‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 134 sur 294 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

collèges, comprenant au moins treize membres, sous un recteur; les collèges affiliés ou résidences, ayant un supérieur, et dans lesquels les Pères âgés trouvent une retraite pour se reposer ou mettre la dernière main à leurs écrits ; enfin les maisons de missions, pour venir au secours des curés dans les campagnes. Les prétendus monita sécréta des prof es, qu'on a si souvent reprochés à la société, ne sont qu'une méprisable calomnie ; de même que la proposition qu'on prétend tirer des constitutions, et qui donnerait à uii supérieur le pouvoir d'ordonner un péché, résulte d'un perfide malentendu (1) ; 2° Les coadjuteurs, qui comprennent la majorité des membres de la société, chargés de l'enseignement des collèges et du ministère pastoral. Parmi eux les scolastiques (scolastici approbati) sont destinés aux plus hauts emplois de l'enseignement; 3° Les coadjuteurs temporels [coadjutores temp.) frères laïques, destinés aux services manuels, et aux plus basses fonctions.

6. A la tête de chaque province est placé un provincial. Tout l'ordre est gouverné par un ié éral. qui réside à Rome et jouit d'un pouvoir absolu, en tant qu'il observe les anciennes lois de l'ordre. Les modifications ne peuvent être introduites que dans les assemblées générales. Le général nomme les supérieurs , afin de prévenir les dissensions et les intrigues auxquelles pourraient donner lieu des élections par voie de suffrages ; cependant, pour ce choix, il consulte le provincial et trois autres jésuites. Les supérieurs de tous les instituts sont obligés de rendre compte, chaque année, au général, de la conduite et des talents de leurs subordonnés. Le général a six assistants, hommes éprouvés et habiles, appartenant à l'Allemagne, la France, l'Espagne, le

(1) Le passage en question est ainsi conçu : a Visura est nobis in Domino, excepta expresso voto quo societas summo Pontifici , pro tempore existenti, tenetur, ac tribus aliis essentialibus paupertatis, castitatis, et obedientiae , nullas constitutiones , declarationes vel ordinem ullum vivendi , posse obligationem ac peccatum mortale, vel veniale inducere, nisi superior ea in nomine Domini Jesn Christi, vel in virtute obedientiae, juberet. » D'après le contexte et l'ensemble de cette citation , le sens est clairement celui-ci : « Les quatre grands vœux seuls » lient toujours , les autres constitutions et ordonnances ne peuvent lier qu'au- » tant que le supérieur f érige en vertu de l'obéissance ou au nom de Jésus- » Christ. ■

Portugal, l'Italie et la Pologne, qui sont élus dans les assemblées générales. Le général est soumis à leur contrôle, Ils peuvent, dans des cas urgents, le déposer ; en temps ordinaire , sa déposition ne peut avoir lieu qu'en assemblée générale. Uadmoniteur, adjoint encore au général, a pour mission de le soutenir, comme un ami, un père, un confesseur. Ainsi la société, présentant le modèle d'une monarchie constitutionnelle fortement organisée, d'une législation sage et parfaite , devait , autant par cette organisation que par l'esprit vigoureux qui l'animait, obtenir une grande autorité et exercer une immense influence dans le monde. La constitution maintenait l'unité la plus rigoureuse dans le fond de l'enseignement, au milieu de l'activité la plus féconde ; elle s'efforçait de réprimer, avec le plus énergique empressement, tout ce qui s'écartait de la doctrine de l'Eglise, et accordait en même temps, pour ce qui était de pure opinion, une liberté favorable à l'essor du génie (1).

7. Ainsi constitué, l'ordre des Jésuites se répandit avec une merveilleuse rapidité. L'Allemagne , berceau du Protestantisme, s ouvrit d'abord à leur zèle. Les Universités, bouleversées par le mouvement luthérien, menaçaient ruine. Pendant vingt ans, il n était pas sorti un prêtre de celle de Vienne, autrefois si florissante. Cette situation porta Ferdinand Ier à appeler les Jésuites dans ses Etats (1551). On distingua dès lors, parmi ceux qui furent envoyés, Le Jay et Canisius. Ce dernier, par des instructions suivies, des prédications fréquentes, une nouvelle organisation de l'Université de Vienne, la publication d'un nouveau catéchisme et l'administration prudente du diocèse, rétablit l'ordre en peu de temps, et eut la gloire de ramener la plupart des protestants au Catholicisme. Le célèbre collège des Jésuites de Fribourg, en Suisse, rappelle également l'activité de Canisius (béatifié le 21 novembre 1843). Les mêmes circonstances amenèrent les enfants de saint Ignace en Bavière. A Ingolstadt, on leur eonfia l'enseignement de la théologie (1549). Le Jay expliqua les Psaumes, Salméron les Epîtres de saint Paul et les Evangiles,

M ) Nous avons emprunté le résumé de ce chapitre à l'histoire de M. Alzog, t. tu, passm.

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