‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 273 sur 294 · L'ennemi nouveau qui menaçait l'Eglise et l'Europe chré · texte numérisé non relu

L'ennemi nouveau qui menaçait l'Eglise et l'Europe chré

Ui Léon xn (1823-1829).

tienne , c'était le prétendu libéralisme , dérivation de l'esprit rè» volutionnaire. Tant que la main de fer de Napoléon pesa sur 11 monde, il n'y eut qu'un despotisme, le sien. La Restauration fui comme l'ère du réveil de la liberté : il y eut dès lors un despo* tîsme plus menaçant et plus terrible peut-être , le despotisme des masses, le despotisme de la souveraineté populaire. La presse, si longtemps comprimée , versait à grands flots , parmi les multitudes , les idées les plus impies , les plus licencieuses , les plus anarchiques. On vit alors se multiplier en France et en Europe les éditions des philosophes du xviii0 siècle ; il y eut le Voltaire des chaumières à côté du Voltaire monumental des grandes bibliothèques. Les générations égarées voulaient encore boire à ces sources empoisonnées , tant il est vrai que , si l'histoire est la grande école de l'expérience pour les individus , ses leçons sont presque toujours perdues pour les peuples. Les multitudes ne conservent ni la mémoire de l'esprit ni celle du coeur, iéon XII lutta avec énergie sur le nouveau terrain où les ennemis du catholicisme plantaient leur drapeau. Il rencontra dans le clergé de l'Europe de dignes auxiliaires. En France, l'illustre orateur M. de Boulogne, ce glorieux confesseur de la foi, attaqua la mauvaise presse dans d'éloquentes pastorales, qui étaient traduites en toutes les langues à mesure qu'elles tombaient de sa plume inspirée. Mais ces courageux efforts ae réussissaient point à détourner le a >urant irrésistible de l'opinion . La presse trouvait dans la tribune une alliée , un écho retentissant , une puissance dévouée.

29. A l'heur* de la tempête, la main de Dieu prépare toujours et tient en réserve , pour la défense de son Eglise , des hommes dont le talent, l'énergie, le caractère, se trouvent à la hauteur des événements, fieux noms illustres représentaient alors, dans toute leur splendeur, les grandes gloires apologétiques du catholicisme. C'étaient ceux de deux laïques, MM, Joseph de Maistre et de Bonald. D'une famille française d'origine, et dont une branche s'est conservée en Languedoc, Joseph de Maistre naquit, le 1er avril 1753, à Chambéry. Il aspira la piété sur les genoux de sa mère, Christine de Motz, qui confia plus tard son éducation aux Jésuites. En 1793, les armées françaises ayant envah? la

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