‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos joursChapitre 61 sur 324 · GRÉGOIRE VII · texte numérisé non relu

GRÉGOIRE VII

plus en plus en France , pendant qu'il tendait à se diviser en Allemagne. L'Espagne, toujours digne de son surnom de catholique, était, selon son rôle historique depuis l'invasion des Maures, un champ de bataille permanent. Alphonse VI occupait le trône de Castille, d'Aragon et de Navarre ; le calife Mahomet II régnait à Séville. L'Angleterre en était à l'organisation de la conquête. Guil)aume-le- Bâtard se montrait aussi habile politique qu'heureux guerrier. Le clergé, soumis à l'autorité des Papes, n'était point un instrument politique entre les mains du roi. L'abus des investitures n'y avait pas pénétré comme en France et en Allemagne. Le Danemarck, sous Suénon III, montrait, comme l'Angleterre , un attachement filial au Saint-Siège. En Suéde, la couronne était passée sur la tête d'une nouvelle famille, celle de Stenkilsch. La foi du Christ y était encore aux prises avec la religion païenne ; les rois étaient tantôt pour Tune tantôt pour l'autre. La Norwége était commandée par Olaus III le Pacifique, qui méritait par ses talents et ses vertus l'affection de ses peuples; il s'appliquait à faire fleurir l'agriculture, les arts et le commerce, et entretenait avec le clergé d'excellents rapports de bienveillance et de protection. La Pologne prospérait sous le sceptre de Casimir I", l'ancien moine de Cluny. La Saxe et la Bohème, sous Boleslas et Vratislas H, se faisaient une guerre acharnée. En général, il n'y avait aucune institution solide chez les peuples slaves ; ils étaient partiellement attaqués et subjugués par les Allemands. Le Christianisme , propagé par le zèle des missionnaires ) répandait peu à peu les lumières de la civilisation parmi les tribus. La Russie n'était pas encore sortie du chaos de l'enfantement. La succession au trône , mal réglée, était l'occasion de luttes continuelles et sanglantes. La Hongrie n'était guère plus calme. Son gouvernement était disputé par divers princes; le roi était vassal de l'empereur. Salomon fut proclamé, grâce à l'intervention de Henri IV; mais son règne, agité et court, subit les fortunes diverses de son protecteur. — L'Orient, dévasté par l'Islamisme, offrait le plus triste spectacle. Le sceptre impérial de Constantinople passait, rapidement et sans gloire, d'une main à une autre. De cette instabilité résultaient des désordres effrayants et des guerres interminables.

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