CHAPITRE IT
* tifîcale d'une manière si équivoque, qu'il semble plutôt ia » détruire que l'établir; et il est clair que les nôtres doivent le » compter parmi les témoins les plus marquants de la vérité, qui » ont vécu de nos jours. » Nous ne saurions rien ajouter à des louanges aussi significatives. Un système, qui se prétend catholique, est jugé quand il obtient de pareils suffrages de la part des ennemis les plus acharnés du catholicisme. D'ailleurs, nous devons le dire , Fleury ne faisait que reproduire les tendances du clergé français à cette époque; ce fait explique le prodigieux succès de son Histoire en France.
1 1 . Or, nous avons de Fleury un Discours sur les libertés de f Eglise gallicane, qu'il réduit toutes à deux maximes : « Le roi, » comme tel, n'est pas subordonné au jugement du Pape. Le » Pape, comme tel, est subordonné au jugement du concile géné- » rai. » C'est la thèse des Pères de Bâle et de Constance. « Quel- » ques politiques, dit Fleury, ont prétendu décrier cette doctrine » de la supériorité du concile par la comparaison des états-géné- » raux. On les mettra, disent-ils, au-dessus du roi, comme le » concile au-dessus du Pape , en suivant les mêmes principes. » Il repousse la conséquence par cette dernière et principale raison : « Pour la France, nous savons que, dès le temps de Charlemagne, » les assemblées de la nation, quoique fréquentes et ordinaires, » ne se faisaient que pour donner conseil au roi , et que lui seul » décidait. » Il nous importe peu maintenant de voir par quel artifice Fleury détruisait une objection qui pouvait faire quelque impression sur l'esprit d'un souverain aussi absolu que Louis XIV. La logique des révolutions s'est chargée d'appliquer au second successeur du grand roi les conséquences que Fleury pensait écarter, avec un argument d'une justesse d'ailleurs fort contestable, au point de vue historique. On avait voulu une Eglise décapitée, le peuple voulut à son tour un gouvernement sur le même modèle. Dieu a ses coups de foudre par lesquels il abaisse l'orgueil des sages et se rit de leur vaine science. Mais il est essentiel de proclamer, comme un principe incontestable, que 'Eglise est véritablement une société gouvernée par un chef. Ce chef a non-seulement le pouvoir disciplinaire, inûfej/endainment des conciles généraux qui ne sont point permanents, qui ne gou-*