CHAPITRE Y
tnoxique. Le 9 juillet 1568, saint Pie V publia une constitution qui abolit tous les Bréviaires particuliers aya^t moins de deux cents ans de date, établit en tous lieux la for m* ^'office contenue 3B Bréviaire romain. Deux ans après parut le Missel (1 570) . « Afin, m disait le Pape dans sa bulle, que tous embrassent et observent 9 en tous lieux les traditions de la sainte Eglise romaine, mère et » maîtresse de toutes les autres, nous défendons, pour l'avenir et » à perpétuité , que Ton chante ou récite la messe autrement que » suivant la forme du Missel par nous publié ; à moins qu'en vertu % d'une première institution ou d'une coutume, antérieures l'un* » et l'autre à deux cents ans , on ait gardé assidûment dans i& » mêmes églises un usage particulier pour la célébration des » messes. » Puissent ces graves et solennelles paroles de saint Pie V être enfin unanimement comprises dans toutes les Eglises et dans tous les diocèses ! La question de la musique religieuse avait éié aussi l'objet des délibérations du concile de Trente. Le Pape Marcel II avait songé à la bannir entièrement de l'office divin. Mais la Providence avait préparé, dans Rome même, un homme d'un génie profondément liturgique, et dont les ressource» étaient à la hauteur de sa mission. Louis Palestrina, proclamé plus tard le Prince de la Musique religieuse, était alors chantre de la chapelle papale. H obtint la permission de faire entendre au Pontife uns messe ue sa, cuuipuamun. xnàfccx iî fut ravi de la simplicité, de l'onction, de la richesse que Palestrina avait déployées dans son œuvre. L'anathème préparé contre la musique fut révoqué, et la messe du grand compositeur garda le nom de Messe du pape Marcel. Saint Pie V continua sa protection à l'artiste, et U nomma maître de la chapelle papale.
24. Cependant le luthéranisme avait ouvert aux esprits des voies d'indépendance, où se jetaient aveuglément toutes les intelligences rebelles à l'autorité de l'Eglise. Au sein du protestantisme , mille sectes particulières commençaient à se former. Parmi les hérésiarques de cette époque, il faut mentionner les deux Socin, Lélie et Fauste son neveu , chef d'une nouvelle erreur qui s'appela dV leur nom socinianisme. Suivant eux l'Ecriture s/»We est îa seuL et unique règle de croyance ; elle n'a pas d'autre tftnunaî d'intei^ prétation que les lumières de la raison individuelle. C'est le prix*
il* s. pie v (1566-1572).
cipe de Luther. Les sociniens en tirent des conséquences particulières. Tous les mystères doivent être rejetés, par cela mêm« «qu'ils sont des mystères, et que la raison ne saurait les comprendre. Ils n'admettent pas même la création, « parce qu'ils ne con- * çoivent pas, disent-ils , que Dieu ait pu donner l'être à des sub- » stances, par le seul fait de sa volonté. » Ils rejettent les dogmes du péché originel, de la divinité de Jésus-Gbrist, de la Rédemption. Les seuls sacrements qu'ils conservent sont le Baptême et la Gène, encore ils ne leur attribuent d'autre vertu que d'exciter la foi. La résurrection de la chair est niée par eux comme impossible. Es n'admettent pas davantage l'éternité des peines ; et ils enseignent, qu'après une durée plus ou moins longue, tous les êtres créés rentreront dans le néant. Les sociniens prétendent qu'il n'est pas permis de faire la guerre, de poursuivre en justice la réparation d'une offense , de prêter serment devant les magistrats* d'exercer la fonction de juge, surtout dans les procès criminels, de tuer un voleur ou un assassin, même dans le cas d'une légitime défense. Originaires de Vicence, les deux Socin commencèrent à prêcher leur doctrine en Suisse. Proscrits par le gouvernement de Genève, ils passèrent en Pologne, où leur secte recruta bientôt de nombreux partisans, et établirent le chef-lieu de leur propagande à Racow, ville du district de Sandomir, d'où ils datèrent leur profession de foi ou Catéchisme de Racow.
25. Une autre erreur, née comme la précédente des doctrines de Luther, fut celle de Baïus, chancelier de l'Université de Loiivain. Le baïanisme considère la nature humaine dans les trois états d'innocence, de chute et de réparation : 1° L'état d'innocence présente la nature dans une parfaite intégrité : l'immunité delà concupiscence, l'immortalité, la prédestination à la vision intuitive, l'espérance, la charité; 2° la chute, en brisant cette magnifique harmonie, a privé l'homme de tous ces dons. Livrée à la concupiscence, la nature n'a plus de pouvoir qu*î pour pécher, et la liberté n'existe plus ; l'homme agit sous l'empire d'une contrainte inévitable ; 3° à l'état de réparation, l'homme reçoit deux grâces, dont l'une communique le Saint-Esprit ou la grâce à Tâme, et la relève au-dessus de la concupiscence; et l'autre est l'imputation même des mérites de Jésus-Ghrist pour payer la dette