‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 201 sur 294 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

elle exclut même l'idée du sacrifice et du sacerdoce; en sorte que l'Eglise épiscopale d'Angleterre n'a qu'une hiérarchie civile, sans aucun caractère sacré. Ainsi les Esplcopaux n'ont qu'une ombre de hiérarchie, les Presbytériens n'en ont pas même l'ombre. Les Presbytériens se nomment ainsi, non pas qu'ils aient ou reconnaissent des prêtres, dans le sens chrétien, mais parce qu'ils consultent les anciens de leurs assemblées, lesquels s'appellent prêtres (presbyteri), dans le sens païen des Grecs. C'est parmi eux que les sectes dissidentes se sont le plus multipliées. L'une des plus fanatiques est celle des Quakers ou Trembleurs, Ils se nomment ainsi, à cause du tremblement ei des contorsions auxquels ils se livrent dans leurs assemblées, lorsqu'ils se croient inspirés du Saint-Esprit. Leur auteur fut un cordonnier, Georges Fox, homme sans étude, d'un caractère sombre et mélancolique, qui, en 1647, sous le règne de Charles I*r, au milieu des troubles de la guerre civile, se mit à prêcher contre le clergé anglican, contre la guerre, les impôts, le luxe, l'usage des serments, etc. Les points fondamentaux de sa doctrine sont: 1° l'égalité rigoureuse de tous les hommes; par conséquent, suppression de toute distinction sociale, de toutes les marques extérieures de respect, de toutes les conditions. 2° Dieu donne à tous les hommes une lumière intérieure, suffisante pour les conduire au salut éternel; par conséquent, il n'est besoin ni de prêtres, ni de pasteurs ni même d'Ecriture sainte; tout particulier, homme ou femme, est en état et en droit d'enseigner et de prêcher,dès qu'il se sent inspiré de Dieu. 3° Pour parvenir au salut éternel, il suffit d'éviter le péché et de faire de bonnes œuvres; il n'est besoin ni de sacrements, ni de cérémonies, ni de culte extérieur. 4° La principale vertu du chrétien est la tempérance et la modestie ; il faut donc retrancher toute superfluitè dans l'extérieur, les ajustements, les parures, etc. 5° 11 n'est pas permis de faire de serment, de plaider en justice, de taire le guerre, de porter les armes, etc. « Les quakers et les quakeresses » mêmes, dit Mosheim, parcouraient, comme des furieux et des » bacchantes, les villes et les villages, déclamant contre l'épisy> copat, contre le presbytérianisme, contre toutes les religions » établies. Ils tournaient en dérision le culte public, ils insul-

» taient les prêtres pendant la célébration des saints offices, ils » foulaient aux pieds les lois et les magistrats, sous prétexte d'o- » b'ir à Tinspiration du Saint-Esprit.» L'un de ces sectaires, Guillaume Penn, ayant reçu du gouvernement anglais une grande étendue de terres incultes en Amérique, y transporta un grand nombre de Quakers, leur distribua des terrains à cultiver et donna à la province le nom de Pensylvanie. — Dans les premières années du xvin* sièc e, parut une autre secte, celle des Méthodistes (1729). Elle prit naissance au sein de l'université d'Oxford. Quelques étudiants, assidûment occupés à la lecture de la Bible, formèrent une petite société dirigée par les deux frères Jean et Charles Wesley. ils avaient compassé toutes leurs actions et distribué leurs moments entre l'étude, la prière et l'exercice des bonnes œuvres. Cette régularité officielle, qui les signalait à l'attention publique, leur fit donner le nom de Méthodistes.Jean Wesley, qui aspirait à être chef de secte, s'arrogea le pouvoir d'o' donner des évêques et des prêtres, quoiqu'il ne fût ni l'un ni l'autre. La nouvelle religion se fit d'abord une célébrité par les folles extravagances auxquelles se livraient ses membres. Le comté de Cornouailles, où ils étaient plus nombreux, fut, au pied de la lettre, envahi par une épidémie convulsionnait e. Comme les Quakers, les Méthodistes allèrent fon une colonie dans le INouveau-Monde.

35. La licence dans les opinions religieuses est le plus court chemin vers l'incrédulité. L'Angleterre vit alors se produire, dans son sein, des doctrines qui préludaient au système de négation universelle, dont l'école du philosophisme devait, un demisiècle plus tard, relever le drapeau. Antoine Collins, écrivain anglais, avait débuté, en 1707, par ur Essai sur l'usage de la raison dans les propositions dont Vévidence dépend du témoignage humain, où il se plaisait à mettre en opposition la certitude que produit la révélation et l'évidence que fournit la raison. La même anné, il s'engagea dans la controverse entre Dodv/eî et Clarke, sur l'immatérialité et l'immortalité de l'âme ; il combattit l'immortalité de l'âme et sa spiritualité. Il était difficile que Collins eût des idées bien ustes sur la liberté de l'homme, après en voir montré d'aussi inexactes sur la nature de l'âme. 11 fai-

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