‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 248 sur 294 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

sonnage, Mésenguy, la lumière de l'Eglise, et Quesnel, un martyr. Il avait fait traduire en italien les Réflexions morales, et les avait données en présent à ses curés, en leur recommandant de faire usage de ce livre d'or.. Ricci convoqua un synode à Pistoie (19 septembre 1788), pour y promulguer d'une manière plus solennelle les erreurs qu'il propageait. Dans la crainte de ne pas trouver dans son diocèse un nombre suffisant dt prêtres disposés à favoriser ses intentions, il fit venir plusieurs docteurs jansénistes de divers lieux, et principalement de l'Université de Pavie, où Natalis, Tamburini et d'autres théologiens mariifestaient de pareils sentiments. Ce fut Tamburini que l'évêque choisit pour promoteur du synode, bien qu'en sa qualité d'étranger il n'eût pas même le droit d'y assister. L'assemblée dura dix jours, et fut composée de deux cent trente-quatre prêtres, auxquels Ricci avait dit que Y Esprit saint descendrait parmi eux, et que leurs oracles deviendraient ceux de Dieu lui-même. On y rejeta, comme une impiété, la doctrine de la bulle Unigenitus. On y proclamait, comme type de la véritable discipline de l'Eglise, la constitution de la province schismatique d'Utrecht. On réprouvait la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, que les prédécesseurs de Pie YI avaient cherché à répandre dans l'Eglise; on affichait hautement un mépris sacrilège pour les saintes image* ; on blâmait la multiplicité des ordres religieux que Ricci voulait réduire à un seul; il demandait aussi la suppression des vœux perpétuels, et n'admettait que la règle ds Port-Royal. Pie YI, par la bulle Amtorem fidei, con^mna le synode de Pistoie.

7. Les révolutir m m chargèrent d'apprendre à Joseph II et à ses imitateurs ce ^a?ïk <m coûte aux princes qui se séparent violemment du Saint-Siège et epi empiètent sur sa juridiction. Les Etats de Belgique refusèrent de se soumettre aux schismatiques exigences de Joseph II; les protesseurs qu'il voulut substituer, dans les Universités de Louvain et de. Luxembourg, à ceux qui enseignaient les doctrines favorables à la cour de Rome , furent chassés par les étudiants et le peuple ; les Etats de Brabant et du Hainault refusèrent les subsides accoutumés. Joseph II crut arrêter le mal par des mesures sévères ; il cassa les privilèges du Brabant. Les troubles augmentèrent, l'empereur supprima les séminaires

494 pie vi (1775-1799).

diocésains, qu'il remplaça par un séminaire général, où les évêques des deux provinces reçurent Tordre d'envoyer leurs élèves. Aucun d'eux ne se soumit, et le cardinal de Malines publif un mandement où il déclairait que l'enseignement des proies* seurs joséphistes est contraire à la croyance catholique. Le cardinal fut arrêté par ordre de l'empereur , ainsi que l'évêque d'Anvers qui avait suivi la même ligne de conduite. Mais l'insurrection éclata de Joutes part ; la Belgique se leva en armes ; la guerre commença. Joseph II, qui n'était pas préparé à ces événements, offrit une amnisti ; on la dédaigna, et les impériaux furent obligés d'évacuer les Pays-Bas. L'empereur, qui s'était attiré ces disgrâces par tant de violences et d'injustices, pria le Pape d'y porter remède. Le miséricordieux Pie YI écrivit en ce sens aux évêques de la Belgique (23 janvier 1790). Il était trop tard; l'insurrection belge avait des racines trop profondes; d'ailleurs, la révolution française se levait toujours plus formidable, comme pour engloutir toutes les autres. Joseph II mourut aux premières secousses de cette commotion terrible (20 février 1790). Les événements l'auraient rappelé, s'il eût vécu, à plus de modération et de sagesse, et son premier ministre, Kaunitz, converti trop tard à des principes de gouvernement plus sages, lui répétait souvent : La révolution française durera longtemps et peut-être toujours.

8. Cette grande tempête que l'on a appelée la révolution française , avait vainement été conjurée par tous les efforts , tous les sacrifices, toutes les tentatives de Louis XVI. Pour résoudre la crise financière qui lui servit de prétexte, l'infortuné monarque avait successivement appelé à la tête de ses conseils, MM. de Calonne, de Brienne, Necker, etc. Calonne, esprit superficiel, sans portée, sans expérience des affaires, ne trouva d'autre moyen, pour éteindre les dettes du royaume, que de lui en faire contracter de nouvelles. On s'est d'ailleurs extrêmement exagéré le chiffre réel de cette dette publique de 1789, qui fut comme le gouffre où s'engloutit la monarchie ; elle ne s'élevait qu'à cent dix millions. Il n'est pas une des plus petites puissances de l'Europe , dont la dette actuelle ne s'élève, en proportion, à un chiffre quatre fois plus considérable. Mais on n'avait pas encore découvert à cette époque le système financier, sur leçniel repose maintenant le cré-

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