‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 130 sur 294 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

des puissances belligérantes, et aux grandes négociations de la politique , la charité chrétienne accomplissait en silence de plus hautes merveilles. Un humble prêtre s'était donné la mission de guérir toutes les blessures, de soulager toutes les souffrances causées par la guerre. Saint Vincent de Paul nourrit la Lorraine, k Champagne et la Picardie dévastées. Il fait passer des secours aux catholiques .TEcosse, d'Irlande et d'Angleterre, opprimés par les protestants. Dans son zèle infatigable, il court au-devant de toutes les misères pour les consoler. Les trésors de la charité sont inépuisables dans ses mains , Il recueille les enfants que leurs mères selon la nature ont abandonnés, et devient leur père selon la grâce. H ouvre des hôpitaux pour les malades , les vieillards, les incurables; ei afin de perpétuer, dans l'avenir, tant d' œuvres fécondes dont il dote son siècle , il crée cette institution admirable des Sœurs de la Charité, la merveille du monde et la démonstration vivante de la divinité de la religion catholique. Cependant la congrégation de Saint-Lazare, qu'il avait fondée, envoie, par ses ordres, des missionnaires aux esclaves chrétiens de Barbarie, sur les plages de F Inde et à Madagascar. Le cœur de Vincent de Paul embrassait à la fois tout l'univers. — Dans le même temps, saint François Régis évangélisait les montagnes du Vivarais, des Cévennes et du Vélay et Michel Le Nobletz les plaines de la Bretagne. — Adrien Bourdoise et Claude Bernard, dit le Pauvre Prêtre, rappelaient la sainte vie et les pieux travaux du clergé des premiers siècles. Le vénérable curé de Saint-Sulpice , Olier, fondait, sur sa paroisse, le séminaire qui en porte le nom et dont la règle est devenue celle de la plupart des séminaires de France. L'esprit religieux animait encore toute la société , malgré les ravages du calvinisme et du protestantisme. L'Eglise était toujours ie champ fécond du père de famille, qui produit au centuple des fruits de gràco et de salut.

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