‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 264 sur 294 · CHAPITRE Vit · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vit

T ancien mariage , ou non. S'il n'en parle pas , il approuve le nouveau : « Nous espérons encore, écrivait-il, qu'après l'examen^ » fait par nous, des raisons qui nous ont été déduites, relativement à la nullité du premier mariage, contracté par lé prince » à Baltimore, ii peut s'être présenté de nouveaux et justes motifs » qui ne nous ont point . é exposés et qui nous sont inconnus , à » la suite desquels sera venue la célébration dont Votre Majesté » nous a fait part. Cette espérance nous soutient dans F amertume » et l'inquiétude dont nous ne pouvons nous défendre , en nous » rappelant ce que, sur une pareille question, et après la plus » mûre délibération, nous avons autrefois écrit à Votre Majesté. » 11. Le 2 février 1808 , une armée française, commandée par le général Miollis , entrait dans Rome ; et le soir même le Pape faisait afficher la protestation suivante aux portes de toutes les églises de la ville éternelle : « Le Pape Pie VII n'ayant pu adhérer » à toutes les demandes qui lui ont été faites de la part du gouver- » nement français, parce que la voix de sa conscience et ses » devoirs sacrés le lui défendaient , a cru devoir subir les désas- » treuses conséquences dont ont l'avait menacé, par suite de son » refus, et même l'occupation militaire de sa capitale. Résigné » dans l'humilité de son cœur , aux impénétrable? jugements du » ciel, il remet sa cause aux mains de Dieu ; mais , ne voulant » pas d'ailleurs manquera l'essentielle obligation de garantir les » droits de sa souveraineté , il proteste formellement, en son nom » et en celui de ces successeurs -, contre toute usurpation de ses » domaines ; sa volonté étant que les droits du Saint-Siège soient » et demeurent complètement intacts. » La garde pontificale fut désarmée, et le général Miollis occupa le château Saint- Ange. Pie VII déclara à F ambassadeur Alquierque, tant que les troupe* françaises seraient à Rome, ii se considérerait commr prisonnier, et qu'aucune négociation n'était plus possible. Les cardinaux furent exilés et conduits^ à main armée, chacun dans leur patrie. Par un décret du 2 avril , Napoléon avait pris possession des provinces d'Urbin, d^Ancône et de Macerata. Parmi les motifs de cette usurpation sacrilège , on lisait : « La donation de Charle- » migne; notre illustre prédécesseur, du pays formant l'état pon- »• tïfical, a été faite au profit de laohrétienté , et non à l'avantage

528 pie vu (1800-1823).

» des ennemis de notre sainte religion. » Ces ennemis de la sainte religion étaient les Anglais, auxquels le Pape laissai î libre l'entrée de ses ports ; du reste, Napoléon ressemblait à Ch&rlemagne, comme celui qui prend ressemble à celui qui donne ,

12. Pie YII avait nommé l'illustre cardinal Pacca son premier ministre. Il gouvernait avec calme , en attendant que la violence impériale portât le dernier coup qu'elle méditait. Le 6 septembre 1808, il se présenta, à la secrétairerie de Monte-Cavallo , un major nommé Muzio, qui signifia au cardinal Pacca un arrêt d'exil. Mais le Pape, accouru à cette nouvelle, ordonna à l'officier de déclarer au général qu'il était las de souffrir tant d'outrages et d'insultes de la part d'un homme qui se disait encore catholique; qu'il commandait au cardinal Pacca de ne pas obéir aux ordres du général, et qu'il le prétendait garder avec lui pour compagnon de sa captivité. La fin de l'année 1808 fut une longue usité de violations du droit des gens, de protestations et de menaces de nouvelles colères. Le 10 juin 1809, au bruit de l'artillerie du château Saint- Ange, le pavillon pontifical fut descendu, et, à sa place, on éleva le drapeau français. En même temps, on publia à son de trompe , dans tous les quartiers de la ville , un décret de Napoléon , qui ordonnait la réunion à l'empire de co qui restait des Etats romains. Le cardinal Pacca courut sur-lechamp auprès du Saint-Père. En cet instant, tous deux se rencontrant dans la même pensée, se dirent à la fois l'un et l'autre ces paroles de Jésus-Christ : Consummatum est. Le lendemain, on trouva affichée, aux porter do toutes les églises de Rome, la fameuse bulle Quum memorandâ illâ die. « Par l'autorité da » Dieu tout- puissant, disait le Pape, par celle des saints apôtres i Pierre et Paul, et par la nôtre, nous déclarons que tous ceux i qui ont commis, dans Rome et dans les possessions de l'Eglise, » des entreprises sacrilèges contre les droits temporels du Saint- » Siège, tous leurs commettants, fauteurs, conseillers ou adhép rents; ceux enfin qui ont facilité l'exécution de ces violences, » ou les ont exécutées par eux-mêmes ont encouru Yeœcommu- » nication majeure-, et au besoin nous les excommunions et » anathèmatisons de nouveau. » Napoléon n'était pas nommé directement dans îa bulle; mais il était impossible de se mé-

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