‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 67 sur 192 · PB IV · texte numérisé non relu

PB IV

décret de réformation relatif aux mœurs cléricales renfermait onze chapitres. — Les évêques sont chargés de veiller à la conduite, la régularité, la science des clercs. — On détermine les qualités que doivent avoir les prêtres chargés d'administrer les églises cathédrales. — Les dispenses expédiées par la cour de Rome seront commises à l'évéque à qui appartiendra la juridiction pour les fulminer. — Les évêques sont constitués exécuteurs de tous les legs pies, et visiteurs des hôpitaux qui ne sont pas sous la protection immédiate des rois. Les administrateurs des biens ecclésiastiques devront rendre compte de leur gestion entre les mains des prélats , à moins qu'il ne soit autrement spécifié dans l'acte de fondation. — Enfin on décernait des peines sévères contre les spoliateurs des églises et les détenteurs injustes des revenus ecclésiastiques.

8. La nouvelle de la prochaine arrivée du cardinal de Lorraine que Charles IX annonçait comme son ambassadeur, engagea les Pères à proroger jusque-là leur vingt-troisième session. On était à une époque de crise. A l'occasion du sacrement de l'Ordre, on traitait de l'institution des évêques ; il s'agissait de déterminer si cette institution est divine ou si les évêques tiennent médiatement leur mission du Pape. Jamais article ne fut plus fortement débattu; jamais les avis ne furent proposés et soutenus avec plus de vivacité. « L'orage fut si violent, dit le cardinal Pallavicini, » que Tespérance qu'on avait conçue du rétablissement de la paix )> dans l'Eglise^ se changea en désespoir. » Il fallut toute l'habileté et toute la vertu de saint Charles Borromée, sa longanimité, sa douceur et sa fermeté réunies, son ascendant sur l'esprit du Pape, son onde , son talent d'insinuation auprès des légats et des Pères du concile, pour ramener enfin les partis contraires à un accord raisonnable. L'arrivée du cardinal de Lorraine à Trente interrompit un instant la discussion. Ce grand homme fut accueilli avec des honneurs extraordinaires. Tous les Pères allèrent au devant de lui et tinrent une congrégation générale où il prononça un discours aussi éloquent que vif et profond sur les devoirs du concile et les espérances que sa vocation avait fait naître au sein de l'Europe catholique. La délibération sur l'institution des évêques reprit ensuite son cours. Tout le monde convenait que le

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pouvoir de TOrdre leur vient immédiatement de Jésus-Christ; mais on se divisait sur l'origine de leur juridiction. Les uns Tattribuaient immédiatement à Jésus -Gluîst; les autres prétendaient qu'elle ne leur est communiquée que médiatement, par l'oigane du souverain Pontife. Le cardinal de Lorraine réussit JL assoupir ces querelles purement spéculatives, qui n'intéressaient 4]ue médiocrement la pratique. « Les hérétiques , disait-il , pro- » fitent de vos discussions intestines pour continuer leurs ravages. y> Us soutiennent que les prélats institués par le Pape ne sont pas )> de vrais et légitimes évêques ; voilà précisément ce qu'il faut » condamner sans soulever des questions oiseuses et peut-être in- » solubles. «> C'était le parti le plus sage et il finit par l'emporter. — La mort des cardinaux de Mantoue et Séripand, légats du Pape et présidents du concile , vint encore apporter un nouveau retard aux délibérations. Pie lY les remplaça par les cardinaux Morone et Navagero. Aussi distingués par leur prudence et leur profonde ec»maissance des hommes , que dévoués aux intérêts du Saint- Siège, les nouveaux légats répondirent à la confiance du souverain Pontife. Us terminèrent avec bonheur un différend surventi entre les ambassadeurs d'Espagne et de France sur la préséance de leurs deux souverains et purent enfin tenir la vingt-troisième session.

9. Elle eut lieu le 1 5 juillet 1 563. On y promulgua la doctrine relative au sacrement de TOrdre, qui avait donné lieu à tant de discussions, a Comme la fonction du sacerdoce, disent les Pères, T> est une chose toute divine, afin qu'elle pût être exercée avec » plus de dignité et de respect, il a fallu qu'il y eût plusieurs or- 1» dres de ministres attachés au service de l'autel ; en sorte que les y> clercs, séparés par la tonsure du reste des fidèles, fussent ensuite » élevés aux ordres majeurs en passant par les moindres. Car les D saintes Écritures parlent, en termes formels, non seulement des fi prêtres, mais encore des diacres; et elles indiquent clairement 9 ce qu'il faut observer dans leiœ ordination. Quant aux ordres » suivants, savoir : sous-diacres^ acolytes , exorcistes, lecteurs et » portiers, on voit que, dès l'établissement de l'Église, les noms D et les fonctions propres à chacun d'eux étaient en usage, mais V dans des degrés différents : car les Pères et les saints conciles

ï> mettent au rang des ordres majeurs le sous-diaconat, et ils par- » lent souvent des autres ordres inférieurs. Si quelqu*un dit que, » dans le Nouveau Testament, il n'y a point de sacerdoce visible » ou extérieur, ou qu'il n'y a pas une certaine puissance de con* » sacrer et d'offrir le vrai corps et le vrai sang de Notre-Seigneur, » de remettre et de retenir les péchés ; mais que tout se réduit à » une commission et au simple ministère de prêcher l'Évangile ; D ou que ceux qui ne prêchent pas ne sont aucunement prêtres : y) qu'il soit anaûième ! — Si quelqu'un dit que , outre le saceiv » doce, il n'y a point dans l'Eglise catholique d'autres ordres ma- » jeurs et mineurs, par lesquels, comme par certains degrés , on x> monte au sacerdoce , qu'il soit anathëme ! — Si quelqu'un dit » que l'Ordre ou l'ordination sacrée n'est pas véritablement et » proprement un sacrement institué par Notre-Seigneur Jésus- » Christ; ou que c'est une invention humaine, ou bien que ce » n'est qu'une pure cérémonie employée dans le choix des minis- » très de la parole de Dieu et des sacrements : qu'il sôit anathëme I » -^ Si quelqu'un dit que , dans l'Église catholique , il n'y a pas D une hiérarchie établie par l'ordre de Dieu et composée d'évê- » ques, de prêtres et de ministres : qu'il soit anaUiëme I — Si D quelqu'un dit que les évêques ne sont pas supérieurs aux j> prêtres ou n'ont pas la puissance de conférer les sacrements de » Confirmation et d'Ordre ; ou que celle qu'ils ont leur est corn— » mune avec les prêtres; ou que les ordres qu'ils confèrent, sans » le consentement ou l'intervention du peuple ou de la puissance » séculière sont nuls ; ou que ceux qui ne sont ni ordonnés ni en- » voyés légitimement par la puissanceecclésiastique etcanonique, » mais qui viennent d'ailleurs, sont néanmoins des ministres léx> gitimes de la parole et des sacrements : qu'il soit anaihème ! — » Si quelqu'un dit que les évêques établis par l'autorité du Pon- )» tife romcdn ne sont pas de vrais et légitimes évêques, et que D leur institution est une invention humaine : qu'il soit ana- » thème ! » Ainsi la sainte Église de Dieu, toujours vivante depuis saint Pierre jusqu'à Pie lY , résumant en eUe tous les siècles, toutes les générations, toutes les promesses, toutes les grâces exposait à Trente la divinité de son sacerdoce et de sa hiérarchie. Le décret de réformation publié en même temps que les canons

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