‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos joursChapitre 178 sur 324 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

prince qui se riait des foudres de F Eglise. Le Pape mit à la tête de la ligue lombarde et nomma défenseur du Saint-Sicgc, Jean de Brienne , beau-père de Fempereur. De son côté , Frédéric II appela les Sarrasins en Italie, les joignit à .ses troupes, et leur donna pour chef Rainald , duc de Spolète , qui envahit les domaines pontificaux. Cependant Frédéric II , excommunié , rebelle à l'Eglise , afin de mieux braver le Pape, qu'il traitait en ennemi, résolut de partir pour la Palestine. 100,000 guerriers l'attendaient à Messine , et s'embarquèrent avec lui pour cette expédition, qu'on a improprement décorée du nom du sixième croisade , car elle n'eut véritablement aucun caractère religieux , au moins de la part du prince qui la commandait. Quand la flotte aborda au port de Saint-Jean-d' Acre , elle y trouva deux Franciscains , envoyés par Grégoire IX et chargés de défendre au patriarche de Jérusalem, aux chevaliers du Temple, de l'Hôpital et de l'Ordre teutonique , de communiquer avec l'empereur excommunié. La sentence fut solennellement promulguée et ponctuellement exécutée. Réduit à ses propres forces, Frédéric, qui n'était venu chercher en Orient que le prestige d'une expédition lointaine , demanda à une apostasie infâme le succès qu'il n'aurait pu obtenu* par les armes. « Je suis votre frère, écrivait- » il au sultan d'Egypte, Mélédin. La religion de Mahomet est, à » mes yeux, aussi respectable que celle de Jésus-Christ. Iléritier » du royaume de Jérusalem, je viens prendre possession de mes » Etats , et ne veux nullement vous troubler dans la possession d des vôtres. Epargnons le sang humain, versé par torrents dans »les dernières guerres, et qu'une paix solide cimente enfin » notre alliance. » Mélédin , à ce langage impie , ne pouvait reconnaître le successeur de Godefroy de Bouillon. Il accorda tout ce qu'on voulut. Frédéric II entra dans Jérusalem; il avait promis au sultan de ne point en relever les remparts; et cette condition ignominieuse indigna les chrétiens. Le lendemain de son arrivée, il se rendit à l'église du Saint-Sépulcre, revêtu des ornements royaux ; mais il ne se trouva pas un évoque pour mettre la couronne sur la téte du prince excommunié, et il fut obligé de la prendre lui-même sur l'autel. Le premier roi chrétien de Jérusalem avait été plus grand, lorsqu'il refusait de

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