‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 224 sur 294 · CHAPITRE IV. 4fS · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. 4fS

d'en eonfrVmer les règles et les constitutions. Clément XII le fit par une bulle du 31 mars 1732. La congrégation de Saint-lsaïe suivait au fond la même règle. Cependant un concile national ayant ordonné q tous les religieux Maronites de faire approuve! leurs statuts par le Saint-Siège, elle en demanda la confirmation expresse à Clément XII, qui l'accorda par une lettre du 17 janvieï 1740. L'année précédente, le Pape avait déjà approuvé les règles des moines Mekhites de la congrégation de Saint- Jean-Baptiste, au Mont-Liban, spécialement pour leur monastère de Rome. Dans le même temps, le savant orientaliste Joseph Assémani parcourait tous les monastères de Syrie, par les ordres du Pape ; et, après un voyage de trois années, en rapportait une foule de manuscrits et de médailles qui vinrent enrichir la bibliothèque du Vatican.

23. Clément XII mourut, le 6 février 1740, après neuf ans de règne. La mort du prince Eugène de Savoie, arrivée à Vienne (27 avril 1736), avait rallumé le courage des Turcs. Les Autrichiens turent battus par eux et perdirent Belgrade et Témeswar; le prince hongrois Rakoczy, qui entretenait de secrètes intelligences avec les Musulmans, et qui, par ses ravages en Hongrie, obligea l'Autriche à conclure une paix défavorable, eut la plus grande part à ses malheurs : Clément XII l'excommunia.

§ S. Pontificat de Benoit XIV (17 août 1740-3 mai 1758).

24. Parmi les cardinaux créés par Clément XH, le plus illustre était sans contredit le théologien Prosper Lambertini, Bolonais d'origine, donl l'érudition surpassait celle des plus savants bénédictins de cette époque, si fameuse en noms illustres. Son éducation avait été remarquable ; ses rapides progrès le firent bientôt distinguer de tous les élèves de son âge. Les études '/es plus sérieuses suffisaient à peine à son ardeur pour le travail, et n'ôtaient tien à la vivacité de son esprit. Saint Thomas ftu son auteur de prédilection pour la théologie. Il s'appliquait avec'û même succès au droit canonique et civil, et ne tarda pas à être fait avocat consistorial. Nommé plus tard promoteur de la foi, il eut lieu de prendre part aux procédures usitées pour la béatification et la «aoonisation des saints; et c'est à cette circonstance que nous dô-

146 benoît xiv (1740-1758).

vons l'excellent ouvrage qu'il a publié sur cette matière, qui est resté son chef-d'œuvre . Passionné pour les sciences , pour les recherches historiques et pour les monuments des arts, Lamberéini se lia avec tous les hommes célèbres de son temps. Il avait la plus haute estime pour le P. Montfaucon, qu'il connut à Rome. Successivement chanoine de Saint-Pierre, consulteur du saint office, attaché à la congrégation des rites, canoniste de la pénitencerie, archevêque de Bologne et enfin cardinal, Lambertini s'était toujours-montré supérieur aux postes éminents auxquels la confiance des Papes l'avait appelé. Tel était l'homme qu'attendaient les plus hautes destinées ; le 17 août 1740, l'unanimité des suffrages l' élevait au souverain pontificat. On l'interrogea selon l'usage, pour savoir s'il acceptait cette haute dignité : « Je l'ac- » cepte, réponoit-il, pour trois raisons : je ne veux pas résister à » la volonté manifeste de Dieu, et je la connais telle, parce que je » n'ai jamais désiré la Papauté; je ne veux pas, en refusant, dé- » daigner vos bienfaits; enfin, je crois qu'il est temps de terminer » un conclave déjà trop long. »

25. Chaque année du pontificat de Benoît XIV fut signalée par quelques bulles importantes, tantôt pour maintenir dans sa pureté le dépôt des saines doctrines contre les attaques de Terreur, tantôt pour réformer les abus; d'autres fois, enfin, pour introduire des usages utiles. Un seul événement politique, mais dont les conséquences eurent un long retentissement en Europe, troubla le règne de ce Pontife. Ce fut la guerre de la succession d^Autriche. La mort de l'empereur Charles VI en fut le signal (20 octobre 1740). Dernier rejeton de la maison d'Autriche, ce prince avait tout sacrifié pour assurer dans sa famille, par un® constitution connue sous le nom de Pragmatique sanction, l'héritage de la couronne impériale. Ce fut pendant vingt ans ie bat é* toutes ses transactions politiques ; et lorsqu'il descendit dans la tombe, il crut avoir préparé les voies de la succession à l'archiduchesse Marie-Thérèse , sa fille aînée , femme du nouveau grandduc de Toscane : presque toutes les puissances avaient promis de maintenir la Pragmatique ; mais le prince Eugène avait dit judicieusement « qu'une armée de cent mille hommes la garantirait * mieux que cent mille traités. » L'événement se chargea de jus*

Page 1