H INNOCENT XI
souverain pontificat , il n'a dû puiser des conseils que dans: devoirs de chef spirituel de l'Eglise et de souverain indépendant. « Innocent XI, dit le protestant Ranke, était un homme austère, » humble, doux et pieux, mais que cette même intégrité sévère, » qui réglait sa vie privée, excita aussi à remplir , <*aas de lâches » ménagements, les devoirs de la Papauté. »
9. Louis XTV était alors à l'apogée de sa puissance et de ss gloire. Au dehors la victoire couronnait ses armes. La Hollande envahie, maigre les efforts de deux héros, les frères de Witt (1 672), la Franche-Comté réunie au territoire français, malgré l'Espagne, l'Autriche et *a Lorraine confédérées (1674); les victoires de Condé à Senef et à Oudenarde sur les premiers généraux de l'empire , qui valaient au héros cette charmante parole de Louis : « Mon cousin , quand on est comme vous chargé de » lauriers, on ne peut que dilïicilement marcher (1) ; » les prodigieux succès de Turenne, qui battait les impériaux à Seintzheim, à Ladamberg, à Ensheim, à MulhauSen, àTurcheim (1675), avec des armées trois fois moins nombreuses que celles de ses ennemis, et qui, tué d'un coup de canon à Salzbach, arrachait à Montécuculli, son adversaire, ce bel éloge : a II est mort un homme qui » faisait honneur à l'homme ; » tant de hauts faits mili f aires, terminés par la glorieuse paix de Nimègue, avaient placé Louis XIV à la tête de l'univers et lui valurent le surnom de Grand, que ses tajets lui décernèrent dans leur enthousiasme, et dont les nations es plus jaiouses de la France reconnaissaient qu'il était digne. Colbert lui écrivait : « Sire, il faut se taire, admirer, remercier à Dieu tous les jours, de nous avoir fait naître sousu» Sgne d'un » roi tel que "Votre Majesté, qui n'aura d'autres bornes de sa a puissance que celles de sa volonté. » Au dedans la prospérité de •es Etats, le luxe, l'abondance, les œuvres de Fart et du génie élevaient son royaume à ce degré de supériorité intellectuelle et ttioraie qui caractérise les grands siècles. « Louis XIV , dit V<*J°»
(I) Lorsque Con dé revint à la cour, comme il montait lentement, à cause de la goutte dont il souffrait, les degrés do l'escalier, an haut duquel le roi voulut le recevoir : « Sire, lui dit-il, je demande pardon à Votre Majesté d s la faire attendre si longiemps. « A auoi Louis XIV fit la gracieuse réponse que nous avons cité^.