‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 196 sur 294 · chapitre m · texte numérisé non relu

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étaient plus que jamais en vigueur, et qu'il maintenait, Je toute son autorité, leurs décisions. — Le Pontife attaque ensuite directement ce que les jansénistes étaient convenus d'appeler le Silence respectueux. « Par ce subterfuge, dit-il, au moyen duquel on se » dispense d'adhérer intérieurement à une rétractation extérieure » du livre de Jansénius, on ne quitte point l'erreur, on ne fait que » la cacher ; on entretient la plaie au lieu de la guérir ; on se joue » de l'Eglise, loin de lui obéir ; on ouvre aux enfants de rébellion » un large chemin pour propager l'hérésie. On en a vu quelques- » uns se porter à un tel excès d'impudence, qu'oubliant les règles » non-seulement de la sincérité chrétienne, mais encore de l'hon- » nêteté naturelle, ils n'ont pas craint d'assurer qu'on peut licite- » ment souscrire au Formulaire prescrit par Alexandre VIT, » quoiqu'on ne juge pas intérieurement que le livre de Jansénius » soit hérétique. C'est là se jouer des constitutions apostoliques et » non s'y soumettre en chrétien. » Il serait difficile de rien ajouter à la clarté , à la précision , à l'évidence de cette bulle ; mais ces qualités mêmes furent un motif de plus pour que les jansénistes la trouvassent pernicieuse et détestable. Les cathodiques la reçurent avec respect : à leurs yeux elle était la parole de Pierre qui confirme ses frères dans la foi ; les sectaires eux-mêmes furent contraints d'avouer que Rome ne leur laissait plus la ressource des distinctions , des restrictions mentales , des subterfuges dont ils avaient depuis longtemps abusé.

26. Quesnel, loin de se soumettre à la bulle ae Clément XI, choisit le moment où elle venait de paraître, pour lancer contre le cardinal de Noailles une arme perfide qu'il aiguisait en secret depuis plusieurs années. Nous avons raconté comment le prélat, n'étant encore qu'évêque de Châlons, avait imprudemment donné son autorisation a la 2e édition du livre des lie flexions morales, Il ne savait pas que cet ouvrage contenait tout le poison des doctrines janséniennes, qu'il condamna plus tard dans Y Exposition de la foi de l'Eglise, par l'abbé Barcos. Tout, à coup Paris et la France se trouvèrent inondés par un libelle intitulé : Problème ecclésiastique , où l'auteur anonyme opposait Louis-Antoine de Noailles, évêque de Châlons en 1695, approuvant ces doctrines dans les Réflexions morales, à Louis- Antoine de Noailles, arche-

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vêque de Paris en 1696, condamnant les mêmes doctrines dans Y Exposition de la foi de l'Eglise. La sensation produite par ce pamphlet, au moment où tous les esprits étaient attentifs à ce? débats fut immense. Il n'y avait d'ailleurs, qu'un mot à dire pour justifier l'archevêque de Paris. L'approbation donnée aux Réflexions morales l'avait été sur la foi d' autrui, sans nouvel examen, sans que le prélat fût instruit des additions hérétiques faites à un ouvrage précédemment autorisé par son prédécesseur Mais ce mot aurait d'ailleurs accusé la légèreté téméraire de l'archevêque , dans une matière aussi grave que l'approbation d'un livre dogmatique. Ce mot ne fut donc point prononcé. Le Problême ecclésiastique fut condamné au feu, par arrêt du parlement de Paris. Quesnel , sur un ordre de Philippe V, fut arrêté à Malines et enfermé dans une prison de l'officialité. Quelques amis, en perçant les murs, parvinrent à le faire échapper. II se cacha de nouveau, erra quelque temps dans les Pays-Bas pour se soustraire aux poursuites et put enfin se fixer à Amsterdam , où Codde , évêque de Sébaste et vicaire apostolique en Hollande , qui venait d'être déposé pour son attachement au même parti , l'avait invité à se rendre. Là il recommença à écrire en faveur du Problème ecclésiastique. L'archevêque de Paris était toujours sous le coup de cet embarrassant dilemme ; la seule voie possible pour en sortir était la seule dont il ne voulait pas faire usage. Les écrits accusateurs se multipliaient ; Bossuet entra en lice et voulut justifier le cardinal en essayant de démontrer qu'il existait des différences essentielles entre la doctrine du livre de Y Exposition et celle des Réflexions morales. Mais la thèse était insoutenable, même pour le génie de l'aigle de Meaux. Ce système de défense ne fit qu'aggraver la position du cardinal de Noailles. Les jansénistes imprimèrent le travail de Bossuet, en l'intitulant: Justification des Réflexions morales, par Bossuet. Clément XT, voulant mettre fin à des contestations qui multipliaient les scandales, rendit, le 13 juillet 1708, un décret par lequel il condamnait le livre des Réflexions morales (1) de Quesnel, avec les qualifications les plus révères.

(!) Le véritable titre de cet ouvrage est celui-ci : Le nouveau Testament m

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