‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 43 sur 294 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

» Nous honorons le Pape de Rome et toutes les constitutions de » l'Eglise, pourvu que le Pape ne nous rejette pas. Mais pourquoi » trembler? Suppliants que nous sommes, serions-nous rejetés » quand l'unité peut être si facilement rétablie ? Il n'y a que d'in- » signifiantes différences dans les usages qui paraissent 3*.s|yr<g » à une sincère réconciliation. Les canons eux-mêmes admettent

* qu'on peut différer sur des points de ce genre, et demeurer en

* union avec l'Eglise. » Quand Luther connut cette lettre, sa colère fut à son comble. « Il ne me convient nullement, écri- » vait-il à Mélanchton , qu'on prétende traiter de l'unité dans la

* doctrine , quand elle est complètement impossible , à moins que 9 le Pape ne veuille déposer tout son attirail de Papauté. L'affaire » se perdra dans ces tiraillements continuels et ces concessions t sans fin. Les rusés catholiques nous ont tendu ici un piège dont t II faut nous tirer. » Mélanchton comprit alors que le protestantisme ne voulait apporter aucune bonne foi dans la discussion. » Tous ces mécontents, dit-il, prouvent évidemment qu'ils com-

* battent, non pour l'Evangile, mais pour leurs intérêts particule liers. » Si Mélanchton avait eu autant de courage que de droiture , il aurait profité de cette circonstance pour rompre avec le protestantisme. Mais Luther avait dominé cette nature indécise de tout l'empire que les caractères supérieurs savent prendre sur les imaginations faibles. Il céda et se prêta à tout ce qu'on voulut. Au lieu de donner suite à ses projets de réconciliation , il publia une Apologie de la Confession d'Augsbourg, qu'il opposa à la Réfutation des docteurs catholiques. Les princes la présentèrent 4 Charles-Quint, qui la rejeta, ainsi que la Confession elle-même. Elle obtint parmi les protestants une autorité égale à cette der» nière. De leur côté, les quatre villes qui, tenaient le parti de Zwingle, Strasbourg, Lindau, Constance et Memmingen, avaient produit une confession de foi commune (Confessio Tetrapolitana)* Zwingle lui-même en avait présenté une spéciale dan^laquelle il faisait ressortir l'opposition de sa doctrine avec celle de Luther, fur la Cène. La division, la discorde étaient au camp du protes» tantisme , et Mélanchton , découragé , s'écriait : « Il faut qui » Zwingle soit devenu fou! » Charles-Quint, désespérant d'arriver i un accord devenu chaque jour plus impossible, rendit enfin un

décret qui mit fin aux débats. « Les protestants, dit-il, ont été * réfutés par des principes certains, tirés des saintes Ecritures. » Ils auront à réfléchir sur le parti à prendre, jusqu'au 15 avril » de l'année suivante. » Bientôt après parut un dernier édit qui fut la clôture des opérations de la diète. L'Empereur y déciarail positivement qu'il se considérait comme obligé, en conscience, de défendre l'ancienne foi catholique , « et les princes ^omirent de » l'aider, dans ses efforts, de toute leur puissance. »

19. La paix *as pouvait être de longue durée avec des ennemis qui ne respectaient plus aucune autorité. Charles-Quint, lorsqu'il voulut mettre à exécution les conclusions de la diète, ne trouva aucun appui dans les princes catholiques d'Allemagne , qui redoutaient l'issue d'une guerre civile, en présence des dispositions hostiles de la population allemande. D'un autre côté, l'empereur fut obligé de se rapprocher des Etats luthériens pour en obtenir des secours contre les Turcs, dont les progrès continuaient à jeter l'alarme en Europe. Les protestants ne consentirent à aucun arrangement, si l'on ne commençait par révoquer les décrets impériaux d'Augsbourg. Réunis à Smalkade (29 mars 1531), ils conclurent entre eux une ligue offensive de six années. Ils marchaient avec d'autant plus d'assurance et d'audace dans cette voie nouvelle, que Luther et Mélanchton, revenant sur leur ancienne résistance, autorisaient désormais l'emploi des armes pour le maintien du protestantisme. Ainsi, sous bien des rapports, l'allié naturel des princes protestants fut alors le sultan des Turcs, qui voulait profiter des divisions de l'Allemagne, et permettait par là même, à ceux qui la déchiraient, de lever la tête contre l' empereur. Charles-Quint se vit contraint d'entrer en pourparlers à Francfort. La conférence se termina à Nuremberg (2 3 juillet 1532). Là il fut enfin convenu que, jusqu'au concile général, on ne ferait le procès à aucun prince ; que tout resterait provisoirement dans le statu quo ; que ceux-là seuls, cependant, seraient compris dans le traité de paix, qui avaient déjà reconnu la Confession d'Augsbourg. Luther triomphait.

20. Pendant que ces complications éprouvaient le pontificat si cruellement agité de Clément VII, des événements non moins déplorables appelaient son attention sur l'Angleterre. Henri VIII.

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