chapitre vn
prendre au sens des paroles de Pie VIL Le 6 juillet 1809 , une troupe de gendarmes , dirigée par le général Radet , envahit îe palais du Vatic&n. Le Pape était entouré des cardinaux Pacca, Despuig et âè plusieurs prélats et ecclésiastiques de sa cour. Radet se présente ^ Jev&nt le Vicaire de Jésus-Christ , et lui dit qu'il a ordre de l'arrêter pour le conduire au général Miollis. « Si vous avez cru devoir exécuter de tels ordres de l'empereur, » répondit Pie VII, parce que vous lui avez fait serment de fidé- » lité et d'obéissance , pensez de quelle manière nous devons ♦ » nous, soutenir les*(lroits du Saint-Siège, auxquels nous sommes » liés par tant de serments. » Puis il demanda au général s'il devait aller seul. Celui-ci répondit que Sa Sainteté pouvait emmener son ministre, le cardinal Pacca. A la porte du palais , on fit monter le Pape et le cardinal dans une voiture qu'un gendarme ferma à clef. Pie VII n'allait pas chez le général Miollis, il prenait la route de l'exil.
13. Le Pape demanda au cardinal s'il avait emporté avec bj& quelque argent. Les deux proscrits tirèrent alors leurs bourses 5 il se trouva dans celle de Pie VTI vingt-deux sous de France , et seize environ dans celle de son ministre, « Ils entreprenaient » ainsi, dit le cardinal dans ses mémoires, leur voyage à Fapos- » tohque. » Le Pape montra ces débris de sa fortune au général Radet, et lui dit en souriant : « De toute notre principauté , voilà » ce que nous possédons. » Le voyage se continua à travers la nord de l'Italie, au milieu des populations en larmes, qui se pros» ternaient sur le passage de la voiture , en dépit des gendarme* qui les repoussaient. Le Pape entra en France par Grenoble. Là il fut séparé du cardinal Pacca, que l'on conduisit à Fénestrelle, forteresse sur un des points les plus élevés des Alpes , entre la Piémont et le Dauphiné : il y expia, par trois ans et demi de captivité, le crime d'avoir été fidèle à son souverain. Pie VII fut ensuite mené à Savone, où il fut gardé à la préfecture par une compagnie de gendarmes : nul ne pouvait lui parler sans témoin Napoléon offrit à Sa Sainteté cent mille francs par mois pour s$ dépense. Pie VII refusa tout, se tint confiné d?^s sies apparte-s ments, et se contenta de se montrer parfois au peuple , auquel il donnait sa bénédiction. Du reste» oi*ne le laissait ni parler ni écrira w. Si
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qu'en présence de ses surveillants. Il n^ convenait pas oue les cardinaux échappassent a la persécution dirigée contre leur cnef * Napoléon les fit venir tous à Paris , afin de mieux peser sur leurs suffrages, dans un cas de vacance du Saint-Siège. On ne laissa à Rome que ceux à qui leur âge et leur infirmités rendaient une si longue route impossible. Tous les autres furent amenés en France ; Napoléon semblait prendre plaisir à les donner en spectacle à Paris, et à les forcer à paraître à sa cour.
4. La conduite de Napoléon était un acheminement vers un schisme. « Il e** bien surprenant, dit un jour F empereur à l'abbé » Emery, que vous , qui avez appris toute votre vie la théologie, » vous et tous les évêques de France , vous ne trouviez aucun , » moyen canonique pour m'arranger avec le Pape. Quant à moi, » ti j'avais seulement étudié la théologie pendant six mois, j'au- » rais bientôt débrouillé toute chose , parce que Dieu m'a donné » i'ieifcsiligence. » L'empereur assembla une commission ecclésiastique, chargée de pourvoir aux besoins des églises , et surtout de trouver un moyen pour se passer du Pape lans l'institntion des évêques. Le résultat de cette commission fut une lettre adressée au Pape parle cardinal Maury , grand orateur, mais ambitieux vulgaire , qui se montra indigne de la pourpre romaine. Maury demandait à Pie VII d'accorder l'institution canonique aux évêques nommés par l'empereur. « Après tant d'innovations fu- » nestes à la religion, répondit Pie VII, que l'empereur s'est per- » mises, et contre lesquelles nous avons si souvent et si inutile- » ment réclamé ; après la déportation de tant d' évêques , et de la » majeure partie de nos cardinaux ; après l'emprisonnement du » cardinal Pacca a Fénestrelle ; après l'usurpation du patrimoine » de saint Pierre : après nous être vu nous-même assailli à main » armée dans notre palais , traîné de ville en ville et gardé si » étroitement, que les évêques des lieux qu'on nous faisait tra- » verser n'avaient pas même la liberté de nous approcher ; après » tous ces attentats , comment pourrions-nous aujourd'hui com- » muniquer avec leur auteur ? » L'énergie de cette réponse nT embarrassa pas peu l'empereur qui voyait tous ses calculs en défaut. Cependant la commission, composée de prélats courtisans, mit sous les yeux de Napoléon , un mémoire où elle osait prodi-