‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 162 sur 294 · INNOCENT XI · texte numérisé non relu

INNOCENT XI

vernent pas, pendant la durée de leur réunion; qui ne peuvent exister qu'à la condition d'être convoqués et présidés par l'auto» rite du chef suprême de l'Eglise ; qui font des lois , mais qui laissent aux Papes le soin de les faire exécuter : il a encore ledépôt sacré des vérités dogmatiques, enseignées expressément par Jésus-Christ lui-même dans son Evangile, ou transmises de siècle en siècle par la tradition apostolique. Ce dépôt, il le garde fidèlement, sans errer jamai? ; car les promesses d'iniaillib;Uté lui ont été faites dans la personne de saint Pierre au jour de la fondation de l'Eglise. Le Pape, enfin, n'est pas subordonné au jugement du concile général, puisqu'il ne peut y avoir de concile général «ans son autorité, son concours et sa sanction. Quant à la première des maximes gallicanes : « Le roi, comme tel, n'est pas subordonné » au jugement du Pape, » elle dit trop ou trop peu. Si Von suppose qu'il s'agit d'un roi catholique, il est soumis, comme tous les catholiques, au jugement du Pape : la maxime exagère l'indépendance du roi. Si Ton suppose qu'il s'agit d'un prince, en dehors de la communion romaine, elle n'exprime que très faiblement la liberté du souverain, qui non seulement n'est pas subordonné au jugement du Pape, mais qui ne doit pas même reconnaître l'existence légitime du Pape. Evidemment, dans l'intention de Fleury, il ne s'agissait que d'un roi catholique; dans sa pensée intime, le roi signifiait Louis XIV. Il cherche donc à établir une distinction entre les deux qualités de roi et de catholique : comme roi, Louis XIV n'est pas subordonné au jugement du Pape ; il l'est seulement comme catholique : c'est là le sens naturel de la maxime de Fleu/y. En d'autres termes, le roi ne peut être, suivant Fleury, ni déposé, ni excommunié par le Pape. Toute la suite de l'histoire de l'Eglise, depuis la conversion des Barbares, nous a fourni des exemples du contraire. Fleury les connaissait; il les rapporte lui-même à leur temps, mais il en atténue la force par des considérations extrinsèques qu'il nous faut faire connaître.

12. En parlant, dans un de ses discours, des titres qu'on fabriquait quelquefois au moyen âge , il ajoute : « Mais de toutes ces » pièces fausses, les plus pernicieuses forent les Décret aies, attri- * miees aux Papes des quatre premiers siècles, qui ont fait une

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