‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 78 sur 294 · CHAPITRE IV. J5t · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. J5t

» Greenwicfa, les moines noirs de Londres et une foule d'hôpitaux » qu'elle dota fort richement. »

13. Telle fut, d'après l'historien protestant Cobbet, ïa reine . a laquelle tant d'auteurs anglicans ont donné le surnom, deveim presque historique, de Sanguinaire. On a répété à satiété que son règne n'avait été qu'une suite de persécutions , un long martyrologe. « Or, dit encore Cobbet dont l'autorité est d'un si grand » poids ici , les exécutions ordonnées sous le règne de Marie , eiv » vertu des lois existantes , et présidées par une cour judiciaire , » atteignirent presque toutes d'atroces scélérats , continuellement » occupés à machiner la mort de la reine, et qui, sous le spécieux » prétexte de liberté de conscience , cherchaient à ramener une » révolution qui leur permît encore de s'enrichir par le pillage. »

Au milieu de ces événements heureux pour l'Eglise , Jules III était mort, le 23 mars 1553, après un pontificat de cinq années.

g ». Pontificat de Marcel II (9 avril 1555-1«r mai 1555).

14. Les suffrages du sacré Collège se réunirent sur le cardinal Marcel Cervini, qui prit le nom de Marcel II (9 avril 1555). Sa fermeté , son zèle , ses vertus , faisaient concevoir les plus hautes espérances de son pontificat. Pour éviter jusqu'au soupçon de népotisme, Marcel II ne voulut point souffrir que ses parents vinssent à Rome après son exaltation , et il introduisit de grandes économies dans le luxe de la cour. Mais son plus ardent désir était de reprendre le concile de Trente, interrompu depuis deux ans, et d'y travailler à la grande œuvre de La pacification et de la réforme de l'Eglise. « La réformation , disait-il au cardinal de Mantoue , » est l'unique moyen , non-^Hïîlement d'accroître , mais même de * conserver l'autorité pontuicale. Elle ne supprimera que des » choses superflues et onéreuses, le luxe, la pompe, le cortège et » d'autres dépenses excessives et inutiles, qui rendent le pontificat » méprisable au lieu de le rendre vénérable et majestueux. Le » retranchement de toutes ces vanités augmentera en réalité le » pouvoir, la réputation et les finances, qui sont les nerfs d'un » gouvernement, et, ce qui est plus que tout cela, attirera sur les » Papes le secours divin que doivent se promettre tous ceux qui

160 paul iv (1555-1559).

» font leur devoir. » La mort ne permît pas à Marcel II de mettra à exécution ses généreux projets. Il fut emporté par une attaque d" apoplexie , après vingt et un jours de pontificat. Ses contemporains lui appliquèrent ces paroles de Virgile : Les destins le voulaient seulement montrer à la terre»

g 3. Pontificat de Paul IV (23 ma! 1555-18 août 1559).

15. Un pontificat aussi court que celui de Marcel II ne paraissait pas devoir exercer une grande influence sur les affaires ecclésiastiques. Il eut néanmoins un résultat important et donna à la politique de la cour romaine une direction qui domina dans le conclave. Le cardinal Caraffa, premier supérieur général des Théatins , fondés par saint Gaétan de Thienne , fut élu Pape Le 23 mai 1555, et prit le nom de Paul IV. D était âgé de près de quatre-vingt-neuf ans ; mais sa vieillesse ne lui avait rien fait perdre de son zèle et de sa vigueur. Il était l'un des préconisateurs les plus ardents de la réforme. Son caractère offrait la réunion de toutes les qualités qui donnent à un homme le droit et le pouvoir de commander aux autres. Doué d'une nature ardente et d'une volonté forte, il y joignait des convictions profondes. Né pendant le quinzième siècle, où la liberté politique de l'Italie avait jeté un si vif éclat , il ne songeait qu'à rendre à cette contrée son ancien lustre. « L'Italie du siècle passé était, disait-il , un instrument à » quatre cordes, parfaitement d'accord. Ces quatre cordes étaient » Naples, Milan, Venise et l'Etat ecclésiastiaùe. » Plein de cette idée, Paul IV ne voyait qu'avec peine la?^omination espagnole qui avait détruit l'harmonie italienne. Il songea dès lors à combattre de toutes ses forces cette influence étrangère.

16. L'abdication de Charles-Quint laissa, comme nous l'avons vu, la couronne impériale à Ferdinand Ier, et les Etats héréditaires, c'est-à-dire l'Espagne, les Pays-Bas, la Bourgogne, Naples, le Milanais , le Nouveau-Monde à Philippe II , déjà roi d'Angleterre par l'alliance qu'il avait contractée avec Marie Tudor. Ferdinand Ier prit le titre et les insignes impériaux sans demander préalablement le consentement du Saint-Siège. Cette conduite inaugurait une révolution tout entière. L'empire d'Occident

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