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Savoie, 51 vint s'établir à Lausanne , où il fut chargé par le roi de Sardaigno, Victor-Amédée , d'une correspondance importante O'ec le burea\L des affaires étrangères. Son séjour sur la frontière de France, dans un pays libre, où affluaient les réfugiés de tous les partis, lui facilitait la connaissance d'événements qui intéressaient toute l'Europe ; ses études sérieuses en histoire, la sagacité, !a pénétration de son esprit, rendaient précieuses, non-seulement pour son maître, mais pour tous les cabinets européens, les notes qu'il communiquait sur les hommes et sur la véritable situation des choses. Bonaparte, retrouvant cette correspondance tout entière dans les archives de Venise, lut avec surprise et admiration ces jugements sûrs et adroits , ces prédictions politiques que luimême avait réalisées. Avec cette connaissance pratique des affaires, M. de Maistre pouvait aborder sûrement les grandes ques- &>qs religieuses. Il le fit avec un éclat , une verve , une logique irrésistibles dans ses immortels ouvrages Du Pape et des Soirées as Saint-Pétersbourg. Sous la plume de l'illustre écrivain, l'histoire n'est plus un récit du passé, c'est une prophétie de l'avenir; la loi religieuse n'est pas seulement le moyen de salut pour les particuliers, z est la condition nécessaire, indispensabies M'exiâ» tence des sociétés.
30. Son contemporain, le vicomte de Bonald, dont le fils porîè aujourd'hui si dignement la pourpre romaine sur l'un des plua illustres sièges des Gaules, avait été élevé à Juilly par les Orato* riens. Quand la constitution civile du clergé eut été imposée à la faiblesse de Louis XYI, M. dz Bonald était président de l'admît nistration départementale de TAveyron. Il écrivit à ses collègues une lettre qui fut rendue publique, où il flétrissait énergiquement la conduite de l'Assemblée, et osait, sans craindre d'attirer fô foudre sur sa tête,rappeler la nécessité d'en référer au jugement du souverain Pontife. « L'Assemblée nationale, dit-il, a décréta » des changements dans la discipline ecclésiastique et la consti-* » tution du clergé ; elle a imposé aux pasteurs le serment de s'y i conformer et de les maintenir. Et moi, à qui il est commandé* » de croire et non de décider ; moi qui sais que le mépris d% * Saint-Siège et de l'autorité des premiers pasteurs a été le prin«* » cipe de toutes les dissensions religieuses qui ont désolé l'Eglîsç