‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 129 sur 294 · CHAPITRE TH · texte numérisé non relu

CHAPITRE TH

main.er auquel Jansénhis avait déclaré se soumettre en mourant , ne rencontra pas la même docilité dans ses disciples. L'Université de Louvain ne reçut la bulle qu'après bien des délais et des tergiversations. Ces contestations passèrent en France. I/archevêque de Paris, Jean-François de Gondi, avant même la décision du Saint-Siège, avait imposé silence aux deux partis. Dès que la ! il le lui fut parvenue, il en ordonna la réception dans son diocèse. La faculté de théologie de Paris , secondant ses efforts , défendit de soutenir les propositions censurées:- cependant, elles conservèrent encore de nombreux partisans, entre lesquels se distinguaient l'abbé de Saint-Cyran et le docteur Arnauld, jeune encore. La bulle In Eminenti avait été envoyée à toutes les églises catholiques de l'univers : partout elle fut accueillie avec soumission et respect. Le roi d'Espagne, comme souverain des Pays- Bas, enjoignit aux docteurs de Louvain d'imiter cet exemple et de mettre fin à leurs récriminations. Mais les partisans de la nouvelle erreur ne tinrent aucun compte ni des ordres du roi , ni des censures pontificales. Les subterfuges et les discussions se multiplièrent et se prolongèrent dans l'Université de Louvain.

25. Urbain VIII se préparait à fulminer de nouveau les peines ecclésiastiques contre ces théologiens rebelles. Mais il ne devait pas voir la fin des troubles qui allaient retentir pendant toute la durée du xvne siècle. Le jansénisme a été, de toutes les hérésies, la plus hypocritement obstinée. Son esprit pénétra plus ou moins la société , surtout en France , et cette erreur ne disparut entièrement que dans la grande tempête qui bouleversa, à la fin du xvme siècle, la France et le monde. Urbain VIII mourut le 29 juillet 1644. Louis Xïïl l'avait précédé au tombeau (16 mai 1643). Ce prince s'était montré sur le trône un modèle des vertus chrétiennes. Ses contemporains l'avaient surnommé le Juste. Père de Louis XIV, il avait dû., aux prières les plus ardentes, la naissance de cet enfant royal qui devait porter si haut la gloire de la France. En reconnaissance de cette faveur du ciel, Louis XIII avait place son royaume sous la protection de la sainte Vierge (1) (1 5 août 1638).

(1) Telle est l'origine de la procession annuelle de l'Assomption, dite du Vœu de Louis XIII, qui se fait encore maintenant dans la plupart des églises de France.

264 urbain vin (1623-1644)»

Il mourut entre les bras de saint Vincent de Paul. Richelieu, sou ministre, avait lui-même terminé sa vie quelques mois aupara» rant (4 décembre 1642). Génie fait pour commander les hommes , Richelieu savait concevoir et exécuter de grandes choses. Les deux objets qu'il avait poursuivis constamment, pendant sa longue administration, étaient obtenus. Les calvinistes étaient abattus en France. La maison d'Autriche, attaquée à la fois dans toutes ses possessions, en Alsace, dans les Pays-Bas, en Italie, en Catalogne* pendant la période française de la guerre de Trente ans , avait perdu son influence prépondérante dans les conseils européens. L'épée de Condée allait, quatre ans plus tard, consommer la grande œuvre de Richelieu , et forcer, par les victoires de Rocroy, de Fribourg, de Nordlingue et de Lens, les Impériaux à signer le traité de Westphalie, qui mit fin à la guerre de Trente ans et à la prédominance de l'Autriche (1648). Le colosse impérial qui, depuis Charles-Quint , menaçait d'écraser l'Europe , ne lut plus , selon l'expression prophétique de Henri IV, que la statue de Nabuchodonosor, aux pieds d'argile et à la tête d'or. A considérer seulement ces grands résultats, le ministère de Richelieu n'aurait mérité que les éloges de l'histoire et l'admiration de la postérité. Mais le génie, quelle que soit sa sublimité, paie toujours par quelque endroit son tribut à la faiblesse humaine. Richelieu crut, en exagérant la force du pouvoir royal, rendre un service à son pays. Il se donna la mission d'anéantir la puissance des grands seigneurs, pour grandir le trône sur leurs débris. Ce fut une profonde erreur politique. Quand A ne resta plus d'intermédiaire entre le roi et le peuple , une question de principe se substitua à une question de personne. La souveraineté populaire se posa en tace de la souveraineté royale et fit son avènement au milieu des ruines de la France. Tout se tient et s'enchaîne en cette histoire (1). Les supplices du maréchal de Marillac et du jeune dV Thou furent autant de cruautés inutiles et injustes que la gloire ne suffit point à faire oublier.

23. Pendant que le monde était attentif aux divers mouvement*

(1) Le sang héroïque de Montmorency, que Richelieu sacrifia à une fausse et malheureuse idée, fit au manteau du cardinal une tache à jamais ineffaçable*

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