‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos joursChapitre 135 sur 324 · chapitre vn · texte numérisé non relu

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1 0. L'épée des chrétiens n'était pas moins active qne lenr génie. Le ponUficat d Adrien IV voyait naître, enEspagne, les nouveaux ordres militaires de Calatrava, d'Alcantara, d'Evora, de Saint- Michel et de Saint-Jacques de Compostelle. La religion armait ainsi sur les frontières de la catholicité, une génération de héros prêts à mourir pour sa défense.

g *. Pontifient d'Alezaadre m (7 septembre HS9-S0 moi 1181).

11. € L'homme peut-être qui, au moyen âge, mérita le plus » du genre humain, fut le pape Alexandre III. Ce fut lui qui » dans un concile, au xn« siècle, abolit, autant qu'il le put, la > servitude. C'est ce même Pape qui triompha dans Venise, par » sa sagesse, de la violence de l'empereur Barberousse, et qui » força Henri II, roi d'Angleterre, à demander pardon à Dieu et » aux hommes du meurtre de Thomas Becket. Il ressuscita les i droits des peuples et réprima le crime dans les rois. Avant ce . temps, tonte l'Europe, excepté un petit nombre de villes, était » partagée entre deux sortes d'hommes : les seigneurs des terres, » soit séculiers, soit ecclésiastiques et les esclaves. Les hommes » de loi qui assistaient les chevaliers, les baillis, dans leurs ju<*e- » menu, n'étaient réellement que des serfs d'origine. Si les i hommes sont rentrés dans leurs droits, c'est principalement au » pape Alexandre qu'ils en sont redevables; c'est à lui que tant » de villes doivent leur splendeur. » L'écrivain qui parle ainsi d'un Pape, c'est Voltaire, l'éternel ennemi de la Papauté. Alexandre III acheta, si l'on peut parler ainsi, la gloire d'un pareil éloge par vingt années de persécutions, d'exil, de luttes et de proscriptions, souffertes avec un courage inébranlable et une héroïque constance. Sa patience fut égale à ses malheurs ses triomphes n'altérèrent jamais sa modestie. Dès le jour de son élection, on put prévoir les orages qui attendaient son pontificat. Après les funérailles d'Adrien IV, les cardinaux, assemblés à Saint-Pierre, réunirent sur lui leurs suifrages. Trois seulement protestèrent contre son élection, et nommèrent précipitamment le cardinal Octavien, qui se fit ouvrir, à main armée, les portes

258 ALEXANDRE ni (1159-1181).

de l'Eglise, et prit le nom de Victor III. Une minorité factieuse inaugurait ainsi un schisme qui devait avoir les conséquences les plus déplorables.

12. Alexandre III , cédant à la violence, quitta Rome et se fit sacrer au monastère de Santa Nympha (20 septembre 1159), par Ilubald, évêque d'Ostie. De son côté, le i octobre suivant, l'antipape Victor III se faisait couronner au monastère de Farfa, par révoque de Tusculum. Les deux concurrents écrivirent aussitôt à l'empereur Frédéric, cbacun dans le but de faire reconnaître son élection. Ce prince avait des motifs particuliers de haine contre Alexandre III. C'était lui qui, n'étant encore que cardinal, avait été chargé, par Adrien IV, de porter à Barberousse la fameuse lettre qui brouilla les deux souverains. L'empereur se déclara donc pour l'antipape. Voulant toutefois garder une apparente neutralité, il écrivit aux deux prétendants que, pour faire cesser le schisme, il avait résolu d'assembler un concile à Pavie , et d'y examiner la cause avant de rendre un jugement définitif. Les évêques de Prague et de Verdun furent chargés de transmettre à Alexandre III l'expression de la volonté impériale, c Nous reconnaissons l'empereur pour le défenseur armé de t l'Eglise romaine, répondit le Pape ; mais jamais en notre per- » sonne ne sera violé le privilège donné par Jésus-Christ à saint » Pierre. L'Eglise romaine juge toutes les autres, et n'est sou- > mise au jugement d'aucune. Nous sommes prêt à donner notre 9 vie pour la défense de ses droits, t Ces nobles paroles produisirent l'eiFet qu'on en pouvait attendre : les députés de l'empereur se rendirent immédiatement près de l'antipape, se prosternèrent à ses pieds et lui jurèrent fidélité au nom de leur maître. Un concile de prélats courtisans se réunit à Pavie (5 février 1160), confirma l'élection de Victor III et excommunia le souverain pontife Alexandre, c qui refusait, disaient les évêques, de se » présenter à un concile où il avait été cité légitimement. » L'empereur approuva la sentence ; il rendit hommage à l'antipape, le conduisit lui-même sur le trône pontifical, où il le fit asseoir, et publia, en Allemagne et en Italie, un édit par lequel il ordonnait à tous les évêques de reconnaître l'autorité de Victor sous peine de bannissement perpétuel. Alexandre III répondit à

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