‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos joursChapitre 41 sur 324 · chapitre m · texte numérisé non relu

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fut condamnée et l'on cita son auteur à venir , en personne , se* justifier dans un concile plus nombreux , qui fut rassemblé la même année à Verceil.

S. Au lieu de s'y rendre, Bérenger cherchait à semer ses erreurs dans la Normandie. Le duc Guillaume réunit lesévêques et les abbés les plus instruits de ses états, à Brionne, pour les faire conférer avec l'hérésiarque. Bérenger sortit confondu. I! revint à Chartres et écrivit aux clercs de cette Eglise une lettre pleine d'injures contre le Pape et l'Eglise romaine. Il n'appelle plus Léon IX pontifex , mais pompifex. L'Eglise romaine n'est plus catholique , mais satanique. C'était un avant-goùt du stylo de Luther, parlant de Léon X. Le concile de Verceil n'en procéda pas moins contre le contumace. Le livre de Scot Erigène fut solennellement condamné et jeté au feu. On renouvela contre Bérenger la première sentence de Rome ; a et celui qui voulait, » dit Lanfranc , priver l'Eglise de la communion du corps et du » sang de Jésus-Christ , fut exclu lui-même de la communion 9 de l'Eglise. » La nouvelle erreur était née au centre de la France : toute la France se souleva contre elle et contre son auteur. Les évêques , les seigneurs , les abbés , les hommes les plus savants du clergé se réunirent de toutes parts à Paris ; et là , en présencè du roi Henri I" . on condamna d'une voix unanime Bérenger et ses disciples, et on déclara que, s'ils ne se rétractaient, « l'armée de France , ayant à sa tête le clergé , en habit ecclé- » siastique, irait les chercher partout où ils seraient, et les force- » rait à se soumettre, sous peine d'être mis à mort. » Bérenger ne se soumit point encore devant l'imposante unanimité qui repoussait ses doctrines. Il continua à les soutenir jusqu'à ce que, sous le pontificat de saint Grégoire VII , les abjurant de bonne foi dans un concile de Rome ( 1 078 ) , il se retira dans le monastère de Saint-Côme , près de Tours , où il mourut après une sincère pénitence.

9. Saint Léon IX, qui venait de voir Bérenger renouer, en Occident, la chaîne interrompue des hérésies, eut encore la douleur d'apprendre la nouvelle révolte des Grecs de Byzance contre l'Eglise romaine. Depuis longtemps, les patriarches de Constanûnople aspiraient à la suprématie spirituelle de l'Orient et s'effor-

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çaient d'obtenir des Papes la confirmation du titre prétentieux de patriarche œcuménique, qu'ils s'étaient arrogé de leur propre autorité. D'autre part, le dogme de la primauté romaine était si incontestable , que les patriarches n'osaient généralement l'attaquer , ni le méconnaître ouvertement. C'était une lutte pénible entre la conscience et la passion, la soumission et la révolte. Cette lutte avait eu ses crises. Nous sommes arrivés à celle qui fut décisive. Michel Cérulaire (le Cirier), d'abord impliqué dans une conspiration politique et exilé , s'était fait moine , et avait été tiré de son couvent par l'empereur Constantin Monomaque, pour être promu au siège patriarchal de Constantinople. L'ambition , l'orgueil, le faste , un esprit inquiet et remuant, formaient le fond du caractère de ce nduveau patriarche. Il ne vit , dans la primauté apostolique de l'Eglise romaine, qu'une supériorité odieuse dont il chercha à secouer le joug. Reprenant tous les griefs que Photius avait déjà objectés contre les Latins , il en ajouta de nouveaux, tels que de ne pas chanter Y Alléluia en carême ; de manger la viande d'animaux étouffés ; de conférer le baptême par une seule immersion ; de consacrer avec du pain azyme , point sur lequel il insista le plus ; de ne pas honorer les reliques et les images des saints ; de se couper la barbe , etc. De concert avec Léon , archevêque d'Achride , métropole de la Bulgarie , et avec Nicétas , moine de Stude , il rédigea une lettre synodale dans laquelle il exposait tous ces sujets de récriminations et excommuniait l'Eglise romaine , au nom des Grecs, gardiens fidèles de la foi évangèlique. Michel Cérulaire commença à exécuter son projet de séparation, en fermant les églises des Latins et leurs monastères, dans toute l'étendue de sa juridiction, jusqu'à ce qu'ils se conformassent aux rites des Grecs, excommunia ceux qui avaient recours au Saint-Siège;, et rebaptisa les fidèles qui avaient reçu te [baptême dans les formes prescrites par l'Eglise romaine. Saint Léon IX répondit aux reproches de Michel Cétulaixe par une longue Lettre , où il justifiait l'EgHse romaine avec autant d'érudition que de douceur. H rétablit dare kur intégrité, tous les points de dogme ou de simple discipline attaqués par les Grecs ; il insista sur la procession du Saint- Esprit, sur la coutume de consacrer avec du pain sans levain, etc.

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