints au fardeau de près de quatrevingt-quatorze ans , accablèrent le Pape et ne tardèrent pas à le conduire au tombeau. L'année qu'il eût voulu marquer comme la première de son pontificat, en devait être la dernière. Sentant sa fin approcher, il fit venir les cardinaux près de son lit de mort , leur demanda pardon des fautes et des négligences qu'il avait pu commettre dans le cours de son règne, les exhorta à une parfaite union et à travailler de tout leur pouvoir à lui choisir im successeur capable de veiller aux intérêts de l'Eglise. Quelques jours après (18 août 1559), il expira en prononçant ces paroles du psaume 51 : Lœtatus sum in his quœ dicta sunt mihi : In domum Domini ibimus, La popularité qu'on achète si souvent au prix de sa conscience et de son honneur, Paul IV l'avait méprisée. Les Romains s'en vengèrent en insultant à sa mémoire. Ils brûlèrent le palais de l'Inquisition et brisèrent les statues qu'ls lui avaient eux-mêmes élevées au commencement de son pontificat. La même année vit mourir saint Ignace, comblé de vertus et de mérites. H eut pour successeur Jacques Laynez.

24. Cependant une révolution nouvelle avait suivi en Angleterre la mort de la reine Marie. Sa sœur Elisabeth, issue du mariage adultère de Henri \in et d'Anne de Boulen, lui succéda. Sous le prêchent règne, Elisabeth, élevée jusque-là dans le pro-

testantisme, avait édifié tout le monde par son zèle pour la religion catholique. Non seulement elle assistait, avec une régularité ^fectée j à la messe , mais elle avait encore , dans l'intérieur de ses appartements, une chapelle ornée avec pompe et desservie par un prêtre catholique romain ; un confesseur était même attaché officiellement à sa personne. Cependant Marie avait toujours douté de la sincérité de ces démonstrations extérieures ; et à l'article de la mort, elle avait poussé la sollicitude jusqu'à implorer de sa sœm^ un libre et franc aveu de ses opinions religieuses. L'hypocrite Elisabeth n'avait répondu à cette preuve si touchante d'attachement qu'en priant le Dieu tout-puissant de permettre que la terre s'entrouvrit et l'ensevelit à l'instant même, si elle n'était invariablement attachée de cœur et d'âme à la religion catholique^ apostolique et romaine. C'était là un horrible parjure. Le premier acte de la nouvelle reine fut de rappeler à la cour les partisans de la prétendue réforme qui en avaient été bannis par sa sœur. Les prisonniers pour cause de religion furent mis en liberté. L'évêque de Winchester avait été chargé de prononcer l'oraison funèbre aux obsèques de la reine Marie. Il fut jeté en prison par ordre d'Elisabeth pour avoir insisté dans son discours sur le rétablissement du catholicisme en Angleterre. Tout se préparait donc pour une apostasie qui cessa d'être secrète lorsqu'une proclamation royale intervint pour défendre au clergé caiholique de prêcher en public, et qui soumettait le choix définitif du culte à observer en Angleterre , à une commission du Parlement qui en délibérerait de concert avec la reine et les trois Etats du royaume.

25. Cependant le pape Paul IV avait refusé de reconnaître la légitimité d'Elisabeth, et avait déclaré que, par droit d'hérédité , le trône d'Angleterre appartenait à Marie Stuart, reine d'Ecosse, comme la plus proche parente légitime de Henri YIII. Cette princesse avait été mariée^ en 1558^ au Dauphin de France, qui fut depuis François II. Catholique sincère, elle eût suivi sur le trône la ligne religieuse de la reine Marie Tudor, et son mariage avec le futur héritier du royaume de France promettait au monde la fin des hostiUtés qui divisaient depuis si longtemps îes deux pays. Mais Marie Stuart ne devait trouver en Angleterre qu'une mort

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