CHAPITRE VI
soixante-dix oui adhérèrant à la constitution s^hismatique cïu clergé /Le? évêques disp )riés dans les provinces suivirent l'exemple de leurs collègues, réurds à Paris, et de cent trente-cinq évêques français, quatre seulement s'enrôlèrent sous les étendards du schisme. Ce furent le cardinal de Brienne, archevêque de Sens, et les évêques de Viviers, d'Orléans et d'Autun. La conduite subséquente de ces prélats ne parut guère propre à justifier leur démarche en cette occasion. De Brienne, qu'on avait déjà su apprécier, renvoya ce même chapeau de cardinal qu'il avait brigué peu auparavant , fut déclaré déchu de sa dignité par le Pape , et mourut misérablement en 1794. Les évêques d'Orléans et d'Autun, Jarente et Talleyrand, malheureusement lancés dans une carrière pour laquelle ils étaient bien peu faits, renoncèrent à leur état, prirent des fonctions civiles et contractèrent même des mariages. Quant à M. de Savines, évêque de Viviers , qui donna sa démission et fut élu de nouveau, il fit dans la suite des démarches si extravagantes, qu'on ne sait si sa prévarication ne fut pas un effet de la folie. Parmi les curés et les vicaires des provinces , la grande majorité , au moins cinquante mille sur soixante , refusèrent tout serment à la constitution prétendue civile du clergé. Parmi ceux qui restaient , le grand nombre ne jura qu'avec des restrictions pour tout ce qui était contraire à la religion catholique ; une faible minorité jura, sans réserve d'une manière absolue. Enfin, la presque totalité de l'épiscopat français, la très grande majorité Ju clergé séculier, se montrèrent fidèles au jour de l'épreuve
12. Pie VI, le 10 mars et le 13 avril 1791, adressa deux brefs, le premier aux évêques de l'Assemblée constituante, le seconda tout le clergé et aux fidèles de France, pour déclarer la nullité radicale de la constitution civile du clergé. Les élections des nouveaux évêques étaient à ses yeux illégitimes, sacrilèges etcontraires aux canons. Il ordonnait à tous les ecclésiastiques qui avaient prêté le serment, de le rétracter dans un délai de quarante jours, sous peine d'être suspens de l'exercice de tout ordre clérical, et soumis à l'irrégularité, s'ils en faisaient les fonctions. Malgré ces décrets du successeur de saint Pierre, du vicaire de Jésus-Christ, le schismatique Villar se fit sacrer à Paris en qualité d' évêque du
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département de la Mayenne. Mais le diocèse de Laval n'écouta pas la voix du mercenaire ; ce schismatique ne rencontra partout que honte et mépris,
13. En temps ordinaire, les violences de l'Assemblée nationale auraient constitué un schisme déplorable; mais à cette époque d'étranges confusions, ce ne fut qu'un incident qui allait bientôt disparaître avec toutes les institutions, tous les droits, tous les principes , dans un cataclysme épouvantable. Le 1er octobre 1791, l'Assemblée législative succéda à FAssemblée constituante. Tous les efforts de Louis XYI pour échapper à sa ruine avaient été inutiles. Sa fuite à Varennes n'avait abouti qu'à faire triompher une fois de plus ses ennemis. Composée des hommes les plus fougueux de la capitale et des provinces, l'Assemblée législative conçut le projet d'abolir la royauté qui gênait de sanglants novateurs. Le jour même où Louis XYI se rendit dans son sein , elle décréta qu'on lui refuserait le titre de roi et de majesté , et que l'on pourrait se couvrir en sa présence. La noblesse, les princes du sang, prévoyant les excès auxquels on allait se livrer, s'étaient hâtés de fuir une terre qui devait bientôt dévorer ses enfants. L'Assemblée législative prononça la déchéance contre les princes absents , la peine de mort contrt tout émigré qui ne serait pas rentré dans ses foyers avant le 1er janvier 1792, et celle de la déportation contre les prêtres qui persisteraient à refuser le serment à la constitution civile du ^ergé . Dans ce moment, l'indignation rendit à Louis XVI toute son énergie ; il voulut user à sou tour de la constitution dont ses ennemis abusaient , et i^pondit aux deux horribles décrets par un veto suspensif. On vit alors sortir des loges maçonniques l'odieuse société des Jacobins , ainsi nommée du lieu de leurs séances à Paris. Vil ramas d'hommes perdus qui conspiraient au grand jour contre toute religion, contre toute police, contre tous les trônes , contre tous les gouvernements ; elle s'étendit comme une peste rapide dans les provinces . infesta les villes et ravagea jusqu'aux campagnes, proscrivant tout ce qui possédai* un nom , du bien , des talents et de la vertu. Alors tous les principes disparurent, le peuple se décora de l'emblème de l'opprobre, de cet affreux bonnet rouge que portaient les forçats. Les clubs des Girondins, des Cordeliers, se formèrent à Paris, sur le modèle