CHAPITRE V. J8Î
patriarches d'Orient , d'Ethiopie et de Russie furent convoqués. Les cardinaux de Mantoue , Hercule de Gonzague et Jacques iu Puy, auxquels le Pape adjoignit bientôt Séripand, générai des Augustins et archevêque de Salerne ; Hosius 7 évêque de Cul m ; Simonetta, évêque de Pésaro , et Marc d'Altemps, évêque de Constance , furent nommés légats du Saint-Siège , pour présider les opérations du concile. En les choisissant ainsi parmi toutes les nations de l'Europe , Pie IV avait voulu s'assurer leur concours plus unanime et donner aux délibérations un caractère d'universalité plus imposant pour tous les peuples.
Le 18 janvier 1562, les évêques, déjà réunis au nombre de cent douze, tinrent la dix-septième session de réouverture. La dixhuitième session , qui eut lieu le 26 février suivant, régla l'ordre des matières à examiner. Cependant les difficultés politiques <pii avaient si longtemps entravé la marche de cette grande assemblée, renaissaient avec d'autant plus d'intensité qu'elle paraissait plus approcher de son terme. Les prétentions des princes, les questions de préséance entre les ambassadeurs des différentes cours, les récriminations des protestants, les diverses tendances des princes catholiques qui voulaient faire prévaloir leurs vues, leurs intérêts, leur ambition personnelle, furent autant d'obstacles que le concile eut à surmonter. La dix-neuvième et la vingtième session furent employées à les aplanir. Enfin , le 12 juillet , s'ouvrit la vingt et unième session qui renoua la série des canons dogmatiques et des décrets de réformation promulgués par le concile de Trente. La grave question de la communion sous les deux espèces, si hautement réclamée par la réforme luthérienne et calviniste, y fut résolue. « Si quelqu'un, disent les Pères, prétend que tous et chacun » des fidèles chrétiens sont obligés, de précepte divin ou de néces» » site de salut, à recevoir le très saint Sacrement de l'Eucharistie » sous Tune et l'autre espèce : qu'il soit anathème ! — Si quel- » qu'un dit que la sainte Eglise catholique n'a pas eu des motifs » justes et raisonnables pour donner la communion sous la seule » espèce du pain aux laïques et même aux ecclésiastiques lorsf> qu'ils ne consacrent pas ; s'il prétend que cette conduite a été da » sa part une erreur, qu'il soit anathème ! — Si quelqu'un dit que » la communion de l'Eucharistie est nécessaire aux petits enfanta
pie iv (1559-1565).
» avant qu'ils aient atteint l'âge de discrétion, qu'il soit anathème f » — Quant aux deux questions qui ont été autrefois posées , sa- » voir : Si les raisons qui ont porté la sainte Eglise catholique à » donner la communion aux laïques et même aux ecclésiastiques
* qui ne célèbrent pas, sous la seule espèce du pain, sont telles
* qu'en aucun cas on ne doive permettre à personne l'usage du » calice : et supposé qu'un jugeât à propos, pour des causes rai- » sonnables et fondées sur la charité chrétienne, d'accorder l'usage » du calice à quelque nation ou à quelque royaume, savoir s'il » faudrait l'accorder à quelques conditions, et quelles elles de- » vaient être; le saint concile réserve à un autre temps d'en faire > l'examen et de prononcer d'une manière définitive. » Plus tard, le concile renvoya la décision de cette affaire au souverain Pontife qui devrait s'inspirer des circonstances et les régler selon tes besoins et les conjectures. Le décret de réformation promulgué en même temps contient neuf chapitres. Injonction aux évêques de sonférer les saints ordres et de délivrerdes dimissoires et les lettres d'attestation gratuitement. ' — Défense d'admettre aux ordres sa* erés un clerc qui n'aurait pas de titre ecclésiastique, ou un patrimoine qui assure sa subsistance. — Ordre de faire des distributions journalières aux chanoines qui assisteront au service di>/in» — Faculté laissée aux évêques de créer des paroisses nouvelles ou 4e réunir ensemble un ou plusieurs bénéfices , selon les besoins Spirituels de leurs diocèses. — Autorisation donnée aux prélats ie visiter toutes les églises de leur diocèse, même celles qui ont joui jusque-là du privilège de l'exemption. — Dans tous les cas 4e réformation où on leur opposerait des exemptions ou d'autres
{riviléges , ils pourront agir comme délégués du Siège apostoique.
6 . Dans l'intervalle qui s'écoula entre la vingt-et-unième et la ringt-deuxième session, les Pères de Trente reçureui un serment d'adhésion à leurs décrets, adressé par Abdisu, patriarche catho- Bque de l'Assyrie orientale. E était venu à Rome demander la confirmation de son titre au vicaire de Jésus-Cnrist. Ainsi, pendant que les provinces d'Europe, envahies par le prot -stantisme, Usaient de sacrilèges efforts pour rompre l'unité chrétienne et se Jtter dana las voies sanglantes d'une interminable anarchie, les