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Us élevaient mille difficultés sur le choix du lieu où il devait se ïtëunir. Luther, qui avait affecté à ce sujet une indifférence hypocrite dans son entrevue avec Vergerio, laissait maintenant éclater $B liberté ses sentiments hostiles. Dans un dernier pamphlet qu'il écrivit de son lit de mort et qu'il intitulait : Contre la Papauté fondée par le diable, il s'écriait : « Un concile! que vous en » semble ? Polissons que vous êtes, qui ne savez ce que c'est qu'un » évêque, ni César, ni Dieu même, ni son Verbe. — Pape, tu » n'es qu'un âne, et tu resteras un âne. »
20. La ligue protestante de Smalkalde était devenue une puissance formidable. Elle avait mis sur pied cent mille hommes de troupes qui, maîtres du Danube , opposaient un rempart inexpugnable à toutes les forces de l'empire. « fl y a lieu de s'étonner, » dit Mgr Palma, qu'un prince d'un génie aussi clairvoyant que » Charles-Quint, qui disposait de ressources immenses, n'ait pas » pris, dès l'origine, les mesures nécessaires pour prévenir les » funestes résultats de la ligue de Smalkalde et empêcher des ar- » moments qu'il était plus facile de dissoudre au début que de » vaincre ensuite. Mais, entraîné par son ambition, il perdit le » temps à des expéditions militaires contre la France, et ferrait » ainsi aux princes luthériens de concentrer leurs forces. Quand » il songe? à les attaquer, il n'avait plus ni la vigueur ni la santé » de la jeunesse. Ses trésors épuisés ne pouvaient suffire aux » exigences d'une nouvelle guerre. Cependant ses armes obtinrent » encore de glorieux succès. A la bataille de Muhlberg (1547) , il » tailla en pièces l'armée de Frédéric, électeur de Saxe, le pro- » tecteur déclaré du protestantisme , et contraignit ce prince à » abdiquer pour lui et ses descendants la dignité électorale. Cet » acte d'énergique autorité affermit le pouvoir de Charles- Quint » en Allemagne , et posa des bornes à l'influence toujours crois- » santé de l'hérésie. »
21. Ce fut au milieu dus luttes sanglantes enfantées par ses doctrines que mourut Luther. Sa dernière parole fut un blasphème contre l'Eglise. « Gloire à Dieu! s'écriait-il, j'ai démontré que le » Pape, qui se vante d'être le chef visible de l'Eglise, le vicaire » du Christ, n'est que le prince de l'Eglise maudite, le vicaire de # Satan, l'ennemi de Di< ££»*r*e*«Àâe du Christ, un docteur de
124 paul m (1531-1549).
» mensonges et d'idolâtrie, un régicide, l'homme du péché, l'an- » téchrist. Que Dieu me soit en aide. Amen. » Tel fut le testament du réformateur saxon, qui mourut à Eisleben (1 546) et fut enterré à Wittemberg. Jamais l'Eglise n'eut. à combattre un plus redoutable adversaire. « A considérer sa vie tumultueux et agitée , dit » M. Alzog, Luther est un des hommes ies plu? étonnants de tous » les siècles. Son courage, qu'cii ne peut méconnaître, dégénérait » facilement en audace. Son activité était infatigable, son élo- » quence populaire et entraînante , son esprit vif *)t plein de sail- » lies , son caractère désintéressé , son âme profondément reliy> gieuse, et ce sentiment impérieux de religion, qui domine toute» » ses pensées, contraste d'une manière étrange avec l'habitude de » blasphème et le langage sarcastique qu'il affectionne. » D'ailleurs , toutes ces qualités naturelles dont il lit un si lamentable abus, n'effaceront jamais la honte de son apostasie, le crime de sa rébellion f les traits grossiers et souvent ignobles dont il a souillé sa conduite et ses écrits , enfin tous les maux qu'il a faits à l'Eglise , aux âmes , à l'humanité tout entière. « Tantôt , disait » Erasme , il écrit comme un apôtre , tantôt il parle comme un » bouffon dont les grossières plaisanteries dépassent toute mesure, » comme s'il oubliait tout-à-coup quel spectacle il a ouvert au d monde , et quel rôle important il y joue. » D'un côté il interdit l'usage des armes dans les affaires religieuses , et , de l'autre , il proclame des principes et se sert d'un langage qui auraient fait honneur aux jacobins les plus forcenés de nos jours. Il rit comme Voltaire , il frappe comme Couthon et Marat. Pendant qu'il réclame la liberté évangélique la plus étendue, le droit d' interpréta* tion le plus large et le plus arbitraire, et qu'il en use à son profit, il exerce sur ses partisans le plus dur et le plus honteux despo* tisme. Quel aveuglement n'a-t-il pas fallu pour reconnaitre uni mission apostolique dans ces mouvements désordonnés, dans ce} entreprises tumultueuses , dans ces luttes passionnées , dans cette polémique implacable dont se composa la vie du Réformateur I « La raison la plus vulgaire, dit encore Erasme, m'apprend qu'un r> homme , qui a excité dans le monde de si effroyables tempêtes, » qui n'avait de plaisir que dans les paroles indécentes ou rail-* » ieuses, n'a pu faire l'œuvre de Dieu. Une arrogance comme ceU