‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 77 sur 294 · CHAPITRE IV. lSY · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. lSY

» Réforme ; que toutes les déclamations contre l'autorité du Pape, » que toutes les accusations contre les institutions monastiques et » les prétendus abus de l'Eglise catholique, toutes les confiscations, » tous les massacres, en un mot, tous les crimes, n'avaient pas eu » d'autre raison. On vit alors, en effet, le même parlement qui , » trois ou quatre années auparavant avait, par son vote législatif, » consacré l'Eglise inventée par Cranmer, qui l'avait déclarée » Y œuvre du Saint-Esprit ; on vit, dis -je, ces pieux réforma- » teurs, après avoir préalablement passé un marché en vertu du- » quel ils conservaient le fruit de leur vol, on les vit avouer » qu'ils s étaient rendus coupables , envers la véritable Eglise , » d'une horrible défection , professer un sincère repentir de leurs » fautes passées , et se déclarer prêts à rapporter toutes les loi» » qu'ils avaient rendues au préjudice de l'autorité du Saint-Siège.» Les églises furent donc rendues au culte catholique. Les prêtres mariés furent chassés de leurs cures à la grande satisfaction du, peuple , qui n'avait vu qu'avec peine l'abolition du célibat ecclésiastique. On rétablit dans leurs sièges les évêquesqui en avaient été dépouillés par Cranmer. Cet indigne apostat fut lui-même jeté dans un cachot, sous le poids d'une accusation de haute trahison, et porta peu après satêtesurl'échafaud qu'il avait mérité partant de crimes (1556). Le sacrifice de la messe fut de nouveau célébré •ur tous les points du royaume : on ne vit plus marquer du sceau de Pinfamie et condamner à l'esclavage les malheureux, coupables d'avoir demandé l'aumône, selon que l'avaient précédemment ordonné les lois barbares de Henri VIII. On crut, en un mot, que l'abîme des révolutions qui venaient de bouleverser l'Angleterre était comblé, et chacun espéra des lors voir renaître l'antique prospérité de la terre par excellence de l'hospitalité et de la charité (1),

12. Le cardinal Polus, qui avait présidé la première période du coneile de Trente, et dont l'héroïque. mère avait versé son sang pour la foi, se trouvait encore sur le continent, à l'époque de l'avénentent de Marie. Le pape Jules III, pensant qu'il pouvait désormais retourner en toute sûreté dans sa patrie , le nomma légat

|t) Cobbet, Lettre VIU.

138 jules m (£550-1555).

WM^tolkpie en Angleterre. « La session du parlement qui devait 0 consacrer le rétablissement officiel de la religion catholique, » s' ouvrit au mois de novembre 1554 , par une procession solenf> nelie des deux chambres que le roi suivit à cheval et la reine en » litière. Les travaux législatifs commencèrent par l'abrogation » du décret de proscription dont le cardinal Polus avait été frappé » sous le règne de Henri VIII. En même temps un grand nombre » de nobles se rendaient à sa rencontre à Bruxelles pour le rame- » ner en triomphe à Londres. Le 29 novembre, les deux chambres » du parlement votèrent au roi et à la reine une adresse exprimant » la sincérité et la vivacité des regrets qu'elles éprouvaient des » torts dont elles s'étaient rendues coupables envers le Saint-Siège » et dans laquelle elles suppliaient Leurs Majestés , qui n'avaient » point participé aux mêmes péchés, d'intercéder pour elles auprès *> du souverain Pontife , afin d'en obtenir leur pardon et leur re- » tour dans le bercail de Jésus-Christ. Le lendemain , l'évêque et j) grand chancelier (jardiner lut cette adresse en présence de la » reine, qui était assise sur son trône, ayant le roi à sa droite et le » cardinal Polus à sa gauche. Le roi et la reine s'adressèrent alors » au légat, qui, après avoir prononcé un discours assez étendu et » analogue à la circonstance, donna pour le Pape, aux deux » chambres et à la nation tout entière , Y absolution , au nom du » Père , du Fils et du Saint-Esprit ; à quoi les membres du » parlement, respectueusement agenouillés, répondirent : Amen. » C'est ainsi que l'Angleterre redevint une contrée catholique » et qu'elle fut rétablie dans le bercail du Christ. Toutefois, » avant de consentir à( -consacrer, par son silence, la spolia- » tion des biens de l'Eglise , le Pape Jules IIÏ avait longtemps » hésité : le cardinal Polus ne se prêta lui-même qu'avec une » profonde douleur à cette mesure ; Gardiner, premier ministre de » Marie, et tous les autres membres du conseil soyal , insistèrent » tellement, qu'on dut ratifier la transaction. Du reste, Marie res- » titua bientôt après aux églises et aux couvents toutes celles de » leurs terres et autres propriétés, tombées, depuis la révolution, » dans le domaine de la couronne. En général , é©n désir était de * les rendre , autant que possible , à leur destination primitive. » Elle rétablit ainsi l'abbaye de Westminster, le couvent de

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