‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 262 sur 294 · chapitre vn · texte numérisé non relu

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Accessible à tous, il aimait à satisfaire chacun et à réitérer se» bénédictions. Il les répandait surtout sur les enfants, et, imitant celui dont il était le vicaire, il semblait prendre plaisir à se laisser approcher de cet âge plein d'innocence et de cnarme. La présence, les vertus, la charité du chef de l'Eglise contribuèrent alors à faire tomber bien des préventions, à ramener les cœurs égarés et à exciter l'admiration des ennemis mêmes de la foi. Enlin Pie VU reprit le chemin de l'Italie et rentra à Rome le 16 mai 1805. Il avait eu dans ce voyage , où tout à l'extérieur semblait lui sourire, l'occasion de manifester son courage et sa vigueur apostolique. Napoléon rêvait déjà une monarchie universelle; il voulait avoir le Pape sous sa main. Dans ce but il fit offrir confidentiellement à Pie VII de lui bâtir un palais trois fois grand comme le Vatican au milieu de Paris ; le Pape y fixerait sa résidence , et de là Pie VII et Napoléon gouverneraient le monde de concert. « Tout est prévu, répondit le vicaire de Jésus-Christ; avant de » partir de Rome nous avons signé une abdication régulière, » valable pour le cas où nous perdrions notre liberté ; l'acte est » hors de la portée du pouvoir des Français; le cardinal Pignatelli » en est dépositaire à Palerme, et quand on aura signifié les projets jr qu'on médite, il ne vous restera plus entre les mains qu'un mi- » sérable moine, qui s'appellera Rarnabé Chiaramonti. » Le soir même de cette réponse sublime , plus glorieuse que la victoire de Marengo, l'empereur signait les ordres de départ. A son arrivée à Rome, le dernier des Stuarts, le cardinal d'York, âgé de quatrevingts ans, en sa qualité de doyen du sacré collège, reçut Pie VII à la porte de la basilique de Saint-Pierre et le complimenta sur l'heureux succès de son voyage (1) !

8. Le Pape avait transmis à Napoléon un mémoire sur la situation du Saint-Siège et des Etats pontificaux. « Comme il est » de l'intérêt général de la chrétienté , écrivait Pie VU , que les % moyens ne manquent pas à son chef , afin qu'il remplisse les ) devoirs qui lui sont imposés pour sa propre conservation , le

(t) Pendant son voyage à Paris, Pie VI avait obtenu de Napoléon le rétablissement du séminaire des Missions étrangères , de celui du Saint-Esprit et de* Lazaristes.

524 pie vu (1800-1823).

» Pape ne peut être indifférent à se servir de ces moyens. En en » séquence, Sa Sainteté conjure l'empereur de réparer auiar.t que » possible tant de pertes éprouvées par le Saint-Siège, et d'imitef » ainsi la générosité de Charlemagne. » Napoléon dicta lui-même la réponse à ce mémoire. « Si Dieu nous accorde la durée de la

* vie commune des hommes, dit-il, nous espérons trouver des p circonstances où il nous sera permis de consolider et d'étendre

• le domaine du Saint-Siège, et déjà aujourd'hui nous pouvons » et voulons lui prêter une main secourable, l'aider à sortir du » chaos et des embarras où l'ont entraîné les crises de la guerre » passée, et par là donner au monde une preuve de notre véné- » ration pour le Saint-Père , de notre protection pour la capitale » de la chrétienté, et enfin du désir constant qui nous anime de » voir notre religion ne le céder à aucune autre pour la pompe de » ses cérémonies , l'éclat de ses temples et tout ce qui peut impo- » ser aux nations. »

9. Cependant Napoléon demandait au Papo de déclarer nui le mariage que son frère Jérôme, encore mineur, avait contracté aux Etats-Unis d'Amérique, avec une protestante, Mlle Paterson. Le Pape adressa, en réponse à cette réclamation, une lettre qui restera comme une explication rai sonnée des doctrines du Saint- Siège sur l'indissolubilité du mariage. On peut considérer cette lettre comme l'ouvrage particulier du Pape, parce qu'on y reconnaît sa dialectique puissante, son urbanité douce, son système habituel de rédaction, et que, d'ailleurs, il s'en déclare lui-même l'auteur « Votre Majesté, disait en terminant le Pape, doit com- » prendre que, sur les renseignements que nous avons jusqu'ici, » il est hors de notre pouvoir de porter le jugement de nullité. 9 Nous ne pourrions prononcer un décret qui ne fût pas conforme » aux règles de l'Eglise, et il nous serait impossible de nous écar- » ter de ces règles en prononçant l'invalidité d'un mariage que, » selon la déclaration de Dieu, aucun pouvoir humain ne saurait » dissoudre.» Ce refus n'arrêta point l'Empereur; il fit casser, par les tribunaux civils, le mariage de son frère , qui épousa depuis une princesse de Wurtemberg. Napoléon, dans le mêœ* temps, faisait occuper militairement la ville d'Ancône, appartenant au Saint-Siège (1805). « L'ordre que Votre Majesté vient

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