‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IX (volume 2)Chapitre 94 sur 294 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

lements se refusèrent à les enregistrer. Pour combattre le mauvais vouloir des gouvernements, les évêques firent recevoir ces décrets dans des conciles particuliers qui s'assemblèrent de toutes parts. Mais le refus de l'enregistrement par les cours judiciaires resta comme une arme entre les mains du gallicanisme. Cependant Pie IV s'était empressé d'approuver, par son autorité apostolique, tous les actes du concile de Trente. Il nomma une commission permanente de huit cardinaux, chargés d'en interpréter et d'en faire-appliquer les décrets. Et, le 25 mars 1564, il confirma par une bulle spéciale Y Index ou catalogue des livres condamnés par le concile.

12. « Si les prétendus réformateurs, dit M. Blanc, avaient voulu » sincèrement la paix et les avantages de l'Eglise, ils auraient eu » lieu d'être satisfaits du concile de Trente ; mais sous le prétexte, » spécieux en apparence, de faire revivre le siècle apostolique » dans sa pureté primitive , ils voulaient tout innover et s'élever » eux-mêmes sur les ruines de l'Eglise romaine. Enivrés par des » succès inespérés, ils n'opposèrent que des injures aux décrets de » cette immortelle assemblée, et des hommes qui ne^pouvaient » s'accorder entre eux, même sur les points les plus importants , » affichaient l'absurde prétention de mieux connaître la vraie » doctrine et d'apprécier plus sagement les règles de la discipline » les plus opportunes que ce grand nombre d'évêques , réunis de » tous les points de la chrétienté, et plus vénérables encore par » leurs vertus et leurs lumières que par l'âge et l'expérience. » Les calvinistes français n'avaient pas cessé de s'agiter, pendant toute la durée cfu concile de Trente. Aussi intolérants qu'audacieux, ils voulurent exterminer ce qu'ils appelaient l'idolâtrie. Ils commencèrent à renverser les autels, à brûler les châteaux, à démolir les églises. Dès 1561, ils sommèrent Charles IX et la régente Catherine de Médicis d'abattre les images de Jésus-Christ et des saints. Catherine de Médicis, dont la maxime favorite était : Diviser pour régner, et qui redoutait également les deux partis , celui de Guise ou des catholiques à cause de son influence gouvernementale , celui des huguenots à cause de ses fureurs, se plaça entre eux avec l'intention déclarée de tenir la balance égale, •jûais dans le dessein de les détruire l'un par l'autre. €ette poli-

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tique , qu'elle croyait profonde , eut pour résultat de les fortiheï tous les deux , d'allumer la guerre civile et de ruiner l'autorité royale. Les Etats généraux, que le chancelier Michel de L'Hospital regardait comme l'unique moyen de pacifier tant de troubles, s'ouvrirent à Orléans (1561) sous de sinistres auspices. En vaii le trop confiant chancelier, dans le discours d'ouverture, avait-i exhorté les membres des Etats à dépouiller tout sentiment personnel en faveur ^e l'intérêt national, on n'en tint aucun compte; et pouvait-il en être autrement chez des hommes prêts à s'égorger? Les députés se séparèrent sans s'être entendus sur aucun point. Cependant le duc François de Guise , le connétable Anne de Montmorency et le maréchal de Saint-André, Jacques d'Albon, formèrent une association qui prit le nom de Triumvirat et qui avait pour but de maintenir la foi catholique dans le royaume (1561), Philippe II, roi d'Espagne, ennemi déclaré des protestants, vouhtt en être le chef. Sur ces entrefaites, un édit royal (juillet 1561) fut promulgué par Catherine de Médicis, au nom du jeune roi. Les concessions qu'il faisait aux calvinistes révoltèrent les catholiques. La cour, sur l'avis de L'Hospital , crut avoir trouvi une voie de pacification en indiquant des conférences entre les docteurs des deux religions. Elles s'ouvrirent au mois d'août 1561 et sont célèbres sous le nom de Colloque de Poissy. Six cardinaux et quarante évêques s'y rendirent du côté des catholiques : les calviniste» y étaient représentés par treize ministres de la Réforme, ayant à leur tête le fameux Théodore de Bèze, premier disciple et coadjuteur de Calvin. Le cardinal de Lorraine, et encore plus le Père Laynez, général des Jésuites dont la parole si lucide, si nette et si profonde avait tant d'autorité ai concile de Trente, confondirent l'erreur. Le triomphe de ce dernier fut si complet et son discouru si éloquent, que le Parlement consentit à confirmer l'établisse^ ment de l'ordre des Jésuites à Paris. Le roi de Navarre lui-même, témoin du peu de bonne foi que les ministres calvinistes avaient kit paraître dans les Conférences, se détacha de leur parti, et, renonçant à ses opinions hérétiques, se joignit au Triumvirat.

13. Battus au Colloque de Poissy, les réformés n'en furent pa» moins entreprenants. Forts de toutes les concessions que la politique cauteleuse de la reine-mère mettait en avant pour les apaiser,

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