SIXTE-QUINT
l'éclat de la oaissance et de la fortune, elle ne craignait pas de descendre aux noms les plus obscurs et de les élever jusqu'au trône pontifical. Sixte -Quint, qui succéda à Grégoire XUI (24 avril 1585), était de ces derniers. H descendait d'une famille slave, réfugiée en Italie depuis les premières invasions des Ottomans dans l'Elyrie et la Dalmatie. Son aïeul, Zanetto Peretti, établi à Montalto, épuisa toutes les misères de l'exil ; son père quitta cette ville pour échapper à ses créanciers. Il se retira à Grotta-Mare, non loin de Ferino. C'est là que vint au monde le grand homme qui devait s'appeler Sixte-Quint. On lui donna^ comme par un heureux augure, le prénom de Félix. Trop pauvre pour aspirer à une éducation même ordinaire, le jeune Félix ne dut qu'à son opiniâtreté d'apprendre à lire et à écrire. Il gardait les pourceaux de son père, et c'est pendant de longues heures passées dans les champs qu'il fut à lui-même son propre précepteur. Cette cbconstance le fit adopter par un religieux franciscain, qui se chargea de développer les trésors que recelait cette vigoureuse nature. Entré plus tard dans l'ordre de son bienfaiteur, il se distingua, à l'assemblée générale de 1549, par des thèses théologiques soutenues avec le plus brillant éclat. Ce succès lui valut l'appui du cardinal Pio di Carpi, protecteur des Franciscains. Dès lors ses progrès furent rapides. Saint Pie Y le nomma cardinal et l'employa dans ses plus importantes affaires. Après la mort de ce Pontife, Peretti, qui avait pris le nom de Montalte, se retira dans une solitude laborieuse, où il passait ses jours, exclusivement occupé à l'étude et à la méditation. Ce fut de là que la Providence l'appela au gouvernement du monde.
8. Le nouveau Pape avait, au plus haut degré, les dons nécessaires au commandement. Son caractère ferme et résolu ne connaissait aucun obstacle et ne savait plier devant aucime nécessité. Son histoire est remplie de traits qui prouvent son inflexible sévérité. Du reste, les romanciers se sont emparés du nom glorieux de Sixte-Quint et en ont fait celui d'un personnage presque fabuleux, tant ils ont accumulé d'anecdotes invraisemblables sur son compte. Le principal auteur de ces fables est l'écrivain satirique Grégorio Léti, né à Milan (1630), qui se fit calviniste à Genève, et, après une vie de débauches, se créa une