CHAPITRE IV
ment que tout prêtre non approuvé pouvait absoudre validement et licitement, tout pénitent qui se présentait à lui. C'était la thèse «les jansénistes et des parlements dans les affaires dp refus def sacrements. Travers convenait qu'il avaif; contre lai \ pratiqui de l'Eglise ; mais il n'en était nullement effrayé. La décision du concile de Trente qui déclare nulle toute absolution donnée par un prêtre sans juridiction, soit ordinaire, soit déléguée, ne l'arrêtait pas davantage. « Ce décret, disait le docteur janséniste, n'at- » teint que les prêtres contemporains du concile. J'y trouve d'ail y» leurs un autre défaut. L'approbation des confesseurs parl'évêque » à l'exclusion des curés, peut passer pour xla jugement contre » ces derniers qui n'ont pas été appelés ; on peut le considérer » comme un jugement rendu par ceux qui. semblant parties dans » cette affaire , n'en devaient pas être les solliciteurs et les juges , » et contre lequel, par conséquent, les curés sont en droit de se » pourvoir quand ils en auront la liberté. » C'est ainsi qu'on parte d'un décret universellement suivi et d'un concile respecté par toute l'Eglise. On voit que si les jansénistes ne ménageaient pas l'autorité du Saint- Siégi^ ils ne respectaient pas davantage celle des conciles œcuméniques, auxquels néanmoins ils en appelaient continuellement. La Sorbonne condamna le livre du novateur ; Languet, dont le nom se retrouvait partout où il y avait un janséniste à combattre , et le cardinal de Tencin . archevêque ^'Embrun, se joignirent à elle pour le proscrire.
21. Voltaire avait juré de propager le déisme de la urande- Bretagne ; à cette époque, une autre importation de même origine se répandait en France , en Allemagne et en Italie. Sous le nom de Franc-Maçonnerie, une société secrète, se prétendant héritière des traditions de l'ordre des Templiers , réunissait dans son sein, sous un prétexte apparent de bienfaisance publique , -es personnages les plus distingués par leur rang , leur intelligence ou leur richesse. Tous les emblèmes de la société se rattachaient à l'idéft fondamentale de la construction d'un temple. Le temple devait être , sans doute , dans la pensée des fondateurs , un monde nouveau dégagé de toutes croyances religieuses, de toute subordination hiérarchique, de toute forme gouvernementale régulière. L^ Franc-Maçonnerie concentrait ainsi en elle-même tous les germes
de destruction, tous les poisons cachés qui devaient éclater en leur temps, pour la ruine du corps social. Les adeptes n'étaient admis qu'après des initiations mystérieuses et terribles , ils étaient assujettis à un secret absolu sur tout ce qu'ils voyaient ou entendaient dans les loges; c'est ainsi qu'on appelait leurs assemblées. Connu d'un petit nombre de chefs, le but véritable de l'institution n'était jamais confié aux initiés vulgaires, qu'on amusait par de vaines formules et de mystérieux symboles, véritables hochets d'enfants. Mais il suffisait d'avoir réuni une armée secrète, Dar-
faitement disciplinée, prête à se soulever, au premier signal, contre l'Eglise et la société. Clément XIT, par k bulle In eminenti (28 avril 1737), condamna la Franc-Maçonnerie , défendit à tous les fidèles d'y participer sous aucun prétexte , et de contribua: à ses progrès de quelque manière que ce soit. Cet anathème solennel contre les Francs-Maçons n'a jamais été révoqué. La révolution de 1789, volcan dont les sociétés secrètes couvaient la lave dans leur sein, a dû suffisamment éclairer les consciences honnêtes sur les véritables tendances de ces dangereuses réunions , et pourtant la Franc-Maçonnerie existe encore de nos jours ; et les gouvernements, par une fatale imprévoyance, croient qu'il suffit à leur sûreté de placer à la tête de la secte quelques noms connus ou dévoués. C'est un manteau jeté sur l'Océan.
22. La vigilance du souverain Pontife s'étendait aux contrées les plus lointaines. Dans le Liban, antique retraite du prophète Elie et de ses disciples , il existait un grand nombre de monastères, les uns de Maronites ou Syriens indigènes, les autres de Grecs Melchites. Les uns et les autres avaient à Rome une communauté, où ils envoyaient leurs meilleurs sujets, pour s'y perfectionner dans la science et la piété , et revenir dans leur patrie en qualité de missionnaires apostoliques. Outre quelques monastères indépendants les uns des autres , les religieux Maronite» formaient deux congrégrations ; l'une, plus ancienne, de Saint- Elisée ou du Mont-Liban; l'autre de Saint-Isaïe : toutes deux sous la règle de saint Antoine, patriarche de la vie monastique en Egypte. Ces religieux étaient cordialement unis et soumise l'autorité de l'Eglise romaine. Michel d'Eden, abbé général <k la congrégation du Mont-Liban ou de Saint-Elisée, supplia le Fajç«