‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 32 sur 294 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

jlles s'attirèrent par leur dévouement et leurs vertus le respect universel. Telle était, au commencement du xvie siècle, la vie intérieure de l'Eglise de Jésus-Christ, contre laquelle Luther et ses adhérents accumulaient les calomnies et les blasphèmes.

$ t. PontiGcat de Clément ¥11 (19 nev. 1525-25 sept. 1534).

7, Après la mort d Adrien VI, Jules de Médicis, cousin de Léon X, fut placé sur le trône pontifical. H inaugura son pouvok1 en rendant ses bonnes grâces au cardinal Soderini , «iont nous avons raconté la noire trahison. « En cette occasion, disent les » auteurs contemporains, }& nouveau Pape se montra clément, de » nom et d'effet. » Les circonstances étaient difficiles, et Dieu ré» servait à de cruelles épreuves la grande âme de ce Pontife misé-* ricordieux. La guerre désolait l'Italie; la Réforme grandissait tous les jours. En 1524, les ordres de l'empire, assemblés de nouveau à Nuremberg, manifestèrent hautement leurs sympathies pour les innovations de Luther. Le nonce du Pape , homme d'un esprit ferme et habile théologien, s'aperçut bientôt des dispositions hostiles de la majorité ; il fut réduit à opposer aux décisions de le diète des protestations qui ne furent pas écoutées. Les princes catholiques d'Allemagne, effrayés, comprirent qu'ils avaient besoin d'employer toutes leurs forces pour résister. Trois d'entre eux, le duc Wilhelm, le duc Louis de Bavière et l'archiduc Ferdinand d'Autriche, se réunirent à Ratisbonne ; plusieurs évêques et archevêques vinrent les y trouver, et tous conclurent un traité d'alliance, dans le but de défendre les dogmes et le culte catholiques contre l'invasion du Luthéranisme. Mais ces efforts isolés devaient être impuissants. Avant de nous engager dans le récit des troubles de la Réforme pour ne plus l'interrompre, il nous faut donner succinctement la suite des événements politiques qui se succédaient autour de Clément VII, et l'entraînaient malgré lui à <fe lamentables catastrophes.

8. Dès l'an 1521, l'Italie avait été le principal théâtre de h guerre entre Charles V et François Ier; L'amiral français Bonn>vet. plus homme de cour qu'habile général, avait été chargé de combattre les Impériaux. Ceux-ci étaient commandés par le trop

Ti clément vii (1523-1534).

célèbre connétable de Bourbon, qu'une injure personnelle avait rendu traître à sa patrie et à son roi. Bayard, le chevalier sans peur et sans reproche, servait en second, sous lés ordres de l'amiral. Il paya de sa vie l'impéritie de son chef, au combat de Romagnano sur la Sésia (1521). Le connétable de Bourbon averti que Bayard , blessé , allait mourir, se rendit près de lui : a fat » grand' pitié de vous, lui dit-il, vous vouant en ceste estât, pour » avoir été si vertueux chevalier. — Monseigneur, répondit le » vaillant et fidèle capitaine , ne faut avoir pitié de moi, mais de » vous, qui estes armé contre votre roi, votre pays et votre foi. » Quelques moments après, le héros expira, tenant ses yeux fixés sur la garde de son épée : sa forme lui rappelait le signe auguste de la religion chrétienne , dont il n'avait cessé de suivre exactement les lois, au milieu des hasards de la vie des camps. Le connétable de Bourbon se retira en pleurant. Bienheureux , disait-il, Le prince qui a ung tel serviteur ! Et ne sçait la France ce quelle a perdu aujourd'hui. Le spectacle de la fidélité à son Dieu et à son roi jusque dans les bras de la mort, émut le connétable, sans le changer. La vengeance est un sentiment qu'on n'assouvit jamais. Il fondit sur la Provence, dont Charles-Quint, habile à flatter les passions de ceux qui le servaient, lui avait fait espérer la royauté. Aix et Toulon tombèrent en son pouvoir ; puis il mit le siège devant Marseille. On ne s'attendait à aucune résistance. « Trois coups de canon , disait le connétable , amèneront ces ti- » mides bourgeois à nos pieds , les clefs à la main et la corie au » cou. » Il changea bientôt de langage. La garnison, les bourgeois, les femmes mêmes rivalisèrent de constance et d'intrépidité. François Ier eut le loisir d'assembler une armée nombreuse sous les murs d'Avignon, et lorsqu'il s'avança vers Marseille, les Impériaux, déjà épuisés par les tatigues d'un siège de quarante jours, affaiblis par la disette et les maladies, se retirèrent précipitamment vers l'Italie. François Ier les y avait devancés ; Milan lui ouvrit rp.s portes et tout le duché se soumit, excepté Pavi<\ Clément VIT, ffrayé de la puissance prépondérante de Chartes- Quint, avait cru evoir prendre parti pour son rival. Les succès de François Ier furent donc accueillis avec joie à la cour du Pontife; mais ils ne devaient pas être de longue durée, et Rome était réservée à soufr

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