CHAPITRE V
mense. Au milieu des luttea sanglantes des principautés italiennes, les lettres et les arts commençaient dès lors ce mouvement de renaissance qui doit prendre un si magnifique développement sous Léon X. Le moyen âge était fini, ses aspirations faisaient place partout à l'étude et à l'imitation de Pantiquité païenne. La perfection de la forme occupait exclusivement les poètes, les peintres, les sculpteurs; ils rompaient peu à peu avec les traditions chrétiennes du moyen âge; ils ne s'inspiraient plus que des œuvres de l'antiquité. La destruction de la basilique de Saint- Pierre fut l'expression de cette tendance. Michel-Ange et Bramante, ces deux illustres chefs de l'art à cette époque, firent cesser leurs divisions pour pousser Jules II à cet audacieux projet. Porter la main à la vieille métropole de la chrétienté eût été, aux yeux du moyen âge, une témérité sacrilège. Mais l'élan était donné : les lettres païennes, ressuscitées à la chute de Constantinople, avaient préparé le retour de l'art païen. Jules II suivait l'esprit de son siècle. L'antiquité l'emportait, le culte de la forme allait inspirer les chefs-d'œuvre du xvi* et du xvne siècle. Le développement complet de ces tendances appartient à l'histoire de l'époque suivante.