‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 31 sur 294 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

hôpitaux et se faisait le Vincent de Pauïe du xvic siècle. Il insti< tuait la congrégation qui prit le nom de Somasques, du nom d'un village où elle prit naissance. Son but était de se vouer à l'éducation des enfants et à l'instruction des jeunes gens qui se destinaient à la carrière ecclésiastique. Une institution du même genre était fondée à Milan par trois gentilshommes italiens : Antoine- Marie-Zacharie, Barthélémy Ferrari, et Antoine Mbrigia. Es s'appelèrent Barnabites, du nom d'une église dédiée à saint Barnabe, qui leur fut donnée à desservir. Les bienheureuses Marguerite et Gentille de Ravenne établissaient alors l'institut des Clercs réguliers du bon Jésus, dans leur ville natale. L'Italie ne fut pas la seule terre qui produisit des personnes et des oeuvres saintes. En Espagne, un vieux soldat, devenu berger, se fit, par son seul exemple, le fondateur d'un ordre de charité qui s'est propagé dans presque tous les Etats catholiques. Nous voulons parler de saint Jean de Dieu. Sous la direction du saint prêtre Jean d'Avila, dont l'Espagne admirait le talent oratoire, et qui mérita le surnom & apôtre de l Andalousie, saint Jean de Dieu commença à rassembler dans sa modeste demeure tous les pauvres et tous les malades indigents. Il leur prodiguait ses soins, quêtait et travaillait pour eux. L'exemple de la charité est toujours contagieux ; il réveille dans les cœurs les plus nobles instincts et les plus généreux sentiments. Les habitants de Grenade, témoins du zèle de Jean de Dieu, s'empressèrent de lui fournir tous les secours dont ses malades avaient besoin. Dans la distribution de ses aumônes, le saint ne connaissait pas ces distinctions odieuses qu'on établit trop souvent sur le caractère et la conduite des pauvres. L'archevêque de Grenade lui ayant reproché un jour d'avoir reçu dans son hôpital des vagabonds et des hommes de mauvaise vie, il se jeta à ses pieds, et lui dit : « Le Fils de Dieu est venu au monde pour le » salut des pécheurs ; nous sommes de même obligés de travaille! » à leur conversion par nos soupirs, nos prières et nos exhorta- » tions. J'ai été infidèle à ma vocation, en négligeant ce devoirv » et j'avoue, à ma confusion, que je ne'connais, dans mon hôpi- » tal, d'autre pécheur que moi-même, qui suis indigne de manger » le pain des pauvres. » Des imitateurs du saint se joignirent à lui et fondèrent le nouvel ordre des Frères de la Charité ou

TO adrien vi (1522-1523).

Frères de Saint-Jean de Dieu. On ne les connaît, en Italie, que sous le nom de F aie ben Fratelli, ou, par abréviation, ben Fra~ telh, parce que. tout d'abord, ils demandaient l'aumône, à l'exemple de leur saint fondateur, en disant : a Mes frères y faites-nous » du bien pour l'amour de Dieu. » A cette même époque, l'ordre de Saint-François présentait au monde un autre prodige de sainteté et de pénitence, dans la personne de saint Pierre d'Alcantara. Entré dans l'ordre des frères Mineurs, il se distingua bientôt des autres religieux par son zèle pour les humiliations, pour les veilles, pour le jeune et pour les autres pratiques de la* pénitence. Son union avec Dieu était si continuelle, que les objets extérieurs ne tombaient même pas sous ses sens. Il avoua à sainte Thérèse qu'il avait passé trois ans dans une maison, sans connaître les frères qui l'habitaient avec lui. L'amour de la retraite était, si l'on peut parler ainsi, sa passion dominante. Ne trouvant pas à se satisfaire au milieu d'ime vie de communauté, il pria ses supérieurs de lui permettre d'aller vivre dans quelque couvent solitaire, où il put se livrer exclusivement à l'exercice de la contemplation. On le mit dans le couvent de Saint-Onuphre, solitude située dan* les rochers de la montagne de Lapa. Ce fut là qu'il composa son traité de Y Oraison mentale, qui fut regardé comme un chef-d'œuvre par sainte Thérèse, Louis de Grenade, saint François de Sales et le pape Grégoire XV. Il le fit bientôt suivre d'un autre traité, non moins excellent, intitulé : De la paix de l'âme, où il trace les règles de la vie contemplative et de la plus haute perfection. Après avoir pratiqué lui-même la pénitence dans ses plus rudes austérités, il forma le plan d'une congrégation religieuse qui suivrait la règle de saint François dans toute sa rigueur primitive. Les religieux qui s'associèrent à a.-tte pieuse pensée prirent le nom de Franciscains déchaussés, ou de l'Etroite observance de Saint- Pierre d'Alcantara. t'ius tard, directeur de sainte Thérèse, il l'encouragea dans son projet de réforme de l'ordre du Carmel, et la soutint, au milieu des difficultés et des obstacles de tout genre que la sainte eut à surmonter pour établir l'œuvre de Dieu. — Dans le même temps, sainte Angèle de Mérici instituait l'ordre des Ursulines, qui se vouèrent particulièrement à l'éducation des jeunes filles et se répandirent dans toute l'Europe catholique, où

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