‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 271 sur 294 · chapitre vn · texte numérisé non relu

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qu'à Lorette. Dans son voyage , il ordonna d'accueillir, avec le respect et la bienveillance dus au malheur, Mrac Laetitia, mère de Napoléon, et le cardinal Fesch, qui venaient demander à Rome l'hospitalité qu'elle ûe refuse jamais à aucune infortune. Le 24. mai, Pie VII fit son entrée solennelle dans la capitale du monde chrétien, ayant à ses côtés le cardinal Pacca, ce fidèle compagnon de l'exil, qui versait des larmes d'attendrissement sur le bonheur inespéré d'un Pape qu'il aimait tant. Le lendemain, quelques nobles romains, qui s'étaient compromis pendant les derniers orages, vinrent demander pardon au Pape. » Et nous, » répondit avec une humilité sublime le vicaire de Jésus-Christ, » croyez-vous que nous n'ayons pas quelques fautes à nous re- » procher? Oublions de concert le passé et remercions Dieu du » présent. » Ce qu'on a dit de saint Vincent de Paul on peut le dire de Pie VU : « Lorsqu'il conversait, il ôtait à ses auditeurs » leur âme pour leur donner la sienne. » A peine rétabli sur son trône, le Pape songea à réparer en faveur de? Jésuites l'injustice des temps. Il était convaincu que les princes chrétiens, par une cruelle expérience de vingt-cinq ans, avaient enfin compris la véritable nature de la révolution et la tendance cachée des cris simultanés qui avaient été poussés en Europe contre la société de Jésus. Le 7 août 1814, la bulle Sollicitude* rétablit officiellement la compagnie de Jésus dans tout le monde chrétien, et ce décret fat accueilli avec bonheur par tous les amis de l'Eglise et de la religion.

25. Le 26 février 1815, un homme débarquait à Cannes avec quelques tugitif s ; vingt jours après, Napoléon était aux Tuileries ; il avait traversé iës bataillons envoyés contre lui. Le maréchal Ney, dont l'histoire redira la double trahison, en regrettant qu'un si faible caractère ait jamais pu s'allier à la bravoure héroïque des champs de bataille, le maréchal Ney promit d'arrêter et de ramener, dans une cage de fer, celui dont la présence était à elle seule une révolution ; le premier, il donna ^exemple de la défection ; et Napoléon se trouva encore une fois à la tête d'un empire improvisé. Sa royauté dura cent jours et boule ver?^ I?Europe Pie VII retrouva toute sa fermeté au milieu à<> <;ette tempête. « Monsieur l'ambassadeur, dit-il au ministre de Lo/^is XVIII, n*

y pie vil (1800-1823).

» craignez rien, ceci est un voyage qui durera trois mois. * Wellington et Waterloo se chargèrent de réaliser la prophétie ae Pie VII. Napoléon, vaincu pour la première fois en bataille rangée, se montra grand dans son malheur. Comme Thémistocle, il alla demander l'hospitalité à la nation qu'il combattait depuis longtemps. L'Angleterrre n'eut pas la noblesse de comprendre cette grandeur d'âme; elle y répondit par une lâcheté. Mais elle fut, sans le savoir, l'instrument de la Providence, qui punit, dans le captif de Sainte-Hélène, le persécuteur de Pie VII.

26. La situation de l'Eglise de France nécessitait de nouveau l'intervention du Pape. Le 11 juin 1817, un nouveau concordat est signé par le Saint-Siège et Louis XVIII , pour rétablir celui de Léon X et de François Ier, et abroger les articles organiques en ce qu'ils avaient de contraire à la doctrine et aux lois de l'Eglise. Toutes les Eglises épiscopales et archiépiscopales, érigée* en l'année 1801, devaient être conservées avec ieurs titulaires actuels ; quarante-sept nouveaux sièges devaient être érigés. Les dispositions principales de ce concordat ne purent être exécutées, parce que ies chambres refusèrent de les ratifier. La tribune commençait des lors à se poser en rivale du trône. C'était le temps où Mgr Frayssinous, si célèbre par ses Conférences de Notre-Dame, écrivait son ouvrage des Vrais principes de l'Eglise gallicane, où les doctrines hostiles au Saint-Siège se produisaient avec la même assurance que si, depuis 1682, on n'avait rien appris ni rien oik blié. Mgr d'Aviau, l'illustre et saint archevêque de Bordeaux, écrivait alors à l'auteur ces belles paroles : « Oui, Monsieur » l'abbé, tout vieux évèque français que je suis, je souhaiterais » beaucoup qu'une réputation aussi bien méritée que la vôtre ne » contribuât pas à étayer le déplorable système gallican. » Pie VII usa de toute sa modération et de son inépuisable bonté pour apaiser les esprits et éteindre de funestes débats. Le 5 juin 1817, il avait conclu un concordat avec le roi Maximilien de Bavière pour régler les affaires ecclésiastiques de ce royaume. En 1818, un traité semblable fut conclu entre le Pape et le roi des Deux- Siciles. En 1819, un bref, adressé à tous les évêques de France, terminait les difficultés soulevées par le concordat de 1817. La vigilance infatigable de l'illustre Pontife semblait redoubler avec

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