‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 280 sur 294 · chapitre vn · texte numérisé non relu

chapitre vn

k fuite catholique; les politiques, devenus maîtres du pouvoir, * jjlaient opposer une digue à l'anarchie, tout en donnant des rfgps à la révolution. Les premiers actes de Louis-Philippe furent î expression de cette double tendance. L'église de Sainte-Geneviève , fut enlevée au culte et transformée en un temple païen qui reprit son nom païen de Panthéon ; la charte modifiée ne reconnut plus la religion catholique en qualité de religion de l'Etat , et déclara seulement qu'elle était celle de la majorité des Français. Cependant Louis-Philippe exigeait impérieusement le serment du clergé à son nouveau pouvoir, et les prières publiques chantées en son nom dans toutes les églises. Mgr de Quélen avait donné le premier exemple de cette soumission officielle ; mais ses sympathies et son cœur étaient restés fidèles à une autre cause. Grégoire XVI le savait ; il le comprenait et admirait ce noble dévouement; plus d'une fois des paroles de bonté tombées de la Chaire de Saint- Pierre , vinrent consoler l'âme du prélat. Cependant les violences irreligieuses continuaient à Paris. L'église de Saint- Germain-L' Auxerrois fut saccagée ; l'archevêché de Paris fut pillé et détruit de fond en comble.

42. Mgr de Quélen , obligé, pour se dérober à la persécution, de se cacher chez des amis fidèles, vécut en proscrit au milieu de. son diocèse. La main de Dieu, plus forte que les haines des hommes, allait bientôt le rappeler au grand jour. Un fléau inconnu jusque-là à l'Europe, la peste des temps modernes, k même peut-être que celle du passé, dont on n'a fait que changer le nom, le choléra, après avoir franchi les limites de l'Asie et promené ses ravages dans le nord de l'Allemagne, était parvenu aux portes de la France , précédé de la terreur qu'il répandait partout sur son chemin. Tout à coup les angoisses se changent en une affreuse réalité , le choléra est à Paris ; les hôpitaux se remplissent ; ceux qu'on ouvre à la hâte , de tous côtés , ne suffisent bientôt plus ; les affaires cessent ; les meilleurs sentiments s'altèrent 6t s'affaiblissent ; les familles s'enferment dans l'isolement; Teiiiant meurt sur îe sein de sa mère qui succombe bientôt ellemême ; les époux expirent à quelques instants l'un de l'autre ; la gavant est frappé dans son cabinet, l'artisan dans son atelier, le riche dans ses somptueux appartements , le pauvre dans son gale-»

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